V.CTE I. SCÈ SE I
\u moins est-ce un bonheur eu ces extrémités, Que de voir avec soi ses rivaux rebutés.
K URVA LE.
J'aime a te voir presser cel aveu de ma llamme : Combattant nies raisons, lu chatouilles mon âme; Et, par ce que j'ai dit, je voulois pressentir Si de ce <{uc j'ai fait tu pourvois m* applaudir : Car enfin, puisqu'il faut t'en faire confidence, On doit à la princesse expliquer mon silence, Et peut-être, au moment que je t'en parle ici, Le secret de mon cœur, Vrbate, est éclairci. Cette chasse, où, pour fuir la foule qui l'adore, Tu sais qu'elle est allée au lever de l'aurore, Est le temps que Moron, pour déclarer mon feu, A pris...
\ RBAT-E.
Moron , seigneur?
EURÏALE.
Ce choix t'étonne un peu; Par son titre de fou tu crois le bien connoître ; Mais sache qu'il l'est moins qu'il ne le veut paraître; Et que, malgré l'emploi qu'il exerce aujourd'hui,1 Il a plus de bon sens que tel qui lit de lui. La princesse se plaît à ses boufibnneries : Il s'en est fait aimer par cent plaisanteries, El peut, dans cet accès, dire et persuader
1. Leniploi de fou do cour o'étoit pas encore supprime à l'époque où Molière composa In Princesse d'Élide. Le titulaire se oommoil l'Angeli; Boilean a parlé de l'Angeli dans sa première satire:
On poète à la <our fut jadis à la mmlf; M.. ijourd'hui c'est le plus incommode ;
B1 L'espril Le plus beau , l'auteur le plus poli , N'y parviendra jamais au sort <!<• l'Angeli.
Ce que d'autres que lui n'oseroient hasarder; Je le vois propre enfin à ce que j'en souhaite : Il a pour moi, dit- il, une amitié parfaite, Et veut, dans mes États ayant reçu le jour, Contre tous mes rivaux appuyer mon amour. Quelque argent mis en main pour soutenir ce zèle...