Il esl très-sensible que tout ce discours est rhythmé
Ah ! quelle bassesse est la vôtre !
Ne rougissez-vous point De mériter si peu votre naissance?
. Êtes-vous en droit, dites-moi, D'en tirer quelque vanité ?
Et qu'avez-vous fait dans le monde Pour être gentilhomme?
Croyez-vous qu'il suffise D'en porter le nom et les armes?
Et que ce nous soit une gloire D'être sortis d'un sang noble Lorsque nous vivons en infâmes?
Non, non, La naissance n'est rien où la vertu n'est pas... Ainsi, vous descendez en vain Des aïeux dont vous êtes né ; Ils vous désavouent pour leur sang, Et tout ce qu'ils ont fait d'illustre N" vous donne aucun avantage; Au r ontraire, l'éclat n'en rejaillit sur vous Qu'à votre déshonneur...
e qui a été dit à ce propos tome Pr, page ccxxix.
homme, que du fils d'un monarque, qui vivroit comme vous.1
DON JUAN
Monsieur, si vous étiez assis, vous en seriez mieux pour parler.
DON LOUTS.
Non, insolent, je ne veux point m' asseoir, ni parler davantage, et je vois bien que toutes mes paroles ne font rien sur ton âme; mais sache, fils indigne, que la tendresse paternelle est poussée à bout par tes actions ; que je saurai, plus tôt que tu ne penses, mettre une borne à
1. On retrouveroit ces idées dans un grand nombre de poètes de l'antiquité et de poètes du moyen âge.
Qui n'a noble vie, Je vous certifie Que noble n'est pas,
disoit l'auteur des Contredits de Songecreux au commencement du xvie siècle. Il faut que les aristocraties soient tout à fait épuisées et perdues , pour que ce lieu commun puisse être, comme au temps de Beaumarchais, considéré comme une vérité pernicieuse et une dangereuse hardiesse. Avant Molière , Corneille avoit fait entendre sur la scène les mêmes maximes dans la scène de Géronte et de Dorante au cinquième acte du Menteur :
Croyez-vous qu'il suffit d'être sorti de moi ?
Et ne savez-vous point, avec toute la France, .
D'où ce titre d'honneur a tiré sa naissance,
Et que la vertu seule a mis en ce haut rang
Ceux qui l'ont jusqu'à moi fait passer dans leur sang?...
Où le sang a manqué , si la vertu l'acquiert ,
Où le sang l'a donné , le vice aussi le perd ;
Ce qui naît d'un moyen périt par son contraire ;
Tout ce que l'un a fait, l'autre le peut défaire..;
Et, dans la lâcheté du vice où je te