‹ Œuvres complètesChapitre 109 sur 215 · X. — Conclusion · texte numérisé non relu

X. — Conclusion

Une conclusion pratique est le corollaire indispensable de cette longue étude; je ne l’éluderai pas, ce qui me donnera l’occasion de faire un exposé de principes.

La réforme du calendrier liturgique s’impose, à cause de l’encombrement qui augmente sans cesse: c’est le prélude indispensable de la révision totale de l’office divin. Quels saints doivent être maintenus et quel rit leur sera attribué?

L’inscription au Martyrologe consacre le culte public, officiellement étendu à toute l’Eglise: cela suffit pour le plus grand nombre. Ce culte n’est nullement obligatoire, il est seulement autorisé là où ou voudra l’exercer.

Beaucoup de saints figurent dans le calendrier, ce qui entraîne une participation plus ou moins grande à l’office général. Il convient de rechercher s’il n’y a pas lieu d’opérer une révision d’ensemble pour ceux dont le culte doit être plutôt local que collectif.

Les fondateurs d’ordres religieux seraient tous conservés, sans exception, sous le rit double, car ils ont rendu un service réel à l’É-

glise en lui fournissant d’utiles auxiliaires pour le salut des âmes. Ils occupent une place à part qu’on ne peut leur contester.

H n’en est pas de même poiir les saints issus de ces ordres. Ils appartiennent avant tout à leurs ordres respectifs: là doit se restreindre leur culte. Tout au plus, pourrait-on étendre à l’Eglise universelle, le culte d’un ou deux des principaux, dont le choix resterait à débattre; et encore, pour ne pas les égaler à leur chef hiérarchique, serait-il bon de les descendre au rite semi-double.

Pour le cas en particulier de S. Nicolas de Tolentin, il trouverait deux chauds concurrents dans S. Thomas de Villeneuve et S. Jean de S.Facond. Écartons-ledonc, sans pour cela Télimiuer complètement. Son culte resterait obligatoire dans l’Ordre des Augustiiis, dans la ville et le diocèse de Tolentin dont il est la gloire, à Rome, chef-lieu de l’État pontifical dont relève Tolentin, eten(in,à S. -Nicolas de Bari, en action de grâces de sa naissance miraculeuse obtenue en ce lieu. Toutes les convenances sont ainsi sauvegardées.

s. NICOLAS LE PELERIN

i. J’emprunte sa vie au Dictionnaire hagiographique de Migne

(II, ooT-ooS) :

S. Nicolas le Pèlerin florissait sur la fin du xi® siècle et naquit dans un bourg de l’Attique, près du monastère de Stèrion, de parents pauvres, qui, ne pouvant l’envoyer à l’école, lui firent garder les moutons. Dès l’âge de huit ans, il se mit à chanter, un grand nombre de fois par jour, Kyrie eleison et il le répétait même pendant la nuit. Sa mère crut qu’il était possédé du démon et le mena aux moines de Slérion, qui l’enfermèrent et le maltraitèrent, sans pouvoir le faire renoncer à cette dévotion. L’ayant renvoyé chez sa mère, il se retira dans les forêts, où, au moyen d’une hache et d’un couteau, il façonnait des croix qu’il plantait le long des chemins et sur les rochers. Il se bâfit ensuite une petite cabane où il j vivait en anachorète, joignant à son invocation favorite le travail des j mains. 11 se rendit ensuite à Lépante, où il fut joint par un moine nommé Barthélemi, qui ne le quitta plus. Ils s’embarquèrent pour l’Italie, abordèrent à Otrante et parcoururent différentes villes, où Nicolas était traité, tantôt comme un saint, tantôt comme un insensé. Il jeûnait tous les jours i jusqu’au soir et ne prenait qu’un peu de pain et d’eau. Il dormait peu et passait une partie de la nuit debout, occupé à répéter sa prière accou tumée. Les aumônes qu’on lui donnait, il les employait à se procurer des fruits qu’il distribuait aux enfants qui s’assemblaient autour de lui et il leur faisait chanter avec lui Kyrie eleison. Tout en continuant son chaut, il exhortait tout le monde à faire pénitence et il opéra plusieurs miracles ; mais ses manières étranges lui attiraient souvent des mauvais traitements, même de la part des évêques. Etant a-rivé à Trani, comme il faisait le tour des remparts, suivi d’une foule d’enfants et chantant avec eux Kyrie eleison, l’archevêque le fit venir et lui demanda pourquoi il en agissait ainsi : il comprit, par les réponses de Nicolas, que c’était un véritable serviteur de Dieu et il l’engagea à rester quelque temps à ïrani, lui promettant de se charger de sa subsistance. Aussitôt Nicolas retourne vers les enfants qu’il avait laissés près des remparts, leur distribue des pommes et parcourt avec eu.t, pendant trois jours, les rues de la ville en chantant Kyrie eleison. Il tomba malade le quatrième jour et mourut le si.\ième, étant encore tout jeune. Les enfants furent inconsolables de celte mort et assistèrent à ses funérailles, ainsi que toute la population. Bientôt il se fit des miracles à son tombeau et ils lurent constatés par ordre du pape Urbain 11. — 2 juin.

