‹ Œuvres complètesChapitre 139 sur 215 · XI. — Manne · texte numérisé non relu

XI. — Manne

1. Le mot manne, en latin nianna, a une^ triple signification (]u’il importe de distinguer, car deux fois il s'agit d’un corps solide et une fois d’un liquide.

Dans l’Ancien Testament, la manne fut la nourriture céleste (lui alimenta les Hébreux dans le désert. On en conservait à S. -Jean de Latrau ( (Euvres, I, 408, 409, 414), aussi à S. -Orner : « Manna de celo que pluit » (fno. de N. D. des Miracles, à S.-Omer, 1347).

2. La manne d’Arras jouit, au moyeu âge, d’uüegrande célébritéL

On conserve dans l’église cathédrale une ancienne châsse, dans laquelle on dit qu’il y a de la laine qui, selon une ancienne tradition, autorisée par S. Jérôme, tomba en Artois avec une pluie fort grasse, l’an 371, pendant une grande stérilité; et elle engraissa tellement les terres qu'elle fut appelée manne, à l’exemple de celle dont Dieu nourrit sou peuple dans le désert. C’est en mémoire de cette protection qu’on fait une fêle solennelle tous les ansenaction de grâces, le deuxième dimanche d’après Pâques (Piganiol de la Force, Descript. de la France, t. III, p. 63).

La sainte manne existe encore aujourd’hui; mais la châsse qui renfermait cette curieuse relique, oubliée ou plutôt délaissée dans l’église de S. Nicolas d’Arras, n’attire plus la foule. Tous les ans, on célèbre encore une messe en souvenir du prodige, mais les lidèles ne s’empressent plus comme autrefois d’y assister, indifférents qu’ils sont pour la gloire et la piété que répandait jadis sur leur pays celle grande dévotion . La fêle annuelle se célébrait, avant la révolution de 1789, le deuxième dimanche d’après Pâques, dont l’introït commençait par ces mots: Minericordia Dcmini plena est terra, avec une octave solennelle. Cette commémoration était pour Arras une fête nationale, si nous en croyons Gazet qui en a écrit l'hisloire (Briôve histoire de la sacrée manne et de la sainte chandelle, conservées en l'église cathédrale d'Arras, par Guilbert Gazet, curé de Sainte-Marie-Madeleine d) Arras, 1599) et qui ne manque pas d’ajouter que ce jour-là et pendant l’octave, « on abaisse la châsse delà manne,afin que le peuple la puisse mieux honorer ; comme on fait aussi aux principales fêtes de Notre-Dame et finalement lorsque Dieu menace son peuple d’une grande sécheresse. Et quand on la transporte d’un lieu à l’autre, ou qu’on la porte à la procession, comme le jour du S. Sacrement et autres, ce sont des prêtres, revêtus de leurs aubes, qui la touchent et l’élèvent, comme il s’observait à l’endroit de l’arche de l’Ancien Testament.

« Le pape Clément VI, qui avait élé 51’ évêque d’Arras, tôt après l'institution de ladite fête, à savoir l’an 1342, donna un an et 40 jours de pardons et indulgences à ceux qui visiteraient l’église d’Arras et y honoreraient la sacrée manne audit jour ou durant l’octave, ce que le peuple d’Arras et des lieux circonvoisins a coutume de faire au matin et à jeun, d’après une ancienne et pieuse tradition. Depuis, le pape GalixtellI augmenta ces indulgences, l’an 1455; et comme on lient la foirede la cité durant ladite octave et trois jours après la Nativité de Noire-Dame, le

1 . Les Annales archéologiques, XVIII, 170, rapportent qu’au xvn' siècle les chanoines et arquebusiers qui avaient fait le guet «durant la feste de lasainic Manne », reçurent neuf lots de vin et, qu’à la Joyeuse entrée, à Arras, de l’archiduc Albeit et de son épouse, en 1600, parmi tes mystères figura « ung arche représentant la manne dont le peuple d’Arras futnourry et refectionné en nécessité ».

