LES VEUVES
Toutes les espèces de veuves se trouvent en Afrique, mais elles n'appartiennent pas exclusivement à ce climat, puisqu'on en a vu en Asie et jusqu'aux îles Philippines : toutes ont le bec des granivores, de forme conique, plus ou moins raccourci, mais toujours assez fort pour casser les graines dont elles se nourrissent ; toutes sont remarquables par leur longue queue, ou plutôt par les longues plumes qui, dans la plupart des espèces, accompagnent la véritable queue du mâle, et prennent naissance plus haut ou plus bas que le rang des pennes dont cette queue est composée ; toutes enfin, ou presque toutes, sont sujettes à deux mues par an, dont l'intervalle, qui répond à la saison des pluies, est de six à huit mois, pendant lesquels les mâles sont privés, non-seulement de la longue queue dont je viens de parler, mais encore de leurs belles couleurs et de leur joli ramage " ; ce n'est qu'au retour du printemps qu'ils commencent à recouvrer les beaux sons de leur voix, à reprendre leur véritable plumage, leur longue queue, en un mot tous les attributs, toutes les marques de leur dignité de mâle.
Les femelles, qui subissent les mêmes mues, non-seulement perdent moins, parce qu'elles ont moins à perdre, mais elles n'éprouvent pas même de changement notable dans les couleurs de leur plumage.
Quant à la première mue des jeunes mâles, on sent bien qu'elle ne peut avoir de temps fixe, et qu'elle est avancée ou retardée suivant l'époque de leur naissance : ceux qui sont venus des premières pontes commencent à prendre leur longue queue dès le mois de mai; ceux au contraire qui sont venus des dernières pontes, ne la prennent qu'en septembre et même en octobre.
a. Les veuves chantent en effet très-agréablemeat, et c'est une des raisons qui déterminent M. Edwards à juger qu'elles doivent être rapportées aux pinsons plutôt qu'aux moineaux.
* Genre Moineaux, sous-genre Veuves (Cuv.). — « On ne sait pourquoi Linnœus et Gmelin « ont associé ces oiseaux aux bruants, sous les noms i'emberiza regia , emberiza serena , « emberiza paradisœa, emberiza panayensis, emberiza lungicauda,etc. Si on ne laisse pas 'i lec veuves avec le; linottes, on ne peut les placer qu'avec les gros-becs. » (Cuvicr. )