‹ Œuvres complètesChapitre 49 sur 215 · Item, quartam parteni leggendarii · texte numérisé non relu

Item, quartam parteni leggendarii

22. Item, annulum unum pontificalem, in quo inclusus est lapis dictus Gamuel, in quo quidem lapidem (sic) sculptum est caput,et aliquæ parvæ smeraldæ in circuitu ipsius lapidis.

23. Item, duo magna candelabra de cristallo, munita argento, ad opus Veneciarum.

In cujus rei tesiimonium futuraraque memoriam bas litteras pendent i sigillo nostro munitas fieri jussimus dictoque thesaurario tradidimus^in ecclesia prædicta sirailiter conservandas. .

Data per Bartolomeum de Capua militem, regni Siciliæ prothonotarium et magistrum, curiæ nostræ magistrum racionalem, anno, die et indictione præmissis.

Je n’ai pas vu l’original de cette pièce, dont le chapitre ne m’a même pas laissé soupçonner l’existence. Je le regrette vivement, car j’aurais préféré faire moi-même la transcription, quelques mots me paraissant douteux. Quoi qu’il en soit, un document de cette importance doit figurer dans le trésor, à côté des objets qu’il décrit et dont il reste encore un nombre respectable. Aux archives, il demeurerait ignoré de la plupart des visiteurs, qui ont besoin de le voir et de le connaître.

3. Les articles ne dépassent pas le chiffre de vingt-trois. Le cardinal Bartolini les résume ainsi :

Forni dunquG quell’ augusto monarca la basilica Nicoliana d’ogni supeîlettile sacra la plu préziosa, corne paranienti tessuti in oro cou imagini a colori péri sacri ministri e per l’ornato dclF allare ; milre ed anuelli pontificali, croci, reliquiarii, pissidi, libri corali d'ogni sorta, anche fortiili"' dinote péril canto, affinche le sagre funzioni del culto fossero celebrate con la massima pompa e decoro (p. 36).

Précisons davantage et donnons sur chaque objet en particulier les renseignements que comporte l’archéologie.

Les parements de l’autel (n® 1) sont au nombre de deux, exactement semblables. Cette double circonstance nous révèle que l’autel, comme aujourd’hui, étant isolé sous le ciborium et placé en avant de l’abside, ses deux faces avaient chacune un parement distinct, prescription qui s’est maintenue dans le Cérémonial des évêques. Ils sont, non tissus, mais brodés d’or et de soie. L’or forme les fonds; nous le savons par des œuvres contemporaines, telles que l’ornement et le parement de Boniface YIII, à Anagni, qui est de la fin du xm« siècle», et le parement de Toulouse, qui date du siècle suivant-. La soie, de diverses couleurs. comme en témoignent les ornements d’Anagni, le parement de Toulouse, les chapes de Saint-Jean de Latran, de Saint-Bertrand de Comminges et de Saint- Maximin, toutes œuvres contemporaines de notre texte, la soie, disje, historiait l’étoffe d'images diverses. Or, le mot images doit se prendre ici dans le sens strict, et s’entendre, non d’une décoration quelconque empruntée aux règnes végétal et animal, mais de personnages, tels que Dieu, les anges et les saints.

Tout était assorti, le prêtre et l’autel. Voici donc une chasuble, une dalmati([ue de diacre, une tunique de sous-diacre et trois chapes, de mêmes travail et couleur que les parements (n° 2). Ce détail est à noter, car, à en juger par les miniatures, si elles ne sont pas absolument fantaisistes, rien ne se ressemble : la chasuble diffère

1. La Cnlhédrate (V Annqni. fiB, 70, 79. L’inventaire de Boniface VIII

ferait plutôt croire à un tissu : Unn pianota contextn ad aurum. Una dalmatica I conlexta de aura. Unum dossale ad aurum ; mais les ornements eux-mêmes < ne laissent pas de doute sur le procédé qui est une broderie au point de lion- ' grie ou en arête de poisson, comme dit Ylnventaire du S. Siè^een129o ■ ' liepositorium de serico ad spinam pisci.i. Unum dorsale de panno rubeo de ' opéré Ciprensi, ad spinam piscis ad aurum ou encore en chevronné : « Pour

3 pièces de baudequins do Damas de plusieurs soies, non pareulx, l’un chevronné en champ rotige, l’autre ardant, et l’autre vert et rouge » (Maiidem. de Charles VU, 1370, no 736).

