OU LE MANUCODE A BOUQUETS
Les deux bouquets, dont j'ai fait le caractère distinctif de cet oiseau, se trouvent derrière le cou et à sa naissance. Le premier est composé de plusieurs plumes étroites, de couleur jaunâtre, marquées près de la pointe d'une petite lâche noire, et qui, au lieu d'être couchées comme à l'ordinaire, se relèvent sur leur base, les plus proches de la tête jusqu'à l'angle droit, et les suivantes de moins en moins.
Au-dessous de ce premier bouquet, on en voit un second plus considérable, mais moins relevé et plus incliné en arrière. Il est formé de longues barbes détachées qui naissent de tuyaux fort courts, et dont quinze ou vingt se réunissent ensemble pour former des espèces de plumes couleur de paille : ces plumes semblent avoir été coupées carrément par le bout, et font des angles plus ou moins aigus avec le plan des épaules.
Ce second bouquet est accompagné, de droite et de gauche, de plumes ordinaires, variées de brun et d'orangé, et il est terminé en arrière, je veux dire du côté du dos, par une tache d'un brun rougeâtre et luisant, de forme triangulaire, dont la pointe ou le sommet est tourné vers la queue, et dont les plumes sont décomposées comme celles du second bouquet. . Un autre trait caractéristique de cet oiseau, ce sont les deux fdets de la queue : ils sont longs d'environ un pied, larges d'une ligne, d'un bleu changeant en vert éclatant, et prennent naissance au-dessus du croupion. Dans tout cela ils ressemblent fort aux fdets de l'espèce précédente, mais ils en diffèrent par leur forme, car ils se terminent en pointe, et n'ont de barbes que sur la partie moyenne du côté intérieur seulement.
Le milieu du cou et de la poitrine est marqué, depuis la gorge, par une rangée de plumes très-courtes, présentant une suite de petites lignes transversales, qui sont alternativement d'un beau vert clair changeant en bleu , et d'un vert canard foncé.
a. Voyez Clusius, p. 3G2. — Edwards , planche m.
b. Cet oiseau a du rapport avec le manueodiata cirrata d'Aldrovande , t. I, p. 811 et 814. Ce dernier a un bouquet pareil , formé pareillement de plumes effilées , de même couleur et posées de même ; mais il parait plus graud, et il a le bec et la queue beaucoup plus longs.
* Paradisœa magnifica (Linn. ). — Le magnifique (Cuvier. )