LE SCUET DE MADAGASCAR
deux pennes ; le bec de ces oiseaux a sept lignes, il est triangulaire, trèsaplati, très-large à sa base, garni de soies aux angles, et tant soit peu crochu à la pointe; une belle huppe d'un vert noir avec l'éclat de l'acier poli, couchée et troussée en arrière, couvre la tête de ces trois schets ; ils ont l'iris de l'œil jaune et la paupière bleue.
Dans le premier0', le même noir delà huppe enveloppe le cou, couvre le dos, les grandes pennes de l'aile et de la queue, dont les deux longues plumes ont sept pouces de longueur, et sont blanches ainsi que les petites pennes de l'aile et tout le dessous du corps- Dans le schet-all b i, ce vert noir de la huppe ne se trouve que sur les grandes pennes de l'aile, dont les couvertures sont marquées de larges lignes blanches; tout le reste du plumage est d'un rouge bai vif et doré, qu'Edwards définit belle couleur cannelle éclatante0, qui s'élend également sur la queue et sur les deux longs brins : ces brins sont semblables à ceux qui prolongent la queue du rollier d'Angola ou de celui d'Abyssinie, avec la différence que, dans le rollier, ces deux plumes sont les plus extérieures, au lieu que dans le moucherolle de Madagascar ce sont les deux intérieures qui sont les plus longues.
Le troisième schet, ou le schet vouloulou, ne diffère presque du précédent que par les deux longues plumes de la queue, qui sont blanches; le reste de son plumage étant rouge-bai, comme celui du schet-all. Dans le schet-all du Cabinet du Roi ces deux pennes ont six pouces; dans un autre individu que nous avons également mesuré elles en avaient huit, avec les barbes extérieures bordées de noir aux trois quarts de leur longueur, et le reste blanc; dans un troisième, ces deux longues plumes manquaient, soit qu'un accident en eût privé cet individu, soit qu'il n'eût pas encore atteint l'âge où la nature les donne à son espèce, ou qu'il eût été pris dans le temps de la mue, qu'Edwards croit être de six mois de durée pour ces oiseaux d.
Au reste, on les trouve à Ceylan et au cap de Bonne-Espérance, comme à Madagascar; Knox les décrit assez bien*; Edwards donne le troisième
a. Gobe-mouche à longue queue et à ventre blanc , pi. enluminée, n° 248, flg. 2.
b. Gobe-mouche à longue queue de Madagascar, pi. enluminée , n° 248, fig. 1.
c. Glanures, page 245.
d. a J'ai reçu cet oiseau ( le schet-all) de Ceylan. M. Brisson l'appelle gobe-mouche huppé , « et dit qu'il vient du cap de Bonne-Espérance ; mais certainement la figure qu'il en donne est « imparfaite, en ce qu'on n'y trouve point les deux plumes de la queue, dont la grandeur est « si remarquable. Je crois qu'il est naturel à quelques oiseaux qui ont ces longues plumes d'en « manquer pendant six mois de l'aimée,... ce que j'ai vu dans la mue de quelques oiseaux de « ce genre à longue queue, à Londres... Le gobe-mouche blanc huppé, décrit à la p. 414 du « t. II de Brisson , est certainement le mile de la même espèce. » Glanures, p. 245.
e. Pied bird of Paradise. History ofbirds, p. 113.