peuple s'y trouve alors en boa nombre et fréquente ladite église par grande dévotion . »

Plusieurs graves auteurs ont parlé sérieusement de cette manne miraculeuse, que presque tous ont comparée à la manne que Dieu envoya aux Juifs dans le désert. Parmi eux, nous comptons S. Jérôme, dans son Supplément à la chronùjue d'Euscbe ; Paul Orose, disciple de S. Augustin, qui vivait à peu prés dans le môme temps, au livre Vil de son Histoire ; Vincent de Beauvais, historien du xin« siècle, au livre XV de son Miroir historial. .

Louis XI, roi peureux et plus superstitieux que dévot, vint faire sa prière devant la sainte manne quand il vint à la cathédrale d Arras, le !2i janvier l4Gi.

Nicéphore, dans son Histoire ecclésiastique, raconte que pareille chose est arrivée dans différents pays, dans la Galatie, dans la Cappadoce, dans la Cilicie, dans la Palestine et dans plusieurs autres pays de l’Orient, vers 'roo, où il survint une si grande sécheresse, famine et peste, qu’il y avait dans ces malheureuses contrées une effrayante mortalité. Il en tomba encore en forme de grains de froment, mais un peu plus petit et plus rond, en Gascogne, au territoire d’Agen (Lot-et-Garonne) cfespé/crirtn-

ÿCSjédit. Migne, I, 227-230).

Ledemiei’ mot sur la manne est rourni par M. Guesnon dans le Bulletin histoiûque et philologique, 1808, p. 182 :

Ce n’est pas sans raison que, donnant une interprétation pieuse à un phénomène météorologique enregistré par les continuateurs de la chronique d’Eusèbe, Arras verra plus tard dans celte laine tombée du ciel une manne miraculeuse, providentiellement secourableàla misère des temps. La laine devint, en effet, pour cette ville et pour toute la région, la source d’une merveilleuse prospérité industrielle et commeiciale, dont l’épanouissement se manifestera tout à coup au xiii* siècle, sans que la pénurie des documents permette d’en suivre, aux époques antérieures, la croissance et le développement.

L’auteur ajoute en note ces renseignements précieux :

Pline [Hist. nat., t. II, p. 57) mentionne déjà une de ces pluies de laine. Celle qui a donné naissance à la sainte Manne d Arras est ainsi relatée par le continuateur anonyme de la chronique d'Eusèbe, reproduite par Paul Orose, Cassiodorc, Paul d’Aquilée, etc. : « Apud Attebatas lana e (ælo pluviæ mixta detluxit » (Migne, Pair, lal., t. XXVll, col. 695) Dom Devienne se montre absolument sceptique à l’endioit de la manne, inventée, d’après lui, en 1283 [Histoire d’Artois, 1784-1787, Ire part., p. 44, et 2e part., p. 152). Son contemporain Deslyons, al. des Lymis (le baron), de l’Académie d’Arras, conteste la signification miraculeuse attribuée à la chronique; il ajoute même assez crûment « qu’on eu fait croire

aux habitants d’Arras » [Mémoires pour servir à l'hisloire de la province d' Artois, Amsterdam, 1778, p. 82).

Il est certain que ia cause tinale du miracle imaginée après coup — sécheresse et stérilité du sol — s’accorde mal avec la tradition constatée par l’évêque Gérard dans sa iettreà l’abbé de S.-Vaast, Leduin, de 1020 environ, à savoir que celte pluie tomba, non pas au printemps, comme on veut le dire, mais vers l’avent, et qu’elle consistait en deux viaurcs ou toisons de laine blanche, signe delà miséricorde céleste : « Ante Adventum Domini ob signum misericordiæ alba vellera duo legunlur cecidisse )) (Le Glay, Chron. de Baldcric, l.lll, XXVII, p.287). Contrairement à l’opinion hasardée de Dom Devienne, récemment reproduite, il paraît vraisemblable de rapporter l’origine de la Manne à cette date, celle de l’incendie de la cathédrale et de sa reconstruction, celle aussi de l’invention de nombreuses rejiques dans le sanctuaire de Notre-Dame (/èid., 1.11, 13, p. 220).

