LE BEC-FIGUE
LE BEC-FIGUE. a*
Cet oiseau qui, comme l'ortolan, fait les délices de nos tables, n'est pas aussi beau qu'il est bon ; tout son plumage est de couleur obscure : le gris, le brun et le blanchâtre en font toutes les nuances, auxquelles le noirâtre des pennes de la queue et de l'aile se joint sans les relever ; une tache blanche, qui coupe l'aile transversalement , est le trait le plus apparent de ses couleurs, et c'est celui que la plupart des naturalistes ont saisi pour le caractériser6; le dos est d'un gris brun qui commence sur le haut de la tète et s'étend sur le croupion ; la gorge est blanchâtre, la poitrine légèrement teinte de brun, et le ventre blanc ainsi que les barbes extérieures des deux premières pennes de la queue; le bec, long de six lignes, est effilé. L'oiseau a sept pouces de vol, et sa longueur totale est de cinq; la femelle a toutes les couleurs plus tristes et plus pâles que le mâle c.
Ces oiseaux, dont le véritable climat est celui du Midi, semblent ne venir dans le nôtre que pour attendre la maturité des fruits succulents dont ils portent le nom ; ils arrivent plus tard au printemps, et ils partent avant les premiers froids d'automne. Ils parcourent néanmoins une grande étendue dans les terres septentrionales en été, car on les a trouvés en Angleterre d,
a. Ficeduîa. Aldrovande, Avi., t. II, p 758, avec des figures peu reconnaissables du mâle, p. ToS: de la femelle, p. 759. — Gessner, Avi., p. 384. Idem. Icon. avi., p. 47. — Jonston, Avi., avec une figure, planche 33, empruntée d'Olina. — Charleton, Exercit., p. 88, n° 9, avec i figure défectueuse, p. 89. Idem. Onomast., p. 80, n° 9, avec la même figure, p. 82. — Rzaczynski, Hist. nat. Polon., p. 280. — Ficeduîa quar ta Aldrovandi. Willughby, Ornithol., p. 163. — Ray, Synops., p. 81, n° 12. — Curruca fusca, albâ macula in alis. Frisch, avec r.ne figure exacte du mâle, pi. 22. — Ficeduîa quaria. Linuaeus, Syst. nat., édit. VI, gen. 82, sp. 18, idem. — « Motacilla subfusca, subtus alba; pectorc cinereo maculato. » Fauna Suec, n° 231. — Sylvia rectricibus alarum macula albâ. Klein, Avi., p. 79, n° 13. — Becafico ordinario. Olina, p. 11. Sa figure a tout l'air d'une petite fauvette, ou même, si elle est de grandeur naturelle, du pouliot ou chantre, et point du tout du bec-figue. — Ficeduîa rostro et pedibus luteis. Barrère, Ornithol., class. 3, g. 18, sp. 1. — «Ficeduîa supernè griseo-fusca , o infernè cinereo-alba; ventre et oculorum ambitu albo-rufescentibus ; tamià in alis transversà « albo-rufescente ; rectricibus nigricantibus , oris exterioribus griseo-fuscis , binis utrimque « extimis exteriùs ab exortu ferè ad apicern albis, » Ficeduîa , le bec-figue. Brisson , Ornithol., t. III, p. 369. — Les Grecs l'appellent 2ux*Xî;; les Italiens, beccafico: et aux environs du lac Majeur, sicca-figa; les Catalans, becca-figua, papafigo, les Allemands, grasz-mach, suivant Gi --ner, et wustling, selon Rzaczynski; les Polonais, sigoiadka. Belon, en conséquence de l'erreur qui lui fait appliquer au bouvreuil ou à son pivoine ( Nat. des Oiseaux, p. 359) le nom italien de beccafigi, lui donne de même ceux de cicalis et de ficeduîa, qui appartiennent au bec-figue.
b. « Curruca fusca, albà macula in alis. » Frisch. « Sylvia rectricibus alarum macula albâ.» Klein. « Ficeduîa.... tœmà in alis transversà. » Brisson. « Alarum rémiges in mare nigrœ,cum o quibusdam intercurrentibus albis. » Aldrovande.
c. Fœmina penè tota albicat. » Aldrovande, t. II, p. 758.
d. Willughby.
* Muscicapa albicollis (Temm.). —Genre gobe-mouches , sous-genre gobe-mouches propre* vient dits ( Cuv. ). — Voyez, ci-devant , la nomenclature et la note de la p. 415. vi. 35