2. Benoît XIV s’en est occupé dans son grand Traité de la canonisation; il ne lui donne qne le titre de bienheureux, qui aurait été concédé par l’archevêque de Trani, délégué à cet effet par le pape Urbain II. La table des matières résume ainsi ce qu’il en dit :

B. Nicolaus Peregrinus Traliensis, ex facultale concessa ab ürbano Bisantio,archiepiscopo Tranensi,peristum canonizatum fuisse dicitur. Cauonizationis diploma parlicularibus personis inscriptum fuit. Qualiler prædictam facultatem induisent præfatus pontifex. Ejus corporis translatio sub Bisantio juniore peracta est. BealHicatus fuit ab Urbario il et de commissioue prædictæ causæ.

Le mot béatification a été employé parce que le diplôme porte en suscription qu’il est adressé Clero et Ovdini, Nobilibus et Plebi Trani consistenlibus, ce qui restreint le culte. En réalité, la S. G. des Rites ne fait pas de difficulté de l’appeler Saint. L’archevêque Bisantius lui éleva une église à Trani même.

3. Un décret de la S. G. des Rites, du 20 mars 1683, déclare qu’il est le patron et protecteur de la ville et de l’archidiocèse, où se récite son office, avec oraison propre, aux deux jours de sa fête et de sa translation.

Tranen. Oratio ad Sanctum Nicolaum Peregrinurn confessor. Deus, qui B. Nicolaum crucis Filii tui reverentia ac novo peregrinationis studio au animarum salutem mirabileni ellecisti, concédé propitius ut ejus exemple et iutercessione, crucem patienter feramus et cum illo coronari mereamur. Per eumdem, etc.

S. R.C.,adinstantiara capituli etcleriet totins civitatis Tranen., suprascriptara orationem propriam S. Nicolai Peregriai, confessoris, pat^oni et protectoris ejusdem metropolis et civitatis, ab Emo cardinali de Laurea diligenter revisam et relatam, approbavit et concessit recitari posse in dicta civitate et diœcesi Tranen. ab omnibus utriusque sexus, tara sæcularibus quam regularibus, qui ad horas canonicas teneutur, cum oflicio I et missa in die feslivitatis et translationis ejusdem Sancti, alias ab eadera I S. G. sub die 5 Julii 1603 approbatis ac iraprimi posse concessit. Die I 20 martii 1683.

4. Je ne connais de lui à Rome aucune représentation. Le Père Cahier, qui le nomme aussi Nicétas, lui donne pour attribut une grande croix, parce qu’il « se rendit chargé d’une croix à Trani, où les enfants ne manquèrent pas de l’entourer à cause de cette singu- I larité )) (p. 283). A Trani, il tient une « croix à double croisillon » J à cause de son origine orientale et de l’iconographie byzantine,

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