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Sans la finale Amen Redempta

8. Vllymnairede Bari, 187G, Toulouse. Ilébrail, in-8 de 16 pages. Extr. de la Musica sacra, tiré à 50 ex. Reprod. dans les Analecla juris pontificii, 1877,

administration diocésaine, car ce digne prélat est estimé à bon droit comme un des plus doctes et des plus zélés de l’Italie. Sa Grandeur voulut bien s’intéresser d’une manière particulière à mes recherches, qui s’étendirent aussi à la liturgie et à l’archéologie religieuse et eurent pour résultat d’importantes découvertes, qu’annoncèrent bientôt au public les journaux de Rome, de Florence, de Bari et de Bénévent, sans parler des Sonaincs religieuses de France, qui s'en tirent l’écho.

Je reçus également le plus bienveillant accueil des chanoines de Saint-Nicolas, à qui je dois une part bien sentie de reconnaissance; entre tous, ce m’est un devoir de nommer ici les deux principaux officiers du chapitre, le lieutenant de Vincentiis et le procureur Scianatico, qui n’ont cessé de me prodiguer leurs soins les plus empressés.

J’ai trouvé dans le trésor de la basilique une collection delivres liturgiques d’un haut intérêt. En amateur intelligent, l’excellent procureur, les avait disposés ouverts dans des vitrines, afin que les visiteurs pussent les voir des yeux, sans les toucher des mains, tentation trop fréquente qui, quand on y cède, a l’inconvénient de tlétrir des pages qu’on ne saurait trop respecter. En archéologue, à qui on ne refusait rien, je classai ces livres selon l'ordre chronolo-

t. XVI, col. 231-238. — Compte-remlii par le ch. Feuli, dans le liulleUino ecclesiaslico, Bénévcnl 1873, pp. 311-313 :

« La seconda di (jueste scoperte riguarda l'arcliivio. l’cr cangiamento di locale esso 6 ancora in disordine ed il capitolo di S. Nicola ha falto vivissiinc istanze al suo visitatorc perché non riensi la sua opéra ncl riordinarlo cil illustrarlo. Tra qnei manoscrilli ve n’è iino finora ignorato; ed ù un codico rnenibranaceo del secolo Xlll, contenenle gl’inni del Breviario con brève cominenlo interlincare. La difficoltà di leggere un carultere inimilissimo et prcssoché cancellalo dal tempo, l’avca forse fatto giacore dinienücato. Ma aile attente ossorvazioni di Mons. Barbier de Montault non potea sfiiggire il pregio di un libro che dà l’anlico testo dell’inni ecclesiastici con le note del canto corale, e ne agevola l’intelligenza col brève comento soprapposto a ciascun verso; e quel cheô più, nota l’autore di ciascuno, sovente di verso dal quello al qualc c oggidi attribuito. Aggiungi la bellczza esteriore del codicc stesso, avendo le iniziali ogregiamente miniate, sccondo l’uso di quel tempo, lu duc luoghi di essi leggesi il nome dell’autore : Nicolai/s a Perillo me qlosavit. — Nicolaus de Perillo fecil comme iil unr : glosavit hune librum. Sappiamo che il capitolo di S, Nicola, tutto inteso a restaurare, abbellire, illustrare quella basilica, vnol pubblicare eziandio questo codice con altri importantissimi documenti, c noi, aspettando tal publicazione, vogliamo intanto darne un saggio ai nostri lettori ne’ due inni che seguono : Imnum ad Laudes Imnum ad Complelorium. »

gique et je laissai au chapelain qui m’aidait comme seci'(^‘taire, quelques notes sommaires, pour y apposer ultérieurement des étiquettes. De cette façon l’étranger, si souvent inattentif, parce que rien ne le fixe, s’arrêtera à lire d’abord, puis à regarder les manuscrits, dont il comprendra mieux la valeur archéologique et parfois même le prix matériel.

Parmi ces manuscrits nombreux, j’en distinguai un, à première vue, qui m’attacha tellement que je l’examinai une seconde fois attentivement; enfin dans mon enthousiasme, je me décidai à prendre des notes, et j’allai jusqu’à en copier une partie. C’était un Hymnaire, auquel jusqu’alors personne n’avait encore pris garde, malgré l'intérêt spécial qu’il présentait.

L’élude de ce manuscrit va faire l’objet de celte notice.

1. Au moyeu âge, il y avait pour l’office choral un Bréviaire plénier, parfois même noté. Plus ordinairement, ce bréviaire sedécomposait en plusieurs parties, portant des noms distincts L

Le Psautier, psalterium, ne contenait que les psaumes; presque tous les clercs les savaient par cœur et n’avaient pas besoin de livre pour psalmodier.

Le Tonaire, lonnrius, renfermait les Venile, les Henedicamus et les intonations des psaumes. 11 répondait à peu près à notre Directorium actuel, arrangé et vulgarisé par Guidetti.