Tournai eut comme Arras sa pluie de laine, mais seulement en 1497, au dire de Pli. Meyer, dans sa continuation des Ann. Flandr. de Jacques .Meyer, Bibl. d’Arras, n“ 42'î, fol. 5‘).

Une ii6le,(iue j’ai trouvéedaus les papiers de Léon Palustre, décrit ainsi le lieliquaire de la sainte Manne, qui, en raison de son iconographie, ne paraît pas avoir eu cette destination dans le principe ;

Ce reliquaire, qui paraît dater du xvie siècle, est en bois doré et a un peu la forme d'une nef d’église. Aux deux extrémités, se voient, en peinture, une Vierge mère et S. Waast,avec un ours. Les rampants ont chacun huit arcades, on en compte cinq en dessous. On distingue, d’un coté: sur le rampant, Sle Ursule, S. Georges, S. Laurent, Ste Catherine, S. Côme et S. Damien et, au-dessous, le Christ entre les quatre évangélistes; de l’autre côté : sur le rampant, S. Elienne, S. Denis, un saint religieux, S. Barthélemy, Ste Claire, Sle Madeleine, S. Christophe, Sle Marguerite et, au-dessous, le Christ entre S. Pierre et S. Paul, S.Géry et S. Piat.

3. Par analogie avec la manne du désert qui tomba du ciel, le mot manne, appliqué aux saints, se dit d’une faveur céleste, d’un bienfait particulier qui faisait appeler leurs reliques bénéficia. S. Jean Damascène {in cahalUn., p. 108), dit ()u’il y a «beaucoupde corps saints d’où coule la manne ».

Sainte Vierge. — Un livre d’heures manuscrit duxvP siècle, que j’ai vu en 1859 à Angers, dans la collection Mordret, contient, dans une hymne relative à l’Assomption, cette strophe ’ :

1. Le P. Dreves la donne, à compiles, dans le Petit office de la Conception,

Hegine celi, e domo delalum Josaphal, corpus, : uichil reperilur,

Ni locus iu quo maniiaque de celo ’

Ibidem esse.

Après sa mort, le corps de la Vierge fui porté de sa maison dans a vallee do Josaphal. l'eu de temps après, les apôtres ne trouvèrent n dans le tombeau : il n'y avait que la et une «nJct este. Je n ai pas rencontre ailleurs mention de ce fait, dont nes’est pas emparée la dévot, on, car les inventaires ne sigimlem Zîr huile de la Vierge que celle qui découla de ses images

melTvTl Tu r en 1S3.4 par de-

ment Vil. ün lit dans sa vie :

Agnès tomba pialade.Sur l’ordre de ses supérieurs, elle alla demander sa guérison aux eaux de Clauriano, à trois lieues de Monte-Pulciano S-i presence y fut signalée par une série de faits, dont la réunion constilL un fait des plus extraordinaires. Agnès fil couler à Clauriano une source n^ouvelle, plus salutaire que toutes les autres; salutaire pour les autres malades, mais non pas pour Agnès elle-même. La sainte changea en vin eau d une fontaine, guérit une jeune fille d’un mal au genou très dm gereux rendu a la vie un enfant qui s’ètait noyé dans les bains - et au milieu de toutes ces guérisons naturelles ou surnaturelles qui procédaient Agnes, puisque la source la plus salutaire des sources de Clauriano lui devait son apparition, au milieu de toutes ces guérisons, il y eut quelqu’un qui ne fut pas guéri, ce fut Agnès. Ni l’action naturelle del ea .x action surna urelle dont elle était entourée, ne l’atteignit. Elle faisait le

s“a raltir"'" ^ >ionte.Palciano,où

Un autre jour, Catherine se penche pour baiser le visage d’Agnès et cette manne, plus blanche que la neige, qui était déjà toLce au"ref’ois sui elle, enveloppe Agnes morte et Catherine vivante. La sainte du ciel et la sainte de la terre resplendissaient sous le même vêtement. Les deux vierges etincelaient sous la même blancheur.

