LA FAUVETTE DES ALPES
de Monlbeillard, qui ont été tués dans son comté de Montbel le 18 janvier 1778. Ces oiseaux ne s'éloignent des hautes montagnes que quand ils y sont forcés par l'abondance des neiges : aussi ne les connaît-on guère dans les plaines; ils se tiennent communément à terre, où ils courent vite en filant comme la caille et la perdrix, et non en sautillant comme les autres fauvettes; il se pose aussi sur les pierres, mais rarement sur les arbres ; ils vont par petites troupes, et ils ont pour se rappeler entre eux un cri semblable à celui de la lavandière : tant que le froid n'est pas bien fort on les trouve dans les champs, et lorsqu'il devient plus rigoureux ils se rassemblent dans les prairies humides où il y a de la mousse, et on les voit alors courir sur la glace; leurs dernières ressources ce sont les fontaines chaudes el les ruisseaux d'eaux vives : on les y rencontre souvent en cherchant des bécassines ; ils ne sont pas bien farouches, et cependant ils sont difficiles à tuer, surtout au vol.
LE PITCHOU. *
On nomme en Provence pitchou un très-petit oiseau qui nous paraît plus voisin des fauvettes que d'aucun autre genre : il a cinq pouces un tiers de longueur totale, dans laquelle la queue est pour près de moitié; on pourrait croire que le nom de pitchou lui vient de ce qu'il se cache sous les choux : en effet, il y cherche les petits papillons qui y naissent, et le soir il se tapit et se loge entre les feuilles du chou pour s'y mettre à l'abri de la chauve-souris, son ennemie, qui rôde autour de ce froid domicile. Mais plusieurs personnes m'ont assuré que le nom pitchou n'a nul rapport aux choux, et signifie simplement en provençal petit et menu, ce qui est conforme à l'étymologie italienne °, et convient parfaitement à cet oiseau, presque aussi petit que le roitelet.
Le bec du pitchou est long relativement à sa petite taille ; il a sept lignes, il est noirâtre à sa pointe, blanchâtre à sa base; le demi-bec supérieur est cchancré vers son extrémité ; l'aile est fort courte et ne couvre que l'origine de la queue; le tarse a huit lignes; les ongles sont très-minces, et le postérieur est le plus gros de tous : tout le dessus du corps, du front au bout de la queue, est cendré foncé; les pennes de la queue et les grandes des ailes sont bordées de cendré clair en dehors et noirâtres à l'intérieur; la gorge et tout le dessous du corps onde de roux varié de blanc ; les pieds sont jaunâtres. Nous devons à M. Guys de Marseille la connaissance de cet oiseau.
a. Piccino , picemino.
* ilotacilla i^rotincialis (Gmel.). — Sylvia ferruginea ( Vieill.).