Dans l’Antiphonaire, antiphonarium, étaient notées toutes les antiennes.

On mettait à part les répons, même brefs, dans le Responsorial ou responcier, comme on disait autrefois : responsoriale, responsonarium.

L’IIymnaire était allecté aux seules hymnes et se nommait en latin hi/mnariurn ou hynoiarius.

Dans le Lectionnaire, lectionarius ou leclionarium, étaient compilées les leçons des Nocturnes.

Enfin, le Collectaire, coUeclarium et rollcctarius, recueillait les collectes ou oraisons que devait chanter l’officiant ou l’hebdomadier. Plus tard, on y joignit toutes les intonations d’hymnes et d’antien-

1. Voir sur les livres liturgiques en usage au moyen âge, mes Œuvres complètes, t. IX, pp. 188-191.

nés qu’il devait faire, ainsi que les capitules et les bénédictions des Matines, les sulfrages et les prières de Prime et de Compiles.

2. L’Hymnaire de Bari n’appartient point à la classe des in-folio qui servaient au chœur tout entier, et (pCon plaçait pour cela sur un lutrin. C’est un livre manuel, fait pour être tenu à la main par un seul individu. Son format est in-12. •

Écrit sur vélin avec précision et élégance, il n’a pour ornement que des initiales unies, peintes de éfverses couleurs : ce n’est donc pas un livre de luxe, mais destiné à un usage journalier.

La gothique offre certaines bizarreries de caractères peu usitées dans les contrées latines; je suppose donc une origine allemande, ce qui s’explique par la fréquence des relations entre les Deux- Siciles et rAllemagne. Ce livre a dû être acheté dans le commerce et non commandé.

La première strophe est seule notée.

Les hymnes se suivent selon l’ordre du bréviaire. On dirait de la prose, car les vers ne se distinguent pas par des alinéas répétés. Les strophes elles-mêmes ne se différencient les unes des autres (jue par leur initiale plus grande.

Tout considéré, j’attribue ce précieux petit volume, dont la reliure est moderne, à la première moitié du xiii® siècle. Les hymnes de saint Thomas d’Aquin, pour la fête du Saint-Sacrement, ne s’y trouvent pas encore ; il est, en consé(iuence, antérieur à leur composition.

Les llymnaires, même notés, ne sont pas précisément rares. D’où vient donc le prix exceptionnel que j’attache à celui de Bari ? De deux choses : d’abord, il indique, presque toujours au début, l’auteur de l’hymne; puis il l’accompagne habituellement d’un commentaire.

.le ne dis pas que toutes les attributions littéraires soient acceptables par la critique de nos jours ; il n’en est pas moins curieux de constater quelle limite atteignait l’érudition de nos ancêtres.

L’hymne de Tierce, A'unc Sancte nobis Spiriius, est donnée comme étant de Sedulius : M. Pimont la reporte à saint Ambroise (I, 99j. Prudence, P rudenc lus, aurait composé Lucis Creator oplime, des Vêpres du dimanche, qui est de saint Grégoire (Pimont, 1, 110) ;

Jam lucis orto sydere, de Prime, qui appartient à saint Ambroise {Ibid., 70), et Chrhle qui luxes et dies.

A Sedulius reviendrait encore Ecce jam noclis, qu’il faut retarder jusqu'à saint Grégoire {Ibid., 00), ainsi (jue JSocte surgentes, l’une des Laudes, l’autre des Matines du dimanche, été.

Seul,l’é// queant Iaxis n’est pas contestable : « A Paulo ystoriograplio fuit compositum"». Mgr Allieri {Prodromo, p. 120) le dit aussi de Paul Diacre, qui vivait au vm^ siècle.

Dans le Bréviaire de Paris, on avait conservé la louable habitude dénommer entre parenthèse l’auteur de chaque hymne; il est à regretter que le romain ne l’ait pas ainsi pratiqué, ce ne serait pas sans profit pour la plupart des prêtres.

3. La glose est interlinéaire et d’une autre écriture que letexte.Les caractères sont si menus et l’encre si pâle, que la lecture en est pénible et lente. Armé pourtant d’une bonne loupe, j’ai encore parfois eu des hésitations et conservé des incertitudes.

Cette intercalation a été faite évidemment après coup, mais à une épof|ue peu distante de la transcription du texte. Nous restons encore en plein xm® siècle.

L’auteur lui-même s’est nommé en deux endroits, et nous devons lui savoir gré de s’être ainsi fait connaître à la postérité. Voici comment il signe sur les feuillets de garde :

Nicolavs a periUo me glosavit Bnri.

A'icolaus de perillo fecit commenlum, glosavit hune lib)'um.

