XI. — l'azuroux. a
C'est encore M. Brisson qui a fait connaître cet oiseau, lequel est aussi originaire du Canada. Il a le dessus de la tête d'un roux obscur; la partie supérieure du cou et le dessus du corps variés de ce même roux obscur et de bleu; le roux est moins foncé sur les petites couvertures des ailes, ainsi que sur les grandes, qui sont bordées et terminées de cette couleur ; les pennes des ailes et de la queue sont brunes, bordées de gris-bleu ; le bec et les pieds gris-bruns.
Longueur totale, quatre pouces un quart; bec, cinq lignes; vol, sept pouces un tiers ; queue, un pouce, composée de douze pennes, ne dépasse les ailes que de quatre lignes.
On appelle ainsi dans l'île de Cayenne une espèce de bruant qui a coutume de chanter au point du jour, et que les colons sont à portée d'entendre, parce qu'il vit autour des maisons. Quelques-uns l'appellent bruant de Cayenne; il ressemble si parfaitement à celui du cap de Bonne-Espérance, représenté dans les planches enluminées, n° 386, fig. 2, que M. de Sonnini le regarde comme le même oiseau sous deux noms différents, d'où il suit nécessairement que l'une de ces deux dénominations est fautive; et comme, suivant M. de Sonnini, ce bruant est naturel à l'île de Cayenne, il est plus que probable qu'il ne se trouve au cap de Bonne-Espérance que lorsqu'il y est porté par les vaisseaux. Une autre conséquence plus générale que l'on doit tirer de là, c'est que toutes ces dénominations, en partie géographi-
a. J'ai composé ce nom de deux mots qm rappellent les principales couleurs du plumage. — « Emberiza ex rufo et cœruleo varia ; capitis vertice obscure rufo : remigibus rectricibusque « fuscis, oris exterioribus griseo-caeruleis . » Emberiza Canadensis cœrutea, le bruant bleu de Canada. Brisson, t. III , p. 298.
* Emberiza cœrulea (Gmel. ). — Emberiza cyanea (Lath.) •* Emberiza capensis ( Lath. ). — Sous-genre Moineaux proprement dits (Cuv. ).
ques, où l'on fait entrer le nom du pays comme marque distinctive, sont équivoques, incertaines et ne valent pas à beaucoup près celles que l'on tire des caractères propres à l'animal dénommé : 1° parce que cet animal peut se trouver dans plusieurs pays; 2° parce qu'il arrive souvent qu'un animal n'est point aborigène du pays d'où on le tire, surtout d'un pays tel que le cap de Bonne-Espérance, où abordent des vaisseaux venant de toutes les parties du monde.
Les bonjour-commandeurs ont le cri aigu de nos moineaux de France ; ils sont le plus souvent à terre, comme les bruants, et presque toujours deux à deux.
Le mâle a sur la tète une calotte noire traversée par une bande grise; les joues cendrées; une raie noire qui s'étend de la base du bec à la calotte dont j'ai parlé; au-dessous de cette calotte, par derrière, un demi-collier roux; le dessus du corps d'un brun verdâtre, varié sur le dos par des taches noires oblongues; les couvertures des ailes bordées de roussâtre; tout le dessous du corps cendré.
Il est un peu plus petit que notre zizi, n'ayant que cinq pouces de longueur totale ; ses ailes sont courtes et vont à peine à la moitié de la queue.