‹ Œuvres compláetes de MoliáereChapitre 181 sur 342 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

Enfin . tu peux tout espérer de moi, si tu trouves moyen d'enflammer pour moi son cœur.

ftfORON.

11 n'y a rien qui ne se puisse faire. Mais, madame, s'il venoit à vous aimer, que feriez-vous, s'il vous plaît?

I \ PR] \ Cl- S SE.

Khi ce seroil lors que je prendrois plaisir à triompher pleinement de sa vanité , à punir son mépris par mes froideurs, et à exercer sur lui toutes les cruautés que je pourrois imaginer.

UORON.

Il ne se rendra jamais.

Vh ! Moron , il faut faire en sorte qu'il se rende.

MORON

Non. Il n'en fera rien! Je le connois, ma peine seroit inutile.

Si faut-il pourtant tenter toute chose, et éprouver si son âme est entièrement insensible. Allons. Je veux lui parler, et suivre une pensée qui vient de me venir.1

1. On remarquera que Molière, en quittant l'Espagne pour la Grèce antique, «'toit obligé de renoncer par cela même à ce jeu de carnaval que Moreto a mis en Bcène [V. la notice préliminaire). «On peut regretter, dit Auger, qu'il ne soit pas entré dans le plan de Molière d'en faire usage; mais Le Sage en a tiré parti dans son roman du Bachelier de Salamanque (chap. lv), où il a visiblement imité l'auteur d'el Desden con el desden. Un de ses personnages, nommé Don André d'Alvarade , qui se trouve dans la même position que Carlos, se tire de la même manière que lui de l'épreuve qu*a voulu lui faire subir sa dédaigneuse maîtresse, nommée Cinthia de la

294 LA PRINCESSE D'fiU \)E

QUATRIEME INTERMEDE.

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