‹ Œuvres compláetes avec la nomenclature linnâeenne et la classification de Cuvier, reviser et annotâeesChapitre 258 sur 459 · LE TEITÉ. "' CINQUIÈME PETITE ESPÈCE · texte numérisé non relu

LE TEITÉ. "' CINQUIÈME PETITE ESPÈCE

C'est le nom que porte cet oiseau dans son pays natal, au Brésil, où Marcgrave est le premier qui l'ait observé. La planche enluminée, n° 114, fig. 2, sous le nom de tangara du Brésil, représente exactement la grandeur et les couleurs du mâle. Marcgrave n'a point fait mention de la femelle, elle diffère si fort du mâle qu'on pourrait la prendre pour une autre espèce, car elle a le dessus du corps d'un vert d'olive, un peu de jaune sur le front et au-dessous du bec, et le reste d'un jaune d'olive : ce qui, comme l'on voit, est fort différent des couleurs du mâle, qui sont d'un bleu foncé sur le corps, et d'un beau jaune sur le front, sous la gorge et sous le ventre.

Dans le jeune oiseau les couleurs sont un peu différentes : il a le dessus du corps olivâtre, semé de quelques plumes du bleu foncé dont il doit devenir, et sur le front le jaune n'est pas encore d'une couleur décidée. Les plumes ne sont que grises, et seulement un peu jaunes à la pointe; et à l'égard du dessous du corps, il est d'un aussi beau jaune dans l'oiseau jeune que dans l'adulte.

L'on remarque les mêmes changements dans le plumage de cet oiseau, que ceux qu'on a observés dans l'espèce précédente. Le nid est aussi fort semblable à celui du jacarini, seulement il est d'un tissu moins serré et composé d'herbes rougeâtres, au lieu que celui du jacarini est tissu d'herbes grises. La figure 1" de la planche enluminée, n° 114, sous le nom de (angora de Cayenne, présente une variété du leité6 ' ; les créoles de Cayenne lui

a. « Teitei Brasiliensibus; quam etiam vocant guiranhemgera et guraundi. » Marcgrave , Ilist. nat. Bras. , p. 212. — « Guranhœ-engera. » J. de Laët. Hist. du nouveau monde , p. 557. — « Teitei Brasiliensibus; quam etiam vocant guiranhemgera et guraundi. » Jonston, Avi., p. 145. — « Guranhae-engera. » Iiid. , p. 125. — « Teitei Brasiliensibus; quam etiam vocant « guiranhemgera et guraundi Maregravii. » Willugkby, Ornithol , p. 194. — « Teitei Brasiliensibus ; quam etiam vocant guiranhemgera et guraundi Maregravii. » Ray, Syn. Avi., p. 92, n° 12. — Golden Ht mouse , mésange dorée. Edwards, Glan., p. 112, avec une fîg. coloriée, pi. 263. — « Fringilla violacea, fronte subtusque flavissima... Fringilla violacea. » Linnœus, Syst. nat., édit. X, p. 182. — «Tangara supernè nigra, chalybis politi colore resplendens, « infernè lutea; syncipite luteo; remigibus interiùs prima medietate candidis; rectricibus « nigris, chalybis politi colore resplendentibus , lateralibus interiùs ultimà medietate albis « (Mas). — Tangara supernè viridi-olivacea, infernè flavo-olivacea; syncipite ad flavum incli- « nante; gutture cinereo; rectricibus saturatè cinereis, oris exterioribus viridi-olivaceis , « duabus utrimque extimis interiùs margine albis (Fœmina)... Tangara Brasiliensis nigro- « lutea. » Brisson, Ornithol., t. III, p. 31 et pi. 2, flg. 2. — a Teitei. » Salerne, Ornithol., p. 290, n° 11.

6. « Tangara supernè nigra, chalybis politi colore refulgens, infernè lutea; syncipite luteo ; « universo collo nigro, remigibus interiùs prima medietate candidis; rectricibus nigris, cha-

* Tanagra violacea (Linn.). — Sous-genre Euphones ou Tangaras-Bouvreuils (Cuv. )•

1. Desmaiets a fait deux espèces de ces deux figures. La figure 2 est son euphonïa violacea, et la figure 1 son euphonia chlorotica.

308 LE TEITÉ.

ont donné le nom de petit-louis, aussi bien qu'au premier teité : tous deux sont très-communs à la Guiane, à Surinam », ainsi qu'au Brésil6; ils vivent comme le jacarini dans les terres défrichées qui entourent les habitations ; ils se nourrissent de même des différentes espèces de petits fruits que portent les arbrisseaux ; ils se jettent aussi en grand nombre sur les plantations de riz, et l'on est obligé de les faire garder pour les en chasser.

On peut les élever en cage où ils se plaisent, pourvu qu'on les mette cinq ou six ensemble ; ils ont le sifflet du bouvreuil, et on les nourrit des plantes que l'on nomme, au Brésil, paco et mamao c.

LE TANGABA NÈGBE.**

SIXIÈME PETITE ESPÈCE

Ce petit oiseau est d'un bleu si foncé qu'il parait parfaitement noir, et que ce n'est qu'en le regardant de près que l'œil est frappé de quelques reflets bleus ; il a seulement des deux côtés de la poitrine une tache orangée qui est recouverte par l'aile et qui ne s'aperçoit pas, à moins qu'elle ne soit étendue : de sorte que dans son attitude ordinaire l'oiseau parait entièrement noir.

