VARIETES DU ROSSIGNOL
Il est certain qu'il y a variété de grandeur dans cette espèce, mais il y a beaucoup d'incertitudes et de contrariétés dans les opinions des naturalistes sur les endroits où se trouvent les grands rossignols : c'est dans les plaines et au bord des eaux , selon Schwenckfeld , qui assigne aux petits les coteaux agréables; c'est dans les forêts, selon Àldrovande; selon d'autres, au contraire, ceux qui habitent les forêts sèches et n'ont que la pluie et les gouttes de rosée pour se désaltérer sont les plus petits, ce qui est très-vraisemblable. En Anjou, il est une race de rossignols beaucoup plus gros que les autres, laquelle se tient et niche dans les charmilles; les petits se plaisent sur les bords des ruisseaux et des étangs. M. Frisch parle aussi d'une race un peu plus grande que la commune, laquelle chante plus la nuit, et même d'une manière un peu différente; enfin, l'auteur du Traité du rossignol admet trois races de rossignols : il place les plus grands, les plus robustes, les mieux chantants dans les buissons à portée des eaux, les moyens dans les plaines, et les plus petits de tous sur les montagnes. Il résulte de tout cela qu'il existe une race, ou, si l'on veut, des races de grands rossignols, mais qui ne sont point attachées à une demeure bien fixe. Le grand rossignol est le plus commun en Silésie : il a le plumage cendré avec un mélange de roux, et il passe pour chanter mieux que le petit.
a. « Proprium lusciniae et atricapillae ut summae linguœ acumine careant. » Aiistote , Hist . animal., lib. ix , cap. xv. Au reste, il faut remarquer que suivant les Grecs, qui sont ici les auteurs originaux , ce fut Progné qui fut métamorphosée en rossignol , et Philomèle sa sœur eu hirondelle : ce sont les écrivains latins qui ont changé ou brouillé les noms, et leur erreur a passé en force de loi.
b. Luscinia major, en allemand, grosse-nachtigalle , ou simplement nachtigalle. Schwenck-
* Motacilla philomela (Bechst.). — Genre et sous-genre id.