SCENE VI
a point presque de mots dont la sévérité de cette (laine ne veuille retrancher ou la tête ou la queue, pour les syllabes déshonnétes qu'elle y trouve.1
Vous êtes bien fou. chevalier.
LE MARQUIS
Enfin, chevalier, tu crois défendre ta comédie, en faisant la satire de ceux qui la condamnent.
Non pas. mais je tiens que cette dame se scandalise à tort.
ÉLISE
Tout beau, monsieur le chevalier! il pourroit y en avoir d'autres qu'elle qui seroient dans les mêmes sentiments.
DORANTE
Je sais bien que ce n'est pas vous, au moins; et que lorsque vous avez vu cette représentation...
ÉLISE
Il est vrai; mais j'ai changé d'avis; (Montrant ciimène.) et madame sait appuyer le sien par des raisons si convaineantes, qu'elle m'a entraînée de son côté.
DORANTE, à Climène.
\h ! madame, je vous demande pardon; et, si vous le
1. Nous voyons bien, dans le Dictionnaire des Précieuses de Somaize, Roxalie, Didamie. Silénie, réunies à Claristène, entreprendre <» de diminuer tous les mots et d'en oster toutes lea Lettres superflues. » Mais cette idée d'en retrancher l<'^ syllabes sales semble Être do l'invention de Molière; elle avoit pu lui fttre suggérée par bien des scrupules <'t des minauderies ana-
- qui étoient à la mode chez les précieuses, lesquelles, lit-on dans le ChevrtBama, « a'auroient pas dit un rcu au lieu de soixante sous. » Molière
vi-iiu à plusieurs reprises sur rr-tu- idée extravagante, mais caractéristique; on la rotrouvo dans In Comtesse d'Escarbagnas et dans les Femmes
■tes.
voulez, je me dédirai, pour l'amour de vous, de tout ce que j'ai dit.
CLIMÈNE
Je ne veux pas que ce soit pour l'amour de moi, mais pour l'amour de la raison : car enfin cette pièce, à le bien prendre, est tout à fait indéfendable; et je ne conçois pas...
URANIE
Ah ! voici l'auteur monsieur Lysidas. 11 vient tout à propos pour cette matière. Monsieur Lysidas, prenez un siège vous-même, et vous mettez là.