‹ Œuvres compláetes avec la nomenclature linnâeenne et la classification de Cuvier, reviser et annotâeesChapitre 371 sur 459 · LE TYRAN DE LA CAROLINE · texte numérisé non relu

LE TYRAN DE LA CAROLINE

TROISIÈME ESPÈCE

Au caractère et à l'instinct que Catesby donne à cet oiseau de la Caroline, nous n'hésiterions pas d'en faire une même espèce avec celle du pipiri de Saint-Domingue : même hardiesse, même courage et mêmes habitudes naturelles6; mais la couronne rouge que celui-ci porte au sommet de la tête l'en distingue, aussi bien que la manière de placer son nid, qu'il fait tout à découvert, sur des arbrisseaux ou des buissons, et ordinairement sur le sassafras ; au contraire le pipiri cache son nid ou même l'enfouit dans des trous d'arbres. Du reste, le tyran de la Caroline est à peu près de la même grosseur que le grand pipiri : son bec paraît moins crochu ; Catesby dit seulement, qu'il est large et plat, et qu'il va en diminuant. La tache rouge du dessus de la tête est fort brillante, et entourée de plumes noires qui la cachent lorsqu'elles se resserrent. Cet oiseau paraît à la Virginie et à la Caroline vers le mois d'avril ; il y fait ses petits, et se retire au commencement de l'hiver.

Un oiseau envoyé au Cabinet du Roi, sous le nom de tyran de la Louisiane, paraît être exactement le même que le tyran de la Caroline de Catesby : il est plus grand que le tyran de Cayenne, cinquième espèce, et presque égal au grand pipiri de Saint-Domingue. Le cendré presque noir domine sur tout le dessus du corps, depuis le sommet de la tête jusqu'au bout de la queue, qui est terminée par une petite bande blanche en festons : de légères ondes blanchâtres s'entremêlent dans les petites pennes de l'aile ; et à travers les plumes noirâtres du sommet de la tête, percent et brillent quelques petits

a. « Muscicapa coronà rubra. » The tyrant; le tyran de la Caroline. Catesby, Hist. nat. of Carolina , t. I, p. 5a. — « Turdus coronà rubrà. » Klein , Avi., p. 69, n» 25.

6. « Le courage de ce petit oiseau est remarquable ; il poursuit et met en fuite tous les « oiseaux , petits et grands , qui approchent de l'endroit qu'il s'est choisi : aucun n'échappe à « sa furie, et je n'ai pas même vu que les autres oiseaux osassent lui résister lorsqu'il voL1 ; « car il ne les attaque point autrement. J'en vis un qui s'attacha sur le dos d'une aigle, et la o persécutait de manière que l'aigle se renversait sur le dos , tâchait de s'en délivrer par les « différentes postures où elle se mettait en l'air, et enfin fut obligée de s'arrêter sur le haut d'un « arbre voisin, jusqu'à ce que ce petit tyran fût las, ou jugeât à propos de la laisser. Voici la « manœuvre ordinaire du mâle tandis que la femelle couve : il se perche sur la cime d'un « buisson ou d'un arbrisseau près de son nid , et si quelque petit oiseau en approche , il lui o donne la chasse ; mais pour les grands, comme les corbeaux, les faucons, les aigles, il ne leur « permet pas de s'approcher de lui d'un quart de mille sans les attaquer. Son chaut n'est qu'une « espèce de cri qu'il pousse avec beaucoup de force pendant tout le temps qu'il se bat. Lorsque « ses petits ont pris leur volée , il redevient aussi sociable que les autres oiseaux. » Catesby , loco citato.

' Lanius tyrannus et lanius carolinensis (Gmel. ). — Muscicapa tyrannus (lllig.).— Tyrannus intiepidus (Vieil!.).

Page 1