‹ Œuvres compláetes de Lord Byron (volume 2)Chapitre 24 sur 98 · XVI. — « — N'avez-vous pas d'amis · texte numérisé non relu

XVI. — « — N'avez-vous pas d'amis

t — J'en avais ; mais, Dieu merci, je n'en ai guère été importuné dans ces derniers temps. Maintenant que j'ai, sans me faire prier, répondu à toutes vos questions, je vous requiers de me satisfaire avec la même courtoisie.

« — Hélas ! dit Juan, ce serait un récit bien triste et bien long.

« — Oh ! si cela est, je vous sais gré de retenir votre langue, un récit triste attriste doublement quand il est long.

XVII. — « Mais ne vous désespérez pas, à votre âge ! La fortune, quoique femme passablement inconstante (n'étant pas votre épouse), ne vous laissera pas longtemps dans l'embarras où vous vous trouvez. Se révolter contre notre destinée serait une lutte aussi insensée que celle de l'épi contre la faucille. Les hommes sont le jouet des circonstances, lors même que

i Widin est une ville considérable de Bulgarie, située sur la riyd droite du Danube.

les circonstances semblent le jouet des hommes.

XVIII. — « — Ce n'est pas, dit Juan, sur mon sort présent que je m'afflige, c'est sur le passé. — J'aimais une jeune fille... » Il se tut, et son regard se remplit de tristesse ; une larme s'arrêta un moment sur sa paupière, et tomba bientôt sur sa joue « Pour revenir

à ce que je disais, ajouta-t-il, ce n'est pas le présent qui me désole, car j'ai supporté des détresses auxquelles de plus courageux que moi n'ont pu résister,

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