‹ Œuvres compláetes avec la nomenclature linnâeenne et la classification de Cuvier, reviser et annotâeesChapitre 21 sur 459 · L'ARC -EN -QUEUE · texte numérisé non relu

L'ARC -EN -QUEUE

Fernandcz donne le nom d'oziniscan b à deux oiseaux qui ne se ressemblent point du tout °, et Seba a pris la licence d'appliquer ce même nom à un troisième oiseau, qui diffère entièrement des deux autres11, excepté pour la grosseur, car ils sont dits tous trois avoir la grosseur d'un pigeon.

Ce troisième oziniscan, c'est l'arc-en-queue dont il s'agit dans cet article. Je le nomme ainsi à cause d'un arc ou croissant noir qui paraît et se dessine très-bien sur la queue lorsqu'elle est épanouie, d'autant qu'elle est d'une belle couleur jaune, ainsi que le bec et le corps entier, tant dessus que dessous; la tête et le cou sont noirs, et les ailes de la même couleur, avec une légère teinte de jaune.

J'oubliais de dire que le croissant de la queue a sa concavité tournée du côté du corps de l'oiseau.

Seba ajoute qu'il a reçu d'Amérique plusieurs de ces oiseaux, et qu'ils passent dans le pays pour des espèces d'oiseaux de proie; peut-être ont-ils les mêmes habitudes que notre premier troupiale : d'ailleurs, la figure que donne Seba présente un bec un peu crochu vers la pointe.

LE JAPACANI.'**

Je sais que M. Sloane a cru que son petit gobe-mouche jaune et bruni, était le même que le japacani de Marcgrave; cependant, indépendamment des différences de plumage, le japacani est buit fois plus gros, masse pour masse, toutes ses dimensions étant doubles de celles de l'oiseau de M. Sloane; car celui-ci n'a que quatre pouces de longueur et sept pouces de vol, tandis que, selon Marcgrave, le japacani est de la grosseur du bemlère1, et le bemtèrcde celle de l'étourneaus'; or l'étourneau a plus de huit

a. C'est le troupiale à queue annelée de Brisson.

b. Tome II, p. 89. La véritable orthographe sauvage ou brésilienne de ce mot, est otzinitzcan.

c. De Avibus nova Hispaniœ, cap. lxxxvi et clvi.

d. Seba, t. I, p. 97, planche lxi, fig. 3.

e. C'est le nom brésilien de cet oiseau. Marcgrave, Hist. Brasil., p. 212. Je n'y change rien parce qu'il peut être prononcé par un gosier européen. M. Klein lui a donné le nom de rossi' gnol jaune et brun. Ordo Avium, p. 75, n° xm. En allemand, gell-braun-grasmuke.

f. Natural Ilistory of Jamaïca, p. 309, n° xliii.

g. Hist. Brasilia?, p. 21G.

* Oriolus annulants (GmeL). Espèce douteuse.

** Oriolus japacani (Gmcl. ).

1. Le bentaveo ou tyran à bec en cuiller (lanius pitangua (GmeL).

LE JAPACANI. 2\

pouces de longueur et plus de quatorze pouces de vol. Il est difficile de rapporter à la même espèce deux oiseaux, et surtout deux oiseaux sauvages de tailles si différentes.

Le japacani a le bec noir, long, pointu, un peu courbé, la tête noirâtre, l'iris couleur d'or, la partie postérieure du cou, le dos, les ailes et le croupion, variés de noir et de brun clair; la queue noirâtre par-dessus, marquée de blanc par-dessous, la poitrine, le ventre, les jambes, variés de jaune et de blanc avec des lignes transversales de couleur noirâtre, les pieds bruns, les ongles noirs et pointus"1.

Le petit oiseau de M. Sloane a le bec rond, presque droit, long d'un demi-pouce; la tête et le dos d'un brun clair avec quelques taches noires; la queue longue de dix-huit lignes et de couleur brune, ainsi que les ailes, qui ont un peu de blanc à leur extrémité; le tour des yeux, la gorge, les côtés du cou et les couvertures de la queue jaunes; la poitrine de même couleur, mais avec des marques brunes; le ventre blanc; les pieds bruns, longs de quinze lignes, et du jaune dans les doigts.

Cet oiseau est commun aux environs de San-Iago, capitale de la Jamaïque : il se tient ordinairement dans les buissons. Son estomac est trèsmusculeux, et doublé, comme sont tous les gésiers, d'une membrane mince, insensible et sans adhérence. M. Sloane n'a rien trouvé dans le gésier de l'individu qu'il a disséqué, mais il a observé que ses intestins faisaient un grand nombre de circonvolutions.

Le même auteur fait mention d'une variété d'espèce qui ne diffère de son petit oiseau qu'en ce qu'elle a moins de jaune dans son plumage.

Cet oiseau sera, si l'on veut, un troupiale à cause de la forme de son bec, mais ce sera certainement un troupiale autre que le japacani.

LE XOCHITOL ET LE COSTOTOL. *

M. Brisson fait sa dixième espèce, ou son troupiale de la Nouvelle-Espagne'', du xochitol de Fernandez, chap. cxxn, que celui-ci dit n'être autre chose que le costotol adulte. Or, il fait mention de deux costotols, l'un au chap. xxviii, l'autre au chap. cxliii, et tous deux se ressemblent assez; mais s'ils différaient à un certain point, il faudrait nécessairement appliquer ce que dit ici Fernandez au costotol du chap. xxvm, puisque c'est au chap. cxxn qu'il en parle comme d'un oiseau dont il a déjà été question, et que l'aulre costotol est, comme nous l'avons dit, du chap. cxliii.

a. Voyez Marcgrave, loco citalo.

b. Ornithologie, t. II, p. 95.