2. Voir sur ce parement la notice de l’abbé Carrière dans les Mémoires de la

Société Â7’chéologif/ice du Midi, i. XU, pp. 15-33. L’auteur le nomme à tort tapisserie : la planche indique nettement le point d’épine pour les fonds, i « Le fond est partout de fil d'or fixé sur cette double toile par un procédé spécial. Ainsi le bout du til étant arrêté, un point l’attache à la toile, puis il est amené vers le haut pour être ramené vers le bas et ainsi de suite, en manière de zigzag, jus([u’à ce que toute la toile en soit couverte. Cela forme à la fin un dessin uniforme en feuille de fougère d’un ravissant effet. Ceci explique pourquoi l’on ne retrouve pas au revers le fil d’or de l’avers. Cela faisait une î économie considérable de matière précieuse » (p. 33). 1

du parement et les assistants du célébrant sont vêtus d’ornements d’autres étoffe et couleur que les siens. L’unité, qui domine depuis la fin du moyen-âge, peut donc être reportée ju^u’au xui® siècle >, Sans doute elle est louable, mais la variété avait bien aussi son charme.

Trois chapes supposent trois porteurs, qui sont le célébrant et ses deux assistants, suivant le rite romain, ou les deux chantres, selon la liturgie parisienne, observée alors à Bari Or, parmi les dignitaires du chapitre il y avait un chantre et un sous-ckanb'e.

J’insiste sur le mot travail, qui me semble cacher une origine française. L’ornement dé Boniface VIII et la chape de Saint-Jean de Latran sont des produits de Fart français, ce qui justifie mon assertion ; à plus forte raison, les chapes de Saint-Bertrand et do Saint-Maximin.

L’aubede soie(n°3)est rare au moyen àge^.car lesymbolisme et la

1. « Item, avec la chasuble dessus dite lu mis tuni(|ue et dalmatique, raulz à la dite chasuble. » [Inv. du S. Sépulcre de Pa?'is, 1379, no 190).

2. ( Item, iij chapppes pareilles de tharthaire vert à iij ort'rois pareux •

[Inv. du S. Sépulcre de Paris, \‘àl9, n. 178). «Uns vestemens de cmq garnemens c’est assavoir ij chappes de cuer. » (Ibid., n" 1.)

3. « Gamisias magnas deauratas cum amiclis suis duas et alias de sericis septem » [Don du pape Victor III au Mont Gassin, 1087). — « Albæ VIII de serico. » [Inv. de 1222, cité par Bock.) L’inventaire de St-Victor de Paris a uu paragraphe pour « les aubes parrés qui servent nu grand autel tant pour les tens doubles, tiers doubles, l'estes de IX leçons et les messes solennelles ». 11 ne faut pas y prendre à la lettre ces mots : « aube de pourpre violet », « aube de broderie », « aube de drap d’or », l’étoffe n’élant ici que l’accessoire, la matière du parement. « Dans la seconde moitiédux' siècle, Hedwige de Souabe broda pour l'abbaye de St-üall une aube représentant le mariage de Mercure et delà Philologie, d’après Marcianus Capella » (Müntz, la Tapisserie, \>. 88.), Les broderies des parements n’étaient donc pas toujours à sujets religieux,

« Item quatuor camixos de cortina, cum pectoralibus et gramicis de opéré cyprensi. » [Inv. de St-Pierre de Rome, 1294.)

