XLI. — Exultet
1. On désigne sous ce nom du premier mot de ce texte liturgique, le rouleau de parchemin, généralement enluminé, qui, au moyen-àge, servait, le samedi Saint, au diacre pour l’éloge du cierge pascal, ce qu’on nommait \q præconium paschale 3.
Depuis mon passage à Bari, plusieurs Exultet ont été découverts.
li Je suis heureux que le cardinal Bartolini pense comme mol à cet égard : K II piccolo officio in pergamena, che fanno osservare i custodi del tesoro délia basilica di S. Nicola corne appartenente a Carlo H et del quale dicono che quel principe si servisse quando intei'veniva agli ofücii corali, dalla paloograha si riconosce per un codice del XV secolo inoltrato, dilTerentissimo dagli altri codici corali enunciati e percio non puo a quel principe in verun conto appartenere » (page 3).
2. Ce terme liturgique n’est ni dans du Gange, ni dans Furetière, mais on le trouve dans Victor Gay.
3. Ce mot manque à du Gange, quoiqu’il figure dans VExiiltel : « Sed jam columnæ hujus præconia novimus, quam in honorem Dei rutilans ignis accendit ». — En France, cette cérémonie s’appelle trop souvent bénédiction du cierge pascal, terme impropre, car le diacre ne peut pas bénir, la formule ne contient pas cette expression et la sanctification du cierge se fait uniquement par l’atïixion des cinq grains d’encens bénis par l’officiant.
Il eti est ainsi sommairement parlé dans les comptes-rendus de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, séance du 5 février 1897 {Rev. de Vart clirét., 1897, p. 1G2) :
Al. Schiumbeiger entretient l’Académie de quelques rouleaux de VExultet (hymne chantée le samedi Saint), provenant de l’Italie méridionale. Ce sont des rouleaux, écrits en caractères lombards, décorés magnifiquement de nombreuses miniatures, illustrant les phrases du texte, et offrant nn grand intérêt pour l’étude du costume et l'hisloire de l'art. AI. Schlumberger présente les photographies de trois de ces Exultel, qui lui ont été communiquées par xM. Bertaux, membre de l’Ecole archéologique française de Home. Deux proviennent de l’antique collégiale de lîari ; l'un d’eux est précieux à cause des miniatures byzantines, représentant deux empereurs du xie siècle. Le troisième exemplaire est magnifique, il est inédit. Ce rouleau appartient à la cathédrale de Salerne, et est encore déroulé de nos jours. D’après M. Bertaux, il date du milieu du xiiie siècle.
2. A défaut des deux Exultel de S. -Nicolas, dont la publication est vivement désirée, je m’étendrai, à titre do comparaison, sur celui de la cathédrale, que je regrette de n’avoir p^s vu davantage.
M. Pératé a fait part, en ces termes, à la Gazelle des Beaux-Arts, 2® pér., 1888, t. XXXIV, pp. 346-348, de ses découvertes à Bari ;
La cathédrale de Bari possède des manuscrits rares ; elle a quatre rouleaux à'Exultel et l’un d’eux est une merveille. Très supérieur, comme œuvre d’art, aux manuscrits analogues conservés au Vatican, à la bibliothèque Barberini, à celle de la Minerve, il offre, par les variantes de son texte, un Intérêt spécial pour l’histoire de la liturgie
Ce rouleau se compose de VExultet proprement dit, manuscrit du XI® siècle, d’écriture lombarde, long de 5 mètres et large de 0,42 cent., auquel a été cousu un autre rouleau de 3 mètres 33 c., manuscrit du xii® siècle, qui contient la Bénédiction des fonts et du chrême. Le rouleau entier est formé de douze bandes de parchemin, cousues bout à bout, dont huit pour VExultet. Le commencement et la fin en sont assez détériorés.
Voici l’ordre des miniatures, hautes chacune d’environ trente centimètres.
1 . Le Christ nimbé, enveloppé d’une gloire, siège sur un trône gemmé entre sept anges '• Il donne la bénédiction avec deux doigts de la main droite *.
1. M. Pératé me permettra d’ajouter quelques notes, pour préciser certains points de détail. — Sur leur rôle en iconographie, voir mon tome .\I, pp. 217 et suiv.
2. Dans la bénédiction grecque, l'index et le médius restent droits.
2. Les symboles des quatre évangélistes sont groupés entre deux séraphins et soutenus par une haste qui traverse quatre écus bysantins.