* Oriolus novœ Hispaniœ (Gmel.). — Icterus costotol (Daudin.)

82 LE XOCHITOL ET LE COSTOTOL.

Maintenant, si l'on compare la description du xochitol du chap. cxxu a celle du costotol du chap. xxvui, on y trouvera des contradictions qui ne seront pas faciles à concilier : en effet, comment le costotol, qui, étant déjà assez formé pour avoir son chant, n'est alors que de la grosseur d'un serin de Canarie, peut-il parvenir dans la suite à celle de l'étourneau? Comment cet oiseau, qui étant encore jeune, ou si l'on veut n'étant encore que costotol, a le ramage agréahle du chardonneret, peut-il, étant devenu xochitol, n'avoir plus que le cri rehulant de la pie, sans parler de la grande et trop grande différence qui se trouve entre les plumages; car le costotol a la tête et le dessous du corps jaunes, et le xochitol du chap. cxxu a ces mêmes parties noires; celui-là a les ailes jaunes terminées de noir, celui-ci les a variées de noir et de hlanc par-dessus et cendrées par-dessous, sans une seule plume jaune.

Or, toutes ces contradictions s'évanouissent si, au xochitol du chap. cxxu, on suhstitue le xochitol ou l'oiseau fleuri du chap. cxxv. Les grosseurs id rapprochent, puisqu'il n'est que de celle d'un moineau; il a le ramage agréable comme le costotol ; le jaune de celui-ci se trouve mêlé avec les autres couleurs qui varient le plumage de celui-là; ils sont tous deux un bon manger, et de plus le xochitol présente deux traits de conformité avec les troupiales, car il vit comme eux d'insectes et de graines, et il suspend son nid à l'extrémité des petites branches. La seule différence qu'on peut remarquer entre le xochitol du chap. cxxv et le costotol, c'est que celui-ci se trouve dans les pays chauds, au lieu que l'autre habite indifféremment tous les climats; mais n'est-il pas naturel de penser que les xochitols viennent nicher dans les pays chauds, où par conséquent leurs petits, c'est-àdire les jeunes costotols, restent jusqu'à ce qu'étant devenus plus grands, c'est-à-dire xochitols, ils soient en étal de suivre leurs père et mère dans des pays plus froids. Le costotol a le plumage jaune avec le bout des ailes noir, comme j'ai dit; et le xochitol du chap. cxxv a le plumage varié de jaune pâle, de brun, de blanc et de noirâtre.

Il est vrai que M. Brisson a fait de ce dernier son premier carougc; mais comme il suspend son nid précisément à la manière des troupiales, c'est une raison décisive de le ranger avec ceux-ci, sauf à faire un autre troupiale du xochitol du chap. cxxu de Fernandez, lequel a la grosseur de l'étourneau, la poitrine, le ventre et la queue couleur de safran, variée d'un peu de noir; les ailes variées de noir et de blanc par-dessus, et cendrées par-dessous; la tête et le reste du corps noirs, le chant de la pie, et la chair bonne à manger.

C'est , ce me semble, tout ce qu'on peut dire d'oiseaux si peu connus et si imparfaitement décrits.

LE TOCOLIN. 33

LE TOCOLIN."

Fernandez regardait cet oiseau comme un pic à cause de son bec long cl pointu, mais ce caractère convient aussi aux troupiales, et je ne vois d'ailleurs dans la description de Fernandez aucun des autres caractères des pics; je le laisserai donc avec les troupiales, où l'a mis M. Brisson.

Il est de la grosseur de l'étourncau ; il se tient dans les bois et niche sur les arbres; son plumage est agréablement varié de jaune et de noir, excepté le dos, le ventre et les pieds, qui sont cendrés.

Le tocolin n'a point de ramage, mais sa chair est un bon manger : on le trouve au Mexique.

C'est ici le véritable acolchi de Fernandez6 : il doit son nom de commandeur à la belle marque rouge qu'il a sur la partie antérieure de l'aile, et qui semble avoir quelque rapport avec la marque d'un ordre de chevalerie; elle fait ici d'autant plus d'effet, qu'elle se trouve comme jetée sur un fond d'un noir brillant et lustré, car le noir est la couleur générale non-seulement du plumage, mais du bec, des pieds et des ongles; il y a cependant de légères exceptions à faire ; l'iris des yeux est blanc, et la base du bec est bordée d'un cercle rouge fort étroit; le bec est aussi quelquefois plutôt brun que noir, suivant Albin. Au reste, la vraie couleur de la marque des ailes n'est pas un rouge décidé, selon Fernandez, mais un rouge affaibli par une teinte de roux qui prévaut avec le temps, et devient à la fin la couleur dominante de cette tache : quelquefois même ces deux couleurs se séparent, de manière que le rouge occupe la partie antérieure et la plus élevée de la tache, et le jaune la partie postérieure et la plus basse ". Mais cela est-il vrai de tous les individus, et n'aura-t-on pas attribué à l'espèce entière ce qui ne convient qu'aux femelles? On sait qu'en effet, dans cellesci, la marque des ailes est d'un rouge moins vif : outre cela, le noir de leur plumage est mêlé de gris"1, et elles sont aussi plus petites.

a. Son vrai nom c'est Vococolin, Fernandez, p. 54, cap. ccxi ; mais, comme j'ai déjà appliqué ce nom à un autre oiseau (tome V, p. 488) , je l'ai changé ici en y ajoutant la première lettre du mot troupiale. C'est le troupiale gris de M. Brisson, t. II, p. 90.

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