‹ Œuvres complètesChapitre 193 sur 215 · IV. — AuTRK FOR.MUI.E POUR LA ÎSEUVAINE · texte numérisé non relu

IV. — AuTRK FOR.MUI.E POUR LA ÎSEUVAINE

J’emprunte cette seconde formule à un livret qui provient du cardinal Piccolomini - et est intitulé : Eserdzw da pruticarsi né nove giorni e né nove venerdi che precedoyw la [esta del glorioso S. Vincenzo Ferreri, composto dal Rev. P. maestro F. Picr Tomraaso Gampana, dell'ordine dé Predicatori ; lioma, Aureli, 1850, in-lG de 30 pages.

Exercice en l'honneur de S. Vincent Ferrier.

Premier jour . Humilité de S. Vincent.

Gonsidérez que jamais il ne laissa entrer dans son âme l’esprit d’orgueil et de vanité; que jamais il ne se gonfla des louanges et applaudissements qu’on lui prodiguait ; qu’il refusa plusieurs fois l’épiscopat et même la pourpre ; qu’il méprisa les honneurs et les grandeurs, s’humiliant avec tous, imitant Jésus-Ghrist qui, lors de sa naissance dans l’étable, s’abaissa même jusqu’au.v pieds des bêtes et qui prit la fuite c[uand on voulut le faire roi.

La conclusion sera de demander une vraie humilité de cœur par les mérites et F intercession de S. Vincent, en récitant l'oraison suivante :

Oraison. O très aimé S. Vincent, Heur odorante d’humilité, j’ai recours à vous pour que votre intervention m’obtienne de la divine Majesté que je connaisse clairement mon néant dans le but de m’humilier aux pieds

1 . A Rome, les neuvaines se font de cette façon : le prêtre, en surplis et étole, e.xpose le S. Saerenient, s’agenouille au pied de l’autel, récite les prières, au-xquelles le peuple répond; puis prend la chape et donne la bénédiction du S. Sacrement eu la forme accoutumée.

2. C'est pour cela f[u'il est relié en peau rouge, gaufrée d or. Le cardinal, protecteur de l’ordre, l’avait donné au R 1*. üernarfl de Rainville, restaurateur des Olivétains en France, de qui je le liens.

de tous, de vaincre l’orgueil et la hauteur qui prédominent en moi, afin que, servant le Seigneur avec un esprit humble, je puisse recevoir la récompense promise aux luimbles.

yovs réciterez sept Pater, sept Ave et sept Gloria Patri, ajoutant, pour obtenir de Dieu une sainte mort, l'oraison qui est tirée des Psaumes et que récitait chaque jour S. Vincent àcettemêine fin:

Miséricorde, mon Dieu ; prêtez unealtention compatissanteàma prière .

Miséricorde, Seigneur ; mon âme est infirme et les vertus qui devraient la soutenir sont trop débiles et comme anéanties.

Miséricorde, Seigneur ; regardez celui qui est humilié et abattu, car je me vois tel à cause de mes ennemis.

Miséricorde, Seigneur; je me vois dans l'angoisse, parce que j’ai provoqué contre moi votre justice; j’en suis tout confus et mon corps languit de douleur.

Miséricorde, mon Dieu ; qu’elle se mesure sur votre grande clémence.

Miséricorde, mon Dieu, parce que, fous les jours, j’ai à subir les assauts du démon, qui me combat et moleste.

Miséricorde, mon Dieu, miséricorde ; mon âme a confiance en vous.

Miséricorde, Seigneur ; chaque jour, je crie vers vous ; réjouissez l’âme de votre serviteur, lorsqu’il vous offre sou cœur et s’adresse à votre pitié.

Miséricorde, Seigneur ; miséricorde pour moi, qui suis de toutes parts méprisé.

Gloria Patri, etc.

Deuxième jour. Pauvreté de S. Vincent.

Etant encore dans le siècle, S. Vincent renonça, en faveur des pauvres, à fout ce qui lui revenait de l’héritage paternel. Religieux, il ne voulut qu’un vêtement pauvre et unique ; son lit fut le sol nu, ou une planche ou un fagot de sarments ; une grosse pierre lui servait d’oreiller. Depuis la mort du grand patriarche S. Dominique, on n’avait pas vu de religieux plus pauvre, imitant en cela la pauvreté de Jésus-Christ qui, pendant sa vie, n’eut même pas où reposer sa tête. A sa mort, on lui donna par charité un linceul pour l’ensevelir et un sépulcre pour l’inhumer.