d’après hs Uoræ secundum usum Parisinum. xv= siècle VOffccium li M V

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'''■’fî'oale, Gaude, virgo æthcrea,

Manna novum et regale, Vivam inicem paitiiriens-

Qu nulh sapit hominum Urna decens et aurea,

Nisi palato virginum. Vorum rnauna suscipiens.

T. XIV

« On montre à Gîmcs une üolcpleincde manne blanche que Notre Seigneur envoyait cà Ste Agnès pour sa nourriture. Ribadéneira, 20 avril » (Collin de Plancy, I, 0).

En iconographie, Ste Agnès est représentée, entr’autres sur une fres([iie du xvii® siècle, dans le cloître de Ste-Marie sur Minerve, à Rome, des flocons deneige, parfois en croix, tombant autour d’elle et sur ses vêtements, particulièrement sur son voile. Le P. Cahier en donne cette raison, p. 280 :

Le voile et le mauleau parsemés de petites croix blanches. Elle vit plus d’une fois une pluie de croix tomber sur elle. Lorsque l’évêque lui donna le voile, l’église se trouva semée d’une quantité de petites croix blanches en manière de rosée et le même prodige se renouvela quand son cercueil fut visité après sa mort par Ste Catherine de Sienne.

Voir aussi le Conseiller des familles, 1870, p. i.xxiv.

S. Andrk, apôtre. — Trois historiens ont attesté le fait : Grégoire de Tours, Jac(pies de Yoragine et Raronio.

Le passage de S. Grégoire invoqué par Benoît XIV doit être lu dans le texte original :

Andréas apostolus magnum miraculum in die solemuilalis suæ profert, hoc ect manna in modum farinic, vel oleum cura odore nectareo, quod de turaulo ejus exuiidat. Per id enirn quæ sit fertilitas anui sequeulis osteiiditur. Si exiguuin prolluxerit, exiguura terra profert fructura; si vero fuerit copiosiira, magnum arva proventura fructuura habere significat. Nam ferunt in aliquibus annis in tantum e turaulo oleum exundare ut usque ad medium basilicæ proflual rivus illo. Ilæc autem agunlur apud provinciam Achaiam, in civilate Patras, in qua beatus apostolus sive martyr, pro Redemploris nomine crucilixus, præsenlem vilain gloriosa morte finivit. Tamen cum oleum defluxerit, tantum odorem naiibus præslat,ut potest ibi multorum aromatum sparsam esse conseriem, quod non sine miraculo ac bénéficié habetur in populis. Nam ex hoc seu inunctiones factæ, sive potiones dalæ plerumque langueutibus commodum præslanl L

Le cardinal Barottio, dans ses annotations au Martyrologe, au Ü mai, parle de la manne qui coulait du corps de l’apôtre ;

Deus optimus inaximus cum multis modis sanclorum suorum cineres illuslrarit, eo etiain honorare dignatus est, ut ex aridis ossibus liquorem, medicaraenti vim habentera ad curandas malas valetudines, et impies

1. Edit. Migne, col. 731; il en est aussi question plus sommairement col. H02, cap. XX.VVtl. — Consulter sur ce sujet les Opér a de Gretser et les Ephemerides liiurgxcæ, 1898, p. 8.

