Voyez la note 2 de la page 582 du Ier volume
tous les êtres sensibles ! tant le feu de l'amour a de routes pour se communiquer 1 a.
Nous ne pouvons mieux terminer cette histoire des serins que par l'extrait d'une lettre de M. Daines Barringlon , vice-président de la Société royale, sur le chant des oiseaux, à M. Maty.
« La plupart de ceux qui ont des serins des Canaries ne savent pas que « ces oiseaux6 chantent ou comme la farlouse, ou comme le rossignol; « cependant rien n'est plus marqué que ce trait du chant du rossignol que « les Anglais appellent/^, et que la plupart des serins du Tyrol expriment « dans leur chant, aussi bien que quelques autres phrases de la chanson du « rossignol.
« Je fais mention de la supériorité des habitants de Londres dans ce « genre de connaissances, parce que je suis convaincu que si l'on en conte suite d'autres sur le chant des oiseaux, leur réponse ne pourra que jeter « dans l'erreur. »
Les oiseaux étrangers qu'on pourrait rapporter à l'espèce du serin sont en assez petit nombre : nous n'en connaissons que trois espèces. La première est celle qui nous a été envoyée des côtes orientales de l'Afrique sous le nom de serin de Mozambique1, qui nous paraît faire la nuance entre les
a. Nous ajouterons ici deux petits faits dont nous avons été témoins. Une femelle chantait si bien qu'on la prit pour un mâle, et on l'avait appariée avec une autre femelle : mieux reconnue on lui donna un mâle qui lui apprit les véritables fonctions de son sexe ; elle pondit et ne chanta plus. L'autre fait est celui d'une femelle actuellement vivante, qui chante ou plutôt qui siffle un air, quoiqu'elle ait pondu deux œufs dans sa cage, qui se sont trouvés clairs comme tous les œufs que les oiseaux femelles produisent sans la communication du mâle.
b. J'ai vu deux de ces oiseaux des îles Canaries qui ne chantaient point du tout, et j'ai su que dernièrement un vaisseau apporta une grande quantité de ces oiseaux qui ne chantaient pas davantage ; la plupart de ceux qui viennent du Tyrol ont été instruits par leurs père et mère, et ceux-ci par leurs père et mère, et ainsi de suite jusqu'à celui qui est le tronc de cette race , et qui avait été instruit par un rossignol. Ceux d'Angleterre chantent pour l'ordinaire comme la farlouse.
Le trafic de ces oiseaux fait un petit article de commerce; le seul Tyrol nous en fournit 1,600 par an , et quoique les marchands qui nous les fournissent les apportent sur leur dos l'espace de plus de 330 lieues, ils ne les vendent que 5 schelings la pièce. La principale ville où l'on élève des serins , est celle d'Inspruck , en y comprenant ses environs : c'est de là que le commerce les répand à Constantinople et dans toute l'Europe.
Je tiens d'un négociant du Tyrol, que la ville de Constantinople était, de toutes les villes, celle qui tirait le plus de serins des Canaries. Trans. philos., vol. LXIII,part. n, 10 janvier 1773