‹ Œuvres compláetes avec la nomenclature linnâeenne et la classification de Cuvier, reviser et annotâeesChapitre 3 sur 459 · Voyez les notes des pages 488, 508 et 514 du Ve volume · texte numérisé non relu

Voyez les notes des pages 488, 508 et 514 du Ve volume

4. Cette histoire des végétaux n'a point été faite. ( Voyez la note de la p. 123 du Ier vol. )

5. Dans l'édition actuelle, la table des chapitres séparera, à l'avenir, les articles des deuï auteurs.

6. On a vu, dans ma note de la p. 406 du Ve volume, mon opinion sur la manière d'écrire de Gueneau de Montbeillard. Le style de Buffon est fort, consistant, solide, parce qu'il est plein d'idées originales et propres. Le style de Gueneau de Montbeillard est faible et sans consistance, quoiqu'il ne manque ni d'art ni d'éclat, parce qu'il ne vit que d'idées empruntées. Là où nous ne trouvons plus ni vues ni pensées nouvelles, il n'y a plus place à uos notes.

7. Buffon a bien le droit de se rendre cette justice. Il était impossible de faire de plus grands progrès en aussi peu de temps.

promptement à l'univers celles de cet excellent voyageur, qui ne s'est pas contenté de bien décrire la nature, mais a fait encore des observations trèsimportantes sur la culture de différentes espèces de grains, sur la navigation de la mer Rouge, sur le cours du Nil, depuis son embouchure jusqu'à ses sources, qu'il a découvertes le premier, et sur plusieurs autres points de géographie et de moyens de communication qui peuvent devenir très-utiles au commerce et à l'agriculture : grands arts peu connus, mal cultivés chez nous, et desquels néanmoins dépend et dépendra toujours la supériorité d'un peuple sur les autres.

Cette espèce est plus célèbre par les qualités fausses et imaginaires qui lui ont été attribuées, que par ses propriétés réelles et vraiment remarquables. Le nom d'oiseau de Paradis fait naître encore dans la plupart des tèles l'idée d'un oiseau qui n'a point de pieds, qui vole toujours, même en dormant, ou se suspend tout au plus pour quelques instants aux branches des arbres, par le moyen des longs filets de sa queue"; qui vole en s'accouplant, comme font certains insectes, et de plus en pondant et en couvant ses œufs 6, ce qui n'a point d'exemple dans la nature; qui ne vit que de vapeurs et de rosée; qui a la cavité de l'abdomen uniquement remplie de graisse au lieu d'estomac et d'intestins0, lesquels lui seraient en effet inutiles par la supposition , puisque, ne mangeant rien, il n'aurait rien à digérer ni à évacuer; en un mot, qui n'a d'autre existence que le mouvement, d'autre élément que l'air, qui s'y soutient toujours tant qu'il respire, comme les poissons se soutiennent dans l'eau , et qui ne touche la terre qu'après sa mortfZ.

Ce tissu d'erreurs grossières n'est qu'une chaîne de conséquences assez bien tirées de la première erreur, qui suppose que l'oiseau de Paradis n'a point de pieds, quoiqu'il en ait d'assez grose; et cette erreur primitive

a. Voyez Acosta, Hist. naturelle et morale des Indes orientales et occidentales , p. 196.

b. On a cru rendre la chose plus vraisemblable en disant que le mâle avait sur le dos une cavité dans laquelle la femelle déposait ses œufs , et les couvait au moyen d'ane autre cavité correspondante qu'elle avait dans Vabdomen, et que, pour assurer la situation de la couveuse, ils s'entrelaçaient par leurs longs filets. D'autres ont dit qu'ils nichaient dans le Paradis terrestre, d'où leur est venu le nom ^oiseaux de Paradis. Voyez Musœum Wormianum , p. 294.

c. Voyez Aldrovande, Ornithologia , t. I, pag. 820.

d. Les Indiens disent qu'on les trouve toujours le bec fiché en terre... Navigations aux terres Australes, t. II, p. 252. Et en effet, conformés comme ils sont, ils doivent toujours tomber le bec le premier.

e. M. Barrère, qui semble ne parler que par conjectures sur cet article, avance que les oiseaux

* Paradisœa apoda (Linn. ). — L'oiseau de Paradis émeraude (Cuv. ). — Oidre id. , famille des Conirostres , genre Oiseaux de Paradis (Cuv. ).

vient elle-même a de ce que les marchands indiens qui font le commerce des plumes de cet oiseau, ou les chasseurs qui les leur vendent, sont dans l'usage, soit pour les conserver et les transporter plus commodément, ou peut-être afin d'accréditer une erreur qui leur est utile, de faire sécher l'oiseau même en plumes, après lui avoir arraché les cuisses et les entrailles; et comme on a été fort longtemps sans en voir qui ne fussent ainsi préparés, le préjugé s'est fortifié au point qu'on a traité de menteurs les premiers qui ont dit la vérité, comme c'est l'ordinaire b.