Il est de la même grandeur que les précédents ; il vit dans les mêmes lieux, mais il est beaucoup plus rare dans la Guiane.

Yoilà tous les tangaras grands, moyens et petits, dont il nous a été possible de constater les espèces; il reste sept ou huit oiseaux donnés par M. Brisson, comme formant des espèces de ce genre; mais comme il n'a pu les décrire que d'après des indications vagues et incomplètes d'auteurs peu exacts, l'on ne peut décider s'ils sont en effet du genre des tangaras ou de quelque autre genre ; nous allons néanmoins en donner l'énumération :

1° L'oiseau des herbes ou xiuhtototlt de Fernandeze, qui a tout le corps bleu, semé de quelques plumes fauves, les pennes de la queue noires, ter-

« lybis politi colore resplendentibus , extimà interiùs albà macula insignità... Tangara Caya- « nensis nigro lutea. » Brisson, Ornithol., t. III , p. 34; et pi. 2, fig. 3.

a. Edwards, Glau., page 112.

b. Marcgrave, Hist. nat. Bras., pag. 212.

c. Marcgrave , Willugliby, etc.

J. « Tangara uigra , cbalybis politi colore resplendens; macula utrimque in pectore luteà, s ad aurantium vergente; tectricibus inferioribus corpori finitimis sulplmreis, reliquis can- « didis, rectricibus nigris , supernè cbalybis politi colore resplendentibus... Tangara Cayanensis « nigra. » Brisson, Ornithol., t. III, p. 29; et pi. 2, fig. 1.

e. Xiuhtotollt scu herbarum avis. Fera. Hist. nov. Hisp., p. 39, cap. 120.— «Tangara cyanea, « fulvis ma ulis varia; alis supernè cyanco, fulvo et nigro varicgatis, infernc cinereis; rectri- « cibus nigris apice albis. . Tangara cœrulea novae Hispaniae. » Brisson, Ornithol, t. III, p. 15.

* Tanagra cayennensis (Linn. ). — Sous-genre id.

LE TANGARA NEGRE. 309

minées de blanc, le dessous des ailes cendré, et le dessus varié de bleu, de fauve et de noir; le bec court, un peu épais et d'un blanc roussâtre, les pieds gris.

Cet auteur ajoute qu'il est un peu plus grand que notre moineau-franc, qu'il est très-bon à manger, qu'on le nourrit en cage, et que son ramage n'est pas désagréable; il ne nous est pas possible, d'après cette courte indication , de décider si cet oiseau est ou non du genre des tangaras : il est vrai qu'il se trouve au Mexique, et qu'il est de la taille de nos grands tangaras; mais cela ne suffit pas pour prononcer, comme l'a fait M. Brisson, qu'il appartient en effet à ce genre '.

2° L'oiseau du Mexique de Seba, de la grandeur d'un moineau11 ; il a tout le corps bleu varié de pourpre, à l'exception des ailes, qui sont variées de rouge et de noir ; la tête est ronde, les yeux et le jabot sont garnis en dessus et en dessous d'un duvet noirâtre ; les couvertures inférieures des ailes et de la queue sont d'un cendré jaunâtre. On met cet oiseau au nombre des oiseaux de chant6.

Cette indication est, comme l'on voit, beaucoup trop vague peur que l'on puisse décider, comme l'a fait M. Brisson, que cet oiseau est du genre des tangaras, parce qu'il n'a rien de commun avec eux que de se trouver au Mexique et d'être de la grandeur d'un moineau, car la planche de Seba, ainsi que toutes les autres planches de cet auteur sont si imparfaites, qu'elles ne donnent aucune idée nette de ce qu'elles représentent.

3° Le guira-perea du Brésil, de Marcgrave0; il est de la grosseur d'une alouette : son bec est noir, court et un peu épais; tout le dessus du corps et le ventre sont d'un jaune foncé tacheté de noir; le dessous de la tête et du cou, la gorge et la poitrine sont noires, les ailes et la queue ont leurs pennes d'un brun noirâtre, et quelques-unes sont bordées extérieurement de vert; les pieds sont d'un cendré obscur d.

Il nous parait, par cette courte description, que l'on pourrait rapporter cet oiseau plutôt au genre du bouvreuil qu'à celui du tangara2.

a. Seba, vol. I, p. 94. — Emberiza Mexieana magnitudine passeris. Klein, Avi., p. 92 , n° 8. — « Tangara caerulea cum aliquà purpurei mixturà; oculorum ambitu et gutture nigri- « cantibus; alis supeinè nigris; minii colore variegatis; rectricibus caeruleis, aliquid purpurei « admixtum babentibns... Tangara Mexieana cœrulea. » Brisson, Ornithol., t. III , p. 16.

b. Seba, t. I, page 94.

c. Guira-perea Brasiliensibus. Marcg. Hist. nat. Brasil., p. 212. — Guira perça Brasiliensibus. Jonston, Avium, p. 145.— Guira-perea Brasiliensibus Marcgravii. Willughby, Ornith., p. 188. — Guira-perea Brasiliensibus Marcgravii. Ray, Syn. avi. p. 89, n° 4. — « Tangara obscure flava , ventre maculis nigris vario ; collo inferiore et pectore nigris : rectri- « cibus fusco-nigricantibus, oris exterioribus thalassinis... Tangara Brasiliensis flava. » Drisson, Ornithol., t. III , p. 39. — Guira-perea. Salerne, Ornithol., p. 273, n° 4.

d. Marcgiave, Willughby, etc.

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