MONSIEUR DIMANCHE, SGANARELLE
SGANARELLE
Il faut avouer que vous avez en monsieur un homme qui vous aime bien.
MONSIEUR DIMANCHE
Il est vrai; il me fait tant de civilités et tant de compliments, que je ne saurois jamais lui demander de l'argent.
S G A NARELLE.
Je vous assure que toute sa maison périroit pour vous; el je voudrois qu'il vous arrivât quelque chose, que quel-
1. Cette scène, si admirablement faite, montre Don Juan vis-à-vis d'une classe particulière de la société, le marchand, le créancier. C'est un chefd'œuvre comique, qu'on a depuis Molière mille fois imité. M. Dimanche vit et vivra jusqu'à la fin des siècles. Il avoit suffi qu'il parût sur la scène pour que cette immortalité lui fût assurée. La Fontaine, se servant de ce nom devenu aussitôt proverbial, disoit dans son conte de la Coupe enchantée :
Avpz-yous sur les bras quelque monsieur Dimanche ; Mille bourses vous sont ouvertes à la fois.
qu'un s'avisât de vous donner des coups de bâton, vous verriez de quelle manière...
MONSIEUR DIMANCHE
Je le crois; mais, Sganarelle, je vous prie de lui dire un petit mot de mon argent.
SGANARELLE
Oh! ne vous mettez pas en peine, il vous payera le mieux du monde.
MONSIEUR DIMANCHE
Mais vous, Sganarelle, vous me devez quelque chose en votre particulier.
SGANARELLE
Fi ! ne me parlez pas de cela.
MONSIEUR DIMANCHE
Gomment? Je...
SGANARELLE
Ne sais-je pas bien que je vous dois?
MONSIEUR DIMANCHE
Oui. Mais...
Allons, monsieur Dimanche, je vais vous éclairer.
MONSIEUR DIMANCHE
Mais, mon argent?
SGANARELLE, prenant monsieur Dimanche parle bras.
Vous moquez-vous?
MONSIEUR DIMANCHE
Je veux...
SGANARELLE, le tirant.
Hé!
MONSIEUR DIMANCHE
J'entends...
ACTi: IV, SC EN E V. iW
SG \\ \ Il I. 1. 1. 1. , Le poussanl fera La porte.
Bagatelles.
MONSIEUR DIMANCHE
Mais...
SGANARELLE, Le poussanl encore.
Fi :
MONSIEUR DIMANCHE
Je...
S<i \ \ \ I! E LLEj le poussant tout à fait hors du théâtre.
Ti ! vous dis-je.1