Dès que j’eus lu cette double phrase, en présence des chanoines qui ne me quittaient pas, parce qu’ils aimaient à s’instruire avec moi, il y eut une explosion do satisfaction, car il s’agissait d’un nom connu et estimé à Bari depuis des siècles, et aussi d’une œuvre toute locale. L’impression du manuscrit par les belles presses de Bari, qui ont entre autres donné un remarquable Propre des Saints do l’archidiocèse, fut votée immédiatement, et quoique l’archevêque manifestât le désir de s’en constituer l’éditeur, le chapitre, rivalisant de zèle (peut-être parce qu'il est exempt de la juridiction de l’Ordinaire), offrit spontanément d’en faire les frais et me désigna aussitôt pour préparer la future édition. Pour cela, il me faudra retourner à Bari ; diverses circonstances m’ont empêché d’effectuer ce voyage, qu’il me tient à cœur de réaliser promptement.

Nicolas de Perillo est donc le glossatcur del’Hymnaire, et, comme il l’a ajouté à la lin de la première signature, c’est à Bari même qu’il a exécuté son œuvre. Les expressions employées ne laissent pas de .doute sur la part qui lui revient dans ce travail patient. Il n’est pas un copiste vulgaire, mais auteur : la glose, le commentaire sont de lui, glosavit, fecit cornmentum.

Je dois néanmoins poser ici une restriction. Cette glose, il ne Ta pas tirée de son propre fond ; il n’est pas l’inventeur du genre. Elle existait avant lui, plus complète, plus développée. Il se l’est appropriée et l’a abrégée.

L’abbé Pimont, du clergé de Paris, qui a publié une savante dissertation surles liymnesdu Bréviaire romain, m’écrivaitleOaoût 187o: « Je n’ai pu rencontrer encore l’hymnaircgloséde Nicolas de Perillo, que vous avez eu la bonne chance de découvrir à Bail. Mais je puis vous en signaler trois autres: Bremarium et Psalterium ad iisiim S. Germani a Pratis, double glose interlinéaire et marginale : Bibliothèque Nationale, n° 1150, xi® siècle. — Psalterium, Ihjmniet Cantica cum glossis, provenant de l’abbaye de Jumièges : Bibliothèque de Rouen, n° 347, xii° siècle. — IPjmrii glossali : Bibliothèque d’Arras, n° 525, xm® siècle.

« J’ai appelé cet hymnaire Codex Hilariensis, parce qu’il me paraît être l'original ou du moins une des premières copies de cette glose d’//î7ariu5, tant de fois reproduite par les incunables. J’en compte six exemplaires dans ma bibliothèque, de différentes années et de divers types : trois de Grenade, un de Bàle, un de Cologne et un de Strasbourg ^ ».

Ainsi, aux premiers temps de l’imprimerie, cette glose eut surtout du succès en Espagne et en Allemagne. Le plus*ancien manuscrit date du xi® siècle; les deux autres, signalés par M. Pimont, sont contemporains de celui de Bari.

La glose de Nicolas do Perillo est de deux sortes : littérale, elle suit pas à pas le texteetl’expliquepour ainsi dire grammaticalement. C’est l’œuvre d'un pédagogue, et personne n’y prendra guère goût. L’autre glose est mystique, c’est-à-dire qu’elle substitue la réalité au

1. Dans l’inventaire do .Jean Fouquerel, évêque de Senlis, mort en 1429, est mentionné parmi scs livres » les hymnes glossécs » {Rev. des Soc. sav.,

série, tom. V, pag. CSS).

symbole, la vérité déguisée à la figure. Là est le côté vraiment original de ce commentaire que ne doivent pas dédaigner les archéologues, parce qu’il servira à leur expliquer péremptoirement plus d’une sculpture ou peinture du moyen âge.

J’en prends des exemples au liasard, mettant en italiques tout ce qui appartient à Nicôlas de Perillo :

Pange, lingua (homo), gloriosi Lauream certaminis,

Et super crucis tropeum {vicloriam)

Die triiimphuna nobilem :

Qualiter Redemptor orbis Jmmolatus vxcevxi {diabolnm) ’.

Audi (pro exaudi), benigne condilor {mundi),

Nostras preces [rogaciones) cum fletibus Jn hoc sacro jejunio

Fusas {e/fusas] quadragenario (m quadraginta diebus] ü.

Aurora (Xpistus) jam spargil {illummat) polum [cœlum Ecclesiam), Terris dies (Xpistus) illabitur (infundii)

Suramæ Deus clementiæ (O aile pietatis)

Plasmator horainutn Deus (Creator Ade sexta die)

Ex more docti (nos) mistico (figuralo)

Vox Clara ecce iulonat [predicacio Jhesu Xpisli terrihilUer tonal). Obscura queque increpat (vicia et peccata reprefiendit)

Hoslis Herodes impie (Ascalonlta crudclis),

Regem venire quid (cur) limes * ?

O gloriosa Domina (Maria),

Excelsa (elevata) super sidéra

Quod (illud paradisum) Eva Irislis abstulit*®.

Sumens illud Ave (illam salulationem)

Lux lucis (Fili FatrisY^ .

Xpiste redemptor omnium (Xpistianorum) ‘s.

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