« Item, unus camisus seu alba camisia de panno linoo sublili, cumfimbriis seu gramitibus de syndone intico, cum duobus draconibus simul colligatis in collo de auro cum caudis ad modum arborum, et cum mappulis in manicis de simili syndone cum una arbore, cum uno magno folio, cum octo boctonibus seu pistillionibus de argento deaurato in qualibet manica et cum simplicibus frisis et uno pistillione in collo de argento deaurato. Gum suo ammicto, cum frisio de simili opéré, et cum uno boctone de argento deaurato. — Item undecim camisi sive albe camisie de cortina, cum limbriis seu gramitibus de auro et serico de opéré simplici et de opéré figurato, cum aurifrisiis in collo et ad latera pro parte simplici et pro parte curioso. — Item alii sexdecim camisi, seu albe camisie de panno lineo et pro parte de cortina, fimbriate et frisate de flmbriis et frisis antiquis de diversisojperibus » [Ino. de St-Pierre de Rome, 1361 .)

Voir sur les aubes parées et les amicls parés de nombreux textes dans 17/i»

tradition ecclésiastiques exigent qu’elle soit en lin. Elle a son complément dans un parement et des poignets de même qualité que l’ornement * afin d’assortir avec lui (n® u). Le parement de l’aube,

venlaire du :>l-Sépulcre de Paris, qui date de 1379 cl a élé publié j)ar M. Molinicr, nolaminenl les articles 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 38, 57.

« Item, une cbappelle blanche, entière, de dyapré semé de sollaiz d’or, et les ortroyes de veiuiau vert et vermeil brodez, l'un coppon, de lys, et l’autre, de l'euillages de chardons, armoyez de France; et contiennent les pièces qui s’ensuivent, c’est assavoir, chasuble, tunicque, dalmaticque, troys chappes, l'ronlier, dossier, couvertures de letrin et touaille parée, demesmes les orl'royes, avecques aubes parées, amytz, estolles et fanons « {Inventaire de Charles V, 1379, n- 1071).

1. « Manicas I paratas. » {Inv.de Mon:a, i« siècle, n® 22.) — « Manicas II » (2e Inv. de.Monza, x' siècle, n’ 14). — «item tria paria pugillariorum » {Inv. de Monza, î275, n» 15.)

« Item una alba cum pectorali de auro et pernis grossis... et alios labores in manicis paraluras cum tribus ymaginibus. Item alia alba cum pectorali... et in manicis très ymagines per quamlibel » {Inv. de la cath. d'Anugni, tin du xin' siècle).

« Alba, quæ et camisum dicitur, erat ex tcla sublili Cameracensi cum timbriis ante et post tibias neenon ad manus et peclus. » {Monum. basil. Vatic., 1303.)

O Item, de eodem opéré seu sibi consirnili, duas paraluras quæ ponuntur circa pugna; in ipialibet quarum paraturarurn sont due medie ymagines et claudunlur cum cordellis de serico albo, cum duabus acubus argenteis. — Albam paratam ante et rétro in timbriis et in pectorc et in summitatibus pugnorum. Et in quolibet pugno sunt medie ymagines. Et claudunlur pugna cum cordello viridi cum acu argenleo qui est in summitate » {Inv. de l’ab, de St-Viclor de Marseille, 1358).

« Item, une autre chasuble d’un tarlhaire ynde — avec estolles et fanons et parement d’aube, sans les poignés » {Inv. du St-Sépulcre de Paris, 1379, n»39.)

« Une aube..., parée de poignet » {Inv. de Cambrai, 1401.)

« l’ugnalia dicte albe operata sunt cum pellis et rôtis, forrata de sindone rubeo. » {Inv. de la cath. d'Amiens, 1411.)

