‹ Œuvres complètesChapitre 9 sur 215 · V. — Stalles · texte numérisé non relu

V. — Stalles

On passerait devant les stalles, de menuiserie vulgaire^ sans s’y arrêter, n’était une particularité qui les distingue. La première, du côté de l’évangile, est surmontée d’un dôme et garnie d’une tenture aux armes de la maison de Savoie.

Quand Charles II d'Anjou fonda la collégiale de St-Nicolas, qu’il composa de cent ecclésiastiques, tant chanoines que mansionnaires et chapelains *, il se réserva une place au chœur; la première lui fut assignée.

Il en était de même à St-Jean-de-Latran, où Henri IV fut, le premier, installé comme chanoine. Les rois de France et Napoléon 111 ont continué la tradition. A St-Pierre, les empereurs d’Allemagne avaient le titre et le rang de chanoines; les rois d’Espagne, ceux de chanoines de Ste-Marie-Majeure, et les rois d’Angleterre, avant le schisme, en reconnaissance de leur canonicat, conféraient aux abbés de-St-Paul-hors-les-Murs l’ordre de la Jarretière : aussi la devise Honni) soit qui mal y -pense est-elle restée inscrite autour des armoiries de la basilique Ostienne.

Les rots qui trônaient à Naples, héritant des droits et privilèges de la maison d’Anjou, se sont toujours considérés comme premiers chanoines de St-Nicolas. Victor-Emmanuel H a voulu agir comme ses prédécesseurs, et le chapitre y a gagné la faveur exceptionnelle de ne pas être supprimé par la loi commune et de garder intacts ses revenus considérables et ses vastes possessions territoriales.

Anciennement, il existait d’autres stalles, datées de l’an 1300 et signées du nom de maître François Ghiuri, de Bari. La signature seule a été préservée de la destruction, qui a atteint malheureusement l’œuvre entière. La voici telle qu’elle m’a été communiquée par un chapelain, qui l’a relevée dans une ancienne histoire de la collégiale: opus magistri fuancisci ghiuri sergii de bario mccccc.

Je ne crois pas m’écarter de la vérité en avançant que ces stalles

! . Ce chiffre ne doit pas trop nous étonner, car en France nous avions des chapitres aussi considérables, par exemple celui de Brioude, où l’on compta quatre-vingt chanoines de 1049 à 1424; plus tard Martin V réduisit à cinquante-neuf les chanoines de la collégiale et, avant la révolution, le total du clergé de l’église montait à quatre-vingt-onze, dont quarante-huit chanoines.

devaient ôtre exécutées en marqueterie de bois de diverses nuances et représenter des dessins variés, fleurs, paysages, animaux, figures, etc. Ce type n’est pas rare à cette époque en Italie, et tout le monde connaît en ce genre les boiseries de la bibliothèque Vaticane^ de la sacristie de St-Paul-hors-les-Murs, du dôme de Pise, de la sacristie de Ste-!\Iarie-des-Gràces à Milan, mais surtout de l’abbaye du Mont- Olivet-Majeur, qui sont un peu plus anciennes.

Page 1