‹ Œuvres compláetes de MoliáereChapitre 17 sur 342 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

pecte a madame! Voyez un peu où j'en serais, si elle alloit croire ce que vous dites! Semis- je si malheureuse, madame, que nous eussiez de moi cette pensée?

Cl.l M ENE.

Non. non. Je ne m'arrête pas à ses paroles, et je vous crois plus sincère qu'elle ne dit.

ÉLISE

Mi! que vous avez bien raison, madame, et que vous me rendrez justice quand vous croirez que je vous trouve la plus engageante personne du monde; que j'entre dans tous vos sentiments, et suis charmée de toutes les expressions qui sortent de votre bouche!

Hélas! je parle sans affectation.

ÉLISE

On le voit bien, madame, et que tout est naturel en vous. Vos paroles, le ton de votre voix, vos regards, vos pas, votre action et votre ajustement ont je ne sais quel air de qualité qui enchante les gens. Je vous étudie des yeux et des oreilles; et je suis si remplie de vous que je tâche d'être votre singe et de vous contrefaire en tout.

CLIMÈNE

Vous vous moquez de moi, madame.

ÉLISE

Pardonnez-moi. madame. Qui voudrait se moquer de vous?

CLIMÈNE

Je ne suis pas un bon modèle, madame.

ÉLl SE.

Oh que si . madame !

Cl.l M ÈNE.

\ ous me flattez , madame.

Point du tout, madame.

CLIMÈNE

Épargnez-moi, s'il vous plaît, madame.

ÉLISE

Je vous épargne aussi, madame, et je ne dis pas la moitié de ce que je pense, madame.

CLIMÈNE

Ah ! mon Dieu, brisons là, de grâce. Vous me jetteriez dans une confusion épouvantable, (a uranie.) Enfin, nous voilà deux contre vous; et l'opiniâtreté sied si mal aux personnes spirituelles...

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