Au reste, si quelque chose pouvait donner une apparence de prohabilité à la fable du vol perpétuel de l'oiseau de Paradis, c'est sa grande légèreté, produite par la quantité et l'étendue considérable de ses plumes ; car outre celles qu'ont ordinairement les oiseaux, il en a beaucoup d'autres, et de très-longues, qui prennent naissance de chaque côté, dans les flancs, entre l'aile et la cuisse, et qui, se prolongeant bien au delà de la queue véritable, et se confondant pour ainsi dire avec elle, lui font une espèce de fausse queue à laquelle plusieurs observateurs se sont mépris. Ces plumes subalaircs c sont de celles que les naturalistes nomment décomposées ; elles sont très-légères en elles-mêmes, et forment par leur réunion un tout encore plus léger, un volume presque sans masse et comme aérien, très-capable d'augmenter la grosseur apparente de l'oiseaud, de diminuer sa pesanteur spécifique, et'l<> l'aider à se soutenir dans l'air, mais qui doit aussi quelquefois mettre obstacle à la vitesse du vol et nuire à sa direction, pour peu que le vent soit contraire : aussi a-t-on remarqué que les oiseaux de Paradis cherchent à se mettre à l'abri des grands vents", et choisissent pour leur séjour ordinaiie les contrées qui y sont le moins exposées.

Ces plumes sont au nombre de quarante ou cinquante de chaque côté,

de Paradis ont les pieds si courts , et tellement garnis de plumes jusqu'aux doigts, qu'on pour rait croire qu'ils n'en ont point du tout. C'est ainsi qu'en voulant expliquer une erreur, il est tombé dans une autre.

a. Les habitants des îles d'Arou croient que ces oiseaux naissent à la vérité avec des pieds , mais qu'ils sont sujets à les perdre, soit par maladie, soit par vieillesse. Si le fait était vrai , il serait la cause de l'erreur et sou excuse. (Voyez les Observations de J. Otton Helbigius, dans la Collection académique, partie étrangère, t. III, p. 448.) Et s'il était vrai, comme le dit Olatis Vormius ( Musœum, p. 295), que chacun des doigts de cet oiseau eût trois articulations, ce serait une singularité de plus; car l'on sait que dans presque tous les oiseaux le nombre désarticulations est différent dans chaque doigt, le doigt postérieur n'en ayant que deux , compris celle de l'ongle, et parmi les antérieurs l'interne en ayant trois, celui du milieu quatre et l'externe cinq.

b. « Antonius Pigafetta pedes illis palmum unum longos falsissimè tribuit. » Aldrovande t. I , pag. 807.

c. Je les nomme ainsi parce qu'elles naissent sub alâ.

d. Aussi dit-on qu'il a la grosseur apparente du pigeon, quoiqu'il soit en effet moins gros que le merle.

e. Les iles d'Arou sont divisées en cinq îles : il n'y a que celles du milieu où l'on trouve cej oiseaux; ils ne paraissent jamais dans les autres, parce qu'étant d'une nature très-faible, ils ne peuvent pas supporter les grands vents. Helbigius, loco citato.

L'OISEAU DE PARADIS. Ji

et de longueurs inégales; la plus grande partie passe sous la véritable queue, et d'autres passent par-dessus sans la cacher, parce que leurs barbes effilées et séparées composent par leurs entrelacements divers un tissu à larges mailles, et pour ainsi dire transparent : effet très-difficile à bien rendre dans une enluminure.

On fait grand cas de ces plumes dans les Indes, et elles y sont fort recherchées : il n'y a guère qu'un siècle qu'on les employait aussi, en Europe, aux mêmes usages que celles d'autruche, et il faut convenir qu'elles sont très-propres, soit parleur légèreté, soit par leur éclat, à l'ornement et à la parure; mais les prêtres du pays leur attribuent je ne sais quelles vertus miraculeuses qui leur donnent un nouveau prix aux yeux du vulgaire, et qui ont valu à l'oiseau auquel elles appartiennent le nom d'oiseau de Dieu.

Ce qu'il y a de plus remarquable après cela dans l'oiseau de Paradis, ce sont les deux longs filets qui naissent au-dessus de la queue véritable, et qui s'étendent plus d'un pied au delà de la fausse queue formée par les plumes subalaircs. Ces filets ne sont effectivement des filets que dans leur partie intermédiaire : encore cette partie elle-même est-elle garnie de petites barbes très-courtes, ou plutôt de naissances de barbes, au lieu que ces mêmes filets sont revêtus, vers leur origine et vers leur extrémité, de barbes d'une longueur ordinaire. Celles de l'extrémité sont plus courtes dans la femelle; et c'est, suivant M. Brisson, la seule différence qui la distingue du mâle a.

La tête et la gorge sont couvertes d'une espèce de velours formé par de petites plumes droites, courtes, fermes et serrées; celles de la poitrine et du dos sont plus longues, mais toujours soyeuses et douces au toucher. Toutes ces plumes sont de diverses couleurs, comme on le voit dans la figure1, et ces couleurs sont changeantes et donnent différents reflets, selon les différentes incidences de la lumière : ce que la figure ne peut exprimer.

La tête est fort petite à proportion du corps ; les yeux sont encore plus petits et placés très-près de l'ouverture du bec, lequel devrait être plus long et plus arqué dans la planche enluminée : enfin , Clusius assure qu'il n'y a que dix pennes à la queue, mais sans doute il ne les avait pas comptées sur un sujet vivant , et il est douteux que ceux qui nous viennent de si loin aient le nombre de leurs plumes bien complet, d'autant que cette espèce est sujette à une mue considérable et qui dure plusieurs mois chaque année, ils se cachent pendant ce temps-là, qui est la saison des pluies pour le pays qu'ils habitent; mais au commencement du mois d'août, c'est-à-dire après

a. Ornithologie, t. II, p. 135. Les habitants du pays disent que les femelles sont plus petites que les mâles, selon J. Otton Helbigius.

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