liagiomacos coimncendos, jagiie, n.,ere volueril; id,,„e ao„ laninm Andreæ apostoli ac rVicolai sed pf alfrarno, a. i ■ laniiim

reliqmis præstitit. ’ complur.um sanclornm sacris

Le meme fait est attesté par Jacques de Voragirie dans sa fjnende seulement .1 distingue entre la manne, qui ressemblait à de a arme, et 1 huile, qui était odorante. Il dit en outre que l’on ura.t relativement au.v biens de la terre, ce qu’attestait déjà Grégoire de Tours, au vi» siècle, un horoscope certain de la plus ou moins grande quantité de cette sécrétion qui sortait du tombeau:

olpn'rp Andreæ mannam in modurn farina: et

oleum cura odore emanare, a quo, quæ sit anni fnluri ferlililas incolis r gionis ostenditiir. Narn si exiguuni pronnit, exiguurn terra exhibet luc ura, SI copiose, copiosum. Hoc forte antiquitus veruni fuit,sed modo ejus corpus apud Constantinopolitanos translatum esse perhibelur.

Le Messager des fidèles (1883, pp. o00,50l) distingue avec raison lesdeu.x endroits où coula cette manne ou huile odoriférante : ce fut d abord Fatras, où S. André subit le martyre et fut inhumé; puis à Amalli, où .son corps fut transporté, de Constantinople où il était depuis l’an 357, par le cardinal Pierre de Capoue, en 1210.

« Le tombeau d’Amalli, comme celui do Fatras, ne ccs.sa point, depuis ce jour, de produire uneli((ueur miraculeuse, instrument de grâces nombreuses pour le peuple hdèle ».

Je copie ce passage dans le Journal de Florence, n° du 9 mai 1875 : « Deu.x fois par an (au dôme S. -André d’Anialli) une manne miraculeuse jaillit sous l’autel (où repose le corps de l’apôtre S. André), le 27 juillet et le 30 novembre ».

Dans la salle des cartes géographiques, au Vatican, une fre.sque, exécutée sous le pontificat de Grégoire XIII, représente un diacre qui prend de la manne dans l’autel, que surmonte un calice pour indiquer qu’on y célèbre, avec un vase et la distribue aux fidèles. Le sujet est ainsi élucidé : man.xa e.x coneortE s. aixdhe.e flvit. {Œuvres^ t. H, p. 143, n" 12).

A S. -André de Bergame (Italie), lechanoine Uccelli a observé une ampoule, « conservée do temps immémorial » et (jui porte cette désignation dans un inventaire ; « Vasculum parvum vitreiira, in (juo repositum fuit balsamuni egressum de corpore S. Andreæ ». Fuis il ajoute avec une rare érudition : « Ont parlé de ce baume distillé

par le corps de S. André, S. Grégoire de leurs [De glo7'ia ma)tyrum, c. 31, éd. Ruinarl); Harouio, dans les notes au martyrologe [ad diem 9 maii)' Etienne de Lusignan {Histoire de Chypre, chap. XIV); le P. Mabillon (^Episl. de cullu SS. Ignoiorum, chap. XIX). On comprend quelle dévotion on avait pour ces liqueuis, tant en général qu’en particulier, en lisant le P. Lavalieri, Comvieutü) lu in authentica décréta, cap. H , num. 0 » L

11 y avait de eetle huile à la Sainte Chapelle de Paris, témoins ces textes d’inventaires ; « Ung autre petit reliquaire rond et longuet, d’argent doré, garny d’un cristal rond, nommé vulgairement de Chuylle Sainct Aninj » (Douet d’Arcq, Inv. des reliques de la sainte Chapelle, 1373, p. 20, n° 43). — « Un petit reliquaire rond et longuet, d’argent doré, garni d’un cristal rond, dans lequel il y a de l’huile du tombeau de l’apôtre S. André » (Morand, Hist. delà sainte Chapelle, p. 45). — « Un idem (reliquaire), d’argent doré, garni d’un cristal, dans lequel il y a de 1 huile de saint Andrj » {Invenl. delasainte Chapelle de Paris, 1703, apud Revue universelle des arts, tome IV, p. 129).

