‹ Œuvres compláetes de Lord ByronChapitre 19 sur 67 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Le poëme suivant est fondé sur un événement cité par Gibbon dans les Antiquités de la maison de Brunswick. Je crains que, dans nos temps modernes, la délicatesse ou le goût blasé des lecteurs ne déclare do semblables sujets peu propres à la poésie.

Les poètes dramatiques grecs, et quelques-uns de nos meilleurs auteurs anglais d'autrefois, pensaient différemment; et récemment encore Alfieri et Schiller ont prouvé qu'ils étaient de mon opinion. L'extrait qu'on va lire expliquera les faits sur lesquels repose mon histoire. J'ai substitué au nom de Nicolas III, celui d'Azo, moins rebelle au mètre.

« Sous le règne de Nicolas III, Ferrare fut ensanglantée par une tragédie domestique. Sur le rapport d'un de ses gens, le marquis d'Est se convainquit par luimême des amours incestueux de sa femme Parisina avec l'un de ses lils naturels, Hugo, beau et vaillant jeune homme. Ils eurent la tôto tranchée par la sentence d'un père et d'un mari offensé qui rendit son déshonneur public, et survécut à leur supplice. Il fut bien malheureux, s'ils furent coupables; s'ils étaient innocents, son malheur ne fut que plus affreux. Quelle que soit la supposition, je ne puis approuver ce terrible acte do justice do la part d'un père. »

(Gibbon's miscellaneous Works, vol. FI, p. 478.)

Page 1