LE TOUPET BLEU. 2S
l'assure, ceux-ci de la Louisiane et l'autre de l'île de Java, on ne pourrait s'empêcher de regarder celui dont il s'agit dans cet article comme appartenant à la même espèce : on est même tenté de l'y rapporter, malgré celte différence prétendue de climat, vu la grande incertitude de la plupart des notes par lesquelles on a coutume d'indiquer le pays natal des oiseaux. Il a la partie antérieure de la tête et la gorge d'un assez beau bleu; le devant du cou d'un bleu plus faible; le milieu du ventre rouge; la poitrine, les flancs, le bas-ventre, les jambes, les couvertures inférieures de la queue et des ailes, d'un beau roux; le dessus de la tête et du cou, la partie antérieure du dos et les couvertures supérieures des ailes vertes; le bas du dos et le croupion d'un roux éclatant; les couvertures supérieures de la queue rouges ; les pennes de l'aile brunes bordées de vert ; celles de la queue de même, excepté les intermédiaires qui sont bordées de rouge; le bec couleur de plomb, les pieds gris; il est un peu plus petit que le friquet.
Longueur totale quatre pouces; bec six lignes, pieds six lignes et demie, doigt du milieu sept lignes, vol près de sept pouces, queue treize lignes, composée de douze pennes, dépasse les ailes de six à sept lignes.
LE PAREMENT BLEU.a*
On ne peut parler de cet oiseau , ni le classer que sur la foi d'Aldrovande, et cet écrivain n'en a parlé lui-même que d'après un portrait en couleur, porté en Italie par des voyageurs japonais qui en firent présent à M. le marquis Fachinello. Tels sont les documents sur lesquels se fonde ce que j'ai à dire du parement bleu. On verra facilement en lisant la description pourquoi je lui ai donné ce nom.
Il a toute la partie supérieure verte, toute l'inférieure blanche; les pennes de la queue et des ailes bleues, à côtes blanches; le bec d'un brun verdàtre, et les pieds noirs. Quoique cet oiseau soit un peu plus petit que notre verdier, et qu'il ait le bec et les pieds plus menus, Aldrovande était convaincu qu'Aristote lui-même n'aurait pu s'empêcher de le rapporter à ce genre. C'est ce qu'a fait M. Brisson, au défaut d'Arislote ; et nous n'avons aucune raison de ne point suivre l'avis de ce naturaliste.
a. « Chloris Indica virioni congener. » Aldrovande. Qrnithol., lit», xvin , cap. xvhi. — « Chlo « ris Indica. » Jonston. Av., p. 71. — « Passer supernè viridis, inferuè candidus; remigibus « rectricibusque caeruleis, scapis albis prœditis... » Chloris Indica minor. Le petit verdier des Indes. Brisson, t. III , p. 197.
* Emberisa viridis (Gm°l.)- — Espèce douteuse.
2oG ' LE VERT-BRUNET.
LE YERT-BRUNET.a*
Il a le bec et les pieds bruns; le dessus de la tète et du cou, le dos, la queue et les ailes d'un vert-brun très-foncé; le croupion, la gorge et toute la partie inférieure jaunes; les côtés de la têle variés des deux couleurs, de telle sorte que le jaune descend un peu sur les côtés du cou.
Le verdier des Indes de M. Edwards6 pourrait être regardé comme une variété dans cette espèce, car il a aussi tout le dessus vert-brun et le dessous jaune : il ne diffère qu'en ce que le vert-brun est moins foncé et s'étend sur le croupion; que les côtés de la tête ont deux bandes de celte même couleur, dont l'une passe sur les yeux et l'autre , qui est plus foncée et plus courte, passe au-dessous de la première, et en ce que les grandes pennes des ailes sont bordées de blanc. Le vert-brunet est un peu plus gros que le serin de Canarie, et le surpasse, dit M. Edwards, par la beauté de son ramage.
Longueur totale, quatre pouces et demi; bec, quatre lignes et demie; tarse, six lignes et demie; doigt du milieu , sept lignes; queue, dix-neuf lignes, un peu fourchue, dépasse les ailes de neuf à dix lignes.
LE VERDINERE.»
Excepté la tête, le cou et la poitrine qui sont noires, tout le reste du plumage est vert; on dirait que c'est un verdier qui a mis un capuchon noir. Cet oiseau est très-commun dans les bois des îles de Bahama ; il chante
a. a Fringilla vireas, superciliis, pectore, abdomineque flavis, remigibus primoribus mar- « giae exteriore albis. Fringilla butyracea. » Linnaeus, Syst. nat., édit. X, g. 98, sp. 17, p. 181. — Loriot ou verdier. Kolbe. Description du cap de Bonne-Espérance, t. III, p. 64. — « Passer supernè viridi-olivaceus , infernè luteus; taenia uti inique supra oculos luteâ, per « oculos viridi-olivaceà, infra oculos nigrà; remigibus viridi-olivaceis , oris majorum exte- « rioribus albis; rectricibus dilutè viridi-flavis. » Chloris Indica. Le verdier des Indes. Biissoi, Ornithol., t. III, p. 195.
b. The Indian green finch, pinson des Indes : M. Hawkins l'a esquissé dans l'ile de Madère, où il avait été apporté d'ailleurs sous le nom de bengala ; on a su depuis qu'il venait des Indes orientales. Edwards, pi. 84. M. Linnaeus dit qu'il se trouve à Madère, mais il est aisé de voir que ce n'est qu'une citation imparfaite du passage de M. Edwards dont je viens de rendre compte.
c. «Bahama sparrow, passer bicolor Bihaniensis. » Catesby, n° 37. — « Passer sordide « viridis; capite, collo et pectore nigris; remigibus rectricibusque sordide viridibus. » Chloris Bahamensis, le pinson de Bahama. Brisson, Ornithol., t. III, p. 202. — « Fringilla capite « pectoreque nigris ; dorso, aliscaudâque obscure virescentibus... » Zena. Linnaeus. Syst. nat., édit. X, g. 98, sp. 31. — M. Linnaeus a donné le même nom de zena à la quinzième espèce du même genre (98) qui est notre pinson à tète noire et blanche;
* Loxia butyracea (Linn.). — Fringilla butyracea (Vieill.). " Fring'lla bicclor (Linn.)- — l'asserina bicolor (Vieill.).
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LE VERDINËRE. 257
perché sur la cime des arbustes, et répète toujours le même air comme notre pinson. Sa grosseur est égale à celle du canari.
Longueur totale, quatre pouces; bec, quatre lignes et demie; queue, dix-neuf lignes, dépasse les ailes de neuf à dix lignes.
LE VERDERIN.*
Nous appelons ainsi ce verdier, parce qu'il a moins de vert que les précédents. Il a aussi le bec plus court; le tour des yeux d'un blanc verdâtre; toutes les plumes du dessus du corps, compris les pennes moyennes des ailes, leur couverture et les pennes de la queue, d'un vert brun bordées d'une couleur plus claire ; les grandes pennes des ailes noires; la gorge et tout le dessous du corps jusqu'aux jambes d'un roux sombre moucheté de brun; le bas-ventre et les couvertures inférieures de la queue d'un blanc assez pur. Cet oiseau se trouve à Saint-Domingue.