On le voit, les termes employés pour désigner le prodige sont au nombre de quatre : baume, farine, huile et liqueur.

S. Fortunat, évêque de Fano, vers 020. — Cahier, pp. 129, /42; Holland., AcC SS., t. II jun., p. 109. — Ou Gange cite ces deux textes, dont un est extrait de la vie ; « Memini quoque petram

vidisse madefacere, et, dictu mirabile, manna cœleste saxo lepente deüuere » et l’autre est fourni par Ughelli, dans soti Italia saci a, t. Vil, p. 593 ; « Ex quo sacratissimo corpore ’pretiosus ac sanctus liquor {lyianna) dicunt effluit ».

S. Jean, apôtre. — La manne de l’apôtre S. Jean remonte à son ensevelissement, près de l’autel sur lequel il célébrait à Ephèse. Le fait est ainsi rapporté par Jacques de Yoragine dans sa Légende d'or :

Post hoc foveara quadratam juxta altare fecit fieri (S. Joannes) et terrain extra ecclesiara jactari, descendensque in foveam, expansis ad Deum raanibus, dixit : Invitatus ad convivium tuum, Domine Jesu Ghriste, ecce venio... Cumque orationem fînisset, tanta lux super eum eraicuit quod nullus eum respicere potuit. Recedente autem luraine, manna fovea plena

1. Uccelli, Dei Santimartiri Domno,Domnione ed Eusebia, p.30.

invenitur, quod in loco illo usque hodic generatur, ita ut in fundo foveæ instar minulæ arenæ scaturire videatur, sicut in fontibus fieri consuevit ^

« Au XV® siècle, dit le comte de S. Laurent {Guide de l'art chrét., t. V, p. 217, dans le manuscrit de la Bibliothèque nationale (Fr. 403) et dans les éditions xylographiques qui reproduisent les mêmes illustrations de l’Apocalypse ou à peu près, la miniature ou la vignette finale représente les derniers moments de S. Jean... S. Jean est couché dans son tombeau... La vignette porte celte inscription :... In sepidcrum ejits... manna inventa est adusque hodie scaturire. )> Le sarcophage est, en effet, percé de trous, par lesquels devait couler cette manne salutaire.

Jules l’Africain, parlant du tombeau de S. Jean, écrivait, livre 5 ; « Et protinus manna exiens de sepulcro apparuit cunctis, quam usque hodie gignit locus iste ».

Grégoire de Tours, cité par Benoît XIV, a raconté le fait au premier livre des Miracles, chap. 30 : « Cujusnunc sepulcrum manna in modum farinæ hodieque éructât, ex qua beatissimæ reliquiæ per universum delatæ mundum salutem morbidis prastant ».

Du Gange, qui a d’autres citations au mot manna, appelle poussière ce que l’évêque de Tours avait nommé farine, « sacrum pulverem », d’après le Ménologe de Basile, au 7 mai.

A consulter Garucci, Stor. dell'arte crist., I, 540.

« Il sortait continuellement de son tombeau, auprès d’Ephèse, une poudre blanche qui guérissait toutes sortes de maladies. S. Augustin, Grégoire de Tours, parlent de cette poudre ou farine comme d’un miracle encore subsistant; mais il paraît que cette merveille cessa vers le vu® siècle. C’est peut-être à cause de cette poudre, que la tombe du saint rejetait continuellement, que l’on a dit que le corps de Jean remuait sans cesse dans son tombeau. Mais cette opinion est détruite par le conte de ceux qui prétendent que le sépulcre de Jean ayant été ouvert, au iii« siècle, le corps s’évanouit et disparut à la vue de la multitude. Il est difficile d’accorder toutes ces merveilles (Collin de Plancy, II, 33-34).

Proses d’Adam de S. -Victor, au xii® siècle (L. Gautier, OEuvres poétiq. d'Adam de S. -Victor, I, 229, 239) :

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