M. de Farcy m’écrit : « A la cathédrale d’Angers, tout prêtre qui célébrait aux fêtes auxquelles étaient attribués certains ornements, prenait les poignets, ce que faisaient aussi le diacre et le sous-diacre. L’invenlairede 1418 les mentionne en ces termes : Item X.Kll poignalia et defficiunt duo. Item octo poignalia compelentia et XV'I alia lalia qualia. Item scripla erant in alio inverilariolll alia poignalia pro rnorluis, quæ lune et nunc defficiunt, restai unum de bougrano. i>

O Item... une parured’aube et d’un amitet tout ce de blancdrap de Damas, avec le parure des manches de l’aube » {Inv. de N.-D. de Sens, 1471). ,

Le parement d'êloiï'e, au bas de l’aube se voit sur saint Nicolas, vêtu pontilicalement, à un des ornements de la cathédrale d’Anagni (tin du xm" siècle); sur l’efligie tumulaire de Pierre d’Autcuil, abbé de Saint-Denis, mort en 1229 et sur celle de Jehan, chanoine deNoyon, décédé en 1350. Sur celte dernière on distingue parfaitement les poignets {Rev. des Beaux-Arts, 2“ pér., t. XI, pp. 339, 342.)

L’usage des poignets s’est conservé assez tard, commele constatent en Italie les sept exemples suivants. Au musée de Turin, Macrino d’Alba, à la fin du XV* siècle, a peint un S. Grégoire, dont les manches de l'aube sont rehaussées

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à celte époque, consistait dans des pièces rapportées, de forme rectangulaire, qui se plaçaient sur la poitrine et au bas de l’aube, tant en avant qu’en arrière. Le trésor d’Anagni q^iserve le pectoral décrit dans l’Inventaire de Boniface VIII ^ et M de P'arcy en a reconnu un au trésor de la cathédrale de Sens.

Le sens de l’article 4 est déterminé par l’article 1 : la couverture de l’autel, vulgairement appelée housse, ne doit donc pas être confondue avec le parement, celle-là est horizontale et celui-ci vertical. Remarquons d’ailleurs la différence quant à l’étoffe; le parement est brodé et la couverture simplement en soie rayée, genre de tissu assez commun au xm® siècle 2.

d’un orfroi fleuronné, analogue pour l’étofîe à la chape; il ne serre pas le poignet et est découpé en avant. Le musée Brera, à Milan, nous fournit, pour la Renaissance : un évêque à poignets rouges unis (Nicolas Rondinelli); un autre évêque à poignets d’or ornés de quatrefeuilles (André Mantegtia) ; encore un évêque, dont les poignets sont rouges lie de vin (Zaganelli de Cotignola) ; un saint Laurent, avec poignets identiques aux pièces de l’aube (J. B. Moroni), et du même peintre, un évêque à poignets rouges. Eufin au dôme de Mitan, sur le beau vitrail donné par Pie IV, on voit un évêque à parements rouges qui font le tour du poignet. Donc deux fois, les poignets sont de même étoffe que l'ornement sacré, quatre fois de couleur rouge, et une fois, en tissu d’or.

Voir ce que j’ai dit des jmgillaria ou poignets dans le Bulletinmonumental, t. XLVI, pp. 338, Goü. J’ajouterai ici un mot pour en constater l’origine miraculeuse.Les manches de S. Martin étaient « appelées les bonnets de S. Martin » par les chanoines de sa collégiale à Tours. Le même nom se retrouve au xvie siècle sur la tapisserie de Montpezat :

« Angels ont ses bras revestus De bonelz riches et moult gentz ».

he Proces-verbal des reliques et joyaux enlevésparles Huguenots dans l’église S .-Galien de Tours, cité par Bas, N’. Martin, p. 353, décrit ces bonnets d’une façon assez peu claire. Leur longueur était « environ de deux pieds de long et au bout de chacun d’eux y auroit une brodeure d’argent doré qui faisoit la liaison ». 11 y avait la paire. Chaque bonnet était double « de tafetard rouge » et,« audessoubz », formant doublure, de tafetard changeant ». Le galon d’argentdoré reliait donc les deux morceaux d’étotfc, respectueusement conservés dans « un canon d’argent creux ». Lesquels deux morceaux sont qualifiés « enveloppes ». Est-ce que les bonnets avaient disparu et qu’il n’en restait plus que la couverture'/ Le tout était o eu une cassette de bois ».

Quant au mot bonnet, il indique certainement la forme cylindrique de la manche et on ne peut y voir qu’une altération de poignet, la substitution de b h. P n’étant pas insolite dans le langage populaire.

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