On demandera par les mérites de S. Vincent une sainte pauvreté d’esprit, en récitant cette oraison :

Oraison. Très glorieux S. Vincent, vous qui d’un cœur généreux avez élevé vos pensées jusqu’au ciel où sont les vrais trésors, méprisant la caducité des biens de la terre, ayez pitié de moi, car je leur suis très attaché, comme le démontrent pleinement le peu de compassion que j’ai pour les pauvres et la difficulté que j'éprouve à payer ou à restituer ce que je dois. Je vous prie donc, ô mon puissant avocat, de demander à Dieu un cœur compatissant aux nécessités du prochain, afin qu’exerçant sur lui la miséricorde, j’obtienne une sainte pauvreté d’esprit, le pardon des fautes que j’ai commises et le royaume des cieux promis aux pauvres en esprit.

Vous réciterez les sept Pater , sept Ave et sept Gloria, avec l’oraison Miséricorde, powr o6ie«tV une sainte mort.

Troisième jour. Chasteté virginale de S. Vincent.

Ce grand serviteur de Dieu s’efforça de plaire par une pureté angélique à la très sainte Trinité, que les Pères appellent la première vierge. C’est ce que nous apprennent ses rudes pénitences, la garde de ses sens, surtout des yeux, qu’il ne fixa jamais sur aucune partie de son corps virginal ni sur un autre sexe. Une fois, pour vaincre la tentation que lui offrait une femme débauchée, il s’étendit sur des charbons ardents. Sa chasteté virginale arriva à un tel point que son corps répandait une odeur extraordinaire qu’il communiquait avec les mains aux personnes qu’il touchait.

On demandera à Dieu par les mérites de S. Vincent la vertu de chasteté, en récitant l’oraison suivante:

Lis chéri et pur de la chasteté, dont, par l’assistance de la grâce divine, vous avez conservé la candeur et le parfum pour plaire à Jésus-Christ, source de toute pureté; ah ! obteüez-moi une mortification parfaite de mes passions désordonnées, afin que, soumettant la chair à l’esprit, je vive chastement et qu’à mon âme, soit accordée, par votre entremise, la sainte pureté après laquelle elle soupire.

Quatrième jour , Obéissance de S. Vincent.

S. Vincent pratiqua très exactement cette vertu, qui surpasse tous les sacrifices de l’Ancieuue Loi, obéissant sans réplique ni discussion à ses supérieurs, mais à l’aveugle, même dans les choses contraires à son sentiment et les plus pénibles : en cela, il imita Jésus-Christ, qui tut obéis» sant au Père Eternel jusqu’à la mort, la mort de la croix.

On demandera par l’oraison suivante un vrai esprit d’obéissance pour se soumettre entièrement à nos supérieurs et ceux qui nous dirigent:

Oraison. O victime de l’obéissance, modèle de la soumission parfaite, très glorieux S. Vincent, qui avez dit que cette voie était la voie royale, qui conduit l’âme au sommet de l’échelle, sur laquelle ou voit le Seigneur appuyé; ah! obtenez-moi cette sainte vertu dans toute sa perfection, afin qu’après l’avoir pratiquée sur cette terre, je puisse arriver à jouir delà récompense au ciel.

Foms réciterez les sept Pater, etc., avec l'oraison Miséricorde.

Cinquième jour . Tempérance de S. Vincent.

Son abstinence fut telle qu’il ne mangea jamais de viande pendant toute sa vie, même malade. Il ne prenait d’autre nourriture que celle qui se présentait devant lui et parfois il l’assaisonnait de quelque chose d’amer. 11 ne buvait que de l’eau pure ou à peine colorée de vin. On peut dire qu’il jeûna toujours, car il ne mangea jamais le soir. Eii somme, il imita parfaitement le Rédempteur, qui souffrit la faim et la soif pendant sa vie et à sa mort.

On demandera, par l' intercession du saint, la vertu de tempérance, en récitant l’oraison suivante ;

Oraison. Mon puissant avocat, S. Vincent, vous qui avez crucifié vos appétits sur la croix du Sauveur par des jeûnes assidus et une parfaite abstinence ; ah ! clouez mes sens sur celte même croix par une mortification entière et l'abstinence de toute superfluité dans la nourriture ; modérez en moi l’appétit et qu’il soit toujours réglé par une si digne vertu. Ah ! excitez en moi une faim et soif continuelles des aliments célestes, afin que je sois compté parmi ceux qui esuriunt et siliunt justitiam, pour pouvoir avec eux, après cette vie, posséder le royaume du ciel.

Vous réciterez les sept Pater et l’oraison Miséricorde.

Sixième jour. Mansuétude de S. Vincent.

Il fit connaître combien il aimait celte vertu, à ses rivaux, détracteurs et persécuteurs, qui le faisaient passer pour un hypocrite, un faux prophète, un prédicaleurjd’inepties, un vagabond ; qui le jetaient à terre pour le fouler aux pieds, usant à son égard de mille mépris et insolences. Il se souvenait alorsde l’enseignement que donna le Sauveuràses disciples: « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur ».

On demandera à Dieu par l’intercession de S. Vincent et l’oraison suivante une sainte mansuétude:

Oraison. Rose de patience et modèle de résignation, glorieux S. Vincent, qui avez souffert avec tant de mansuétude, les injure.?, les mépris, les calomnies et les faux témoignages, même de ceux qui en raison des bienfaits reçus vous devaient respect et reconnaissance; demandez à Dieu pour moi cette belle vertu, qu’à l’extérieur je montre une sérénité inaltérable et qu’à l’intérieur je jouisse d’une paix véritable et imperturbable, afin que je puisse sûr ement obtenir de Dieu le pardon de m’être mis autrefois err colère, comme je pardonne à ceux qui l’ont provoquée.

Vous réciterez sept Pater, etc., avec l’oraison Miséricorde.

Septième jour. Esprit d’oraison de S. Vincent.

Il eut à un très haut degré l’esprit d’oraison et il y employait tout le temps qui lui restait après ses Davaux apostoliques; tantôt il faisait des prières vocales et tantôt il corrtemplait les divins mystères. 11 ne perdit jamais le recueillement interne, même dans ses plus grandes occupations; bien plus, il était tellementabsorbé euDieu que sa prière était continuelle, selon ce qu’a commandé le Christ de toujours prier.

On demandera à Dieu l'esprit d'oraison par les mérites de S. Vincent, en récitant cette prière :

0 glorieux S. Vincent, dont l’esprit était si uni à Dieu que parfois il entraînait le corps qui restait élevé de plusieurs pieds au-dessus de terre, surtout pendant le sacrifice de la messe, que vous appeliez l’œuvre majeure de la contemplation; alors il sortait de votre visage des rayons de lumière, qui vous faisaient ressembler à un ange du paradis ou à Moïse lorsqu’il descendit du Sinaï. Ah! obtenez-moi quelque parcelle de votre

esprit, afin que je puisse imiter votre recueillement et vaincre toute tentation en priant bien.

Vous réciterez sept Pater, etc., avec l’oraison Miséricorde.

Huitième jour . Amour de S. Vincent pour Dieu.

Oc peut mesurer la flamme d’amour qui brûlait en ce grand serviteur de Dieu par le zèle qu’il mettait à prêcher ses gloires; l’aimable et continuelle présence de Dieu fondait son âme dans les ardeurs d’un si grand bien et lui faisait souvenir des bienfaits qu’il en avait reçus. Son amour s’accrut à un tel point qu’il ne savait parler que de Dieu ou pour Dieu; aussi tous ses sens étaient si pleins de Dieu qu’il ne les occupait jamais qu’en lui.

Demander par l'intercession de S. Vincent un saint amour envers Dieu, tn récitant l’oraison suivante :

Oraison. Mon protecteur vénéré, vous aviez le cœur si plein de l’amour de Dieu, que, même pendant votre sommeil, la charité brûlait en vous, comme se révélait, à l’heure de votre repos, le rayonnement de votre visage quiéçlairait votre chambre. Daignez m’obtenir quehjue étincelle de ce saint amour, alin que je détache mon cœur de cette terre et que je ne pense plus qu’à Dieu, que je n’aime pius que Dieu, que je ne parle que de Dieu et pour Dieu.

Vous réciterez sept Pater, etc., et l'oraison Miséricorde.

Neuvième et dernier jour. Amour de S. Vincent pour le prochain.

L’amour du prochain ne se trouve jamais séparé de l’amour de Dieu, parce que tous les deu.v procèdent de la même habitude de charité ; aussi si notre Saint aima tant Dieu, il fut nécessaire qu’il aimât aussi le prochain. Il fut donc tout charité pour les âmes, vers qui se dirigeait son apostolat et pour qui il lit des voyages pénibles, n’épargnant pas les fatigues corporelles. On le voit par ses grandes conversions de pécheurs, juifs et musulmans et par tant d’âmes qu’il mit dans la voiede la perfection évangélique. 11 fut également tout charité pour les misères du corps : non seulement il guérissait les inlirmes, habillait ceux qui étaient nus, nourrissait les affamés et consolait les affligés, mais aussi il ressuscitait les morts.

On demandera un saint amour envers le prochain par la prière suivante :

Oraison. Grand thaumaturge, qui vous êtes employé jusqu’aux miracles à secourir les nécessités de votre prochain, tant était intense l’amour que vous lui portiez ; ah ! obtenez, pour ce cœur si froid, les flammes d’une sainte charité, afin d’avoir compassion du prochain et de lui venir en aide, non seulement par de bons conseils et par l’exemple, mais aussi par l’assistance de son indigence tem|>orelle, par des aumônes et autres secours indispensables dans les calamités présentes, ayant toujoursàl esprit cette parole du Christ iju’il considérera co nme fait alui-même ce qui aura été fait au plus petit d’eutr’eux.

Vous réciterez- sepi Pater, etc., avec V oraison Miséricorde.

On avertit les dévots de S, Vincent que, chaque vendredi de l’année, le vendredi lui étant consacré, ils peuvent gagner une indulgence de sept ans et sept quarantaines, en se confessant, communiant et visitant une église de Dominicains. Kn outre, il y a indulgence plénière, un de ces mêmes vendredis, au choix, une fois l’an, pourvu qu’on se soit confessé, qu’on ait communié et visité une église dominicaine, en priant Dieu pour la concorde entre les princes chrétiens, l’extirpation des hérésies et l’exaltation de la Sainte h-glise. Ces indulgences ont été accordées par Clément Xll, le 27 janvier 1740, dixième année de son pontificat.

Y. — Prière lndulgenciée

Par induit du 17 septembre 1887, Léon XIII, heureusement régnant, a accordé une indulgence de deux cents jours, une fois le jour, aux fidèles qui récitent la « prière en l’honneur de S. Vincent Ferrier, apôtre et thaumaturge, ange de l’Apocalypse ».

Oratio. O gloriose apostole et thaumaturge, S. Vincenti Ferrerii, aller Apocalypsis angele, protector noster amabilis, humiles suscipe nostras preces et fac ut super nos descendat diviuarura largilionum copia. Per illam charitatem qua exarsit cor tuum, impetra nobis a Pâtre misericordiarum omnium peccalorum nostrorum veniam, fortiludiuem in fide, perseverantiam in bonis operibus, ita ut christianam etfervidam ducentes vilam, digni efliciamur valido palrocinio tuo. Hoc etiam exlende patrocinium ad corpora uosque ab inlirmitatibus libéra. Agros protégé nostros a damnis tempestalis et grandinis, et omne infortunium a nobis longe repelle. Sic tuo aucti favore in bonis animæ et corporis, semper tibi devotam agemus voluntatem ut tandem cœlum potiti, una lecum laudes per cuncta secula concinamus Deo. Amen.

SS. Ü. IN. Léo pp. Xlll, in audienlia habita die 17 septembris 1887 ab infrascripto Secretario S. C. Indulgentiis sacrisque Ueliquiis præposilæ, omnibus utriusque sexus christitidelibus corde saltem contrito ac supra propositam orationem devote recitantibus, indulgeutiam bis centum dierum, defunctis quoque applicabilem, semel in die lucrandam, benigne concessit. Præsenti in perpetuum valituro absque ullabrevisexpedilione. Contrariis quibuscumque non obstantibus. Datum Homæ, ex Secretaria ejusdera G. C., die 17 septembris 1887. Fr. Thomas Maria card. Zigliara præfectus. L. S. — Alexander, episcopus Oensis, secretarius [Anal, jur. pont-, t. XXVll, col. 797).

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