Qualificatif de la dignité d’abbesse
5. Le baise-mains, comme dans le style italien, est ici une simple formule de politesse.
la suite d’une « méditation extatique », qui eut lieu après matines et cessa lorsque sonna la cloche de prime, au lever du soleil.
J’insisterai sur les rapprochements que ce texte autorise. On y sent en plein l’esprit du xvi® siècle, la source de l’inspiration n’est pas ailleurs. Le bienheureux reproduit, en l’embellissant, ce qu’il a pu lire ou voir. En somme, le Ibnd du sujet n’est pas nouveau et, en réalité, édifie plus qu’il n’instruit.
Quatre formules, très usitées alors, se retrouvent ici: la transfixxon, la pâmoison, les sept douleurs et le triomphe.
La transfixion se constate dès latin du xin® siècle sur les ivoires*, le trait part du côté percé du Sauveur et atteint la Vierge à la poitrine. Par extension de la parole prophétique de Siméon,le symbole de la douleur pénètre jusqu’au cœur de S. Jean.
La pâmoison est fré((uente à la Renaissance, lors de la mort du Christ 2. Ici elle est la conséquence directe de la transfixion. Marie défaillante tombe dans les bras de S. Jean, qui, au pied de la croix, |ui sert comme de « coussin », en la déposant sur son giron.
Les sept douleurs furent en vogue à partir du xvi<^ siècle ^ Le bienheureux Nicolas les lit partager au fils adoptif de Marie, mais cette dévotion nouvelle ne réussit pas, au point que cet exemple est U nique.
Le triomphe a été pour ainsi dire imposé par l’iconographie de la Renaissance, qui témoigna un goût particulier pour cette mise en scène. S. Jean est vanté pour sa chasteté exceptionnelle; cependant son exaltation lui vient de son martyre de désir et de participation.
L évangéliste est beau et si éblouissant qu’on ne peut le regarder; les astres pâlissent ou s’éclipsent devant lui : sa lumière aveugle et, pour préserver ses yeux, il faut les couvrir de sa main.
Le char doré qui le traîne est attelé des quatre vertus théologales et ses deux roues symbolisent son abnégation et son renoncement aux richesses du monde. Les sculptures qui le décorent constituent le trophée du vainqueur ; l’évangile de S. Jean, qui a rendu un si
1. Diptyque du Musée chrétien du Vatican, que j’ai fait photograpliier.
2. On la trouve à Home au xiii® siècle (Œuvres complètes, t. Il, p. 2ü4,n»277)