Œuvres complètes, t. V, pp. 151 et suiv
3. Mgr Ghaillot, dans les Analecta juris pontificii, t. VII, col. 428-473, combattit énergiquement cette dérogation à l’unité de la liturgie monastique, prescrite par Paul V. La dissertation, intitulée Bréviaire monastique, anuonçait une suite qui n’a pas paru, en raison de l’opposition formée parles trappistes.
A la même date, grâce à un moine Angevin, le R. P. Leduc, je faisais la connaissance, à l’abbaye de S. -Paul hors les murs, du P. Pappalettere,de l’Ordre de S. Benoît. Bel homme, d’une figure sympathique, à l’esprit ouvert, parlant correctement notre langue, il essayait de fonder un collège international, dont les élèves auraient porté le froc bénédictin, sans être astreints par des vœux. En 1873, j’appris par Pie IX lui -même, à qui il n’était pas persona grata à cause de ses accointances libérales, qu’il était proposé par le gouvernement italien pour la dignité de Grand Prieur de S. -Nicolas de Bari : les difticultés suscitées n’empôclièrent pas sa nomination.
Mon docte ami le chanoine Feuli, de Bénévent, m’ayant chaudement recommandé à son compatriote, je reçus le plus charmant accueil et la plus cordiale hospitalité de l’archevêque de Bari, Mgr Pedicini. Ce prélat, des plus distingués, brillait à la fois par sa simplicité et sa science, sa modestie et son activité. Nous ne fûmes pas longtemps à nous comprendre : il s’intéressait à mes recherches, était heureux de mes découvertes et m'aidait avec empressement pour que mon séjour dans sa ville métropolitaine fût aussi fructueux que possible. Son secrétaire, qui était son neveu, m’accompagnait partout; j’eus l’honneur de dire la messe à l’autel du chapitre, sur le corps de S. Sabin; je pus visiter en détail le séminaire métropolitain et les archives de la cathédrale ; mais surtout je revins chargé des publications de l’illustre archevêque, lettres pastorales, opuscules de piété, œuvres théologiques, où l’on ne sait que plus admirer de la sûreté de la doctrine ou de l’élégauce du style. J’ai rencontré là un vrai pasteur des âmes, pénétré de sesdevoirset ne vivant que pour ses diocésains, dans une retraite austère, où rien n’était sacrifié au luxe et à l’apparat. Chaque soir, avant de se coucher, vers onze heures, il réunissait toute sa maison et présidait pieusement lui- même à la récitation du chapelet et de quelques prières spéciales, sans oublier celle s’adressant aux saints évêques qui l’avaient précédé sur les sièges unis de Canosa et de Bari.
Le Peux de Blaslay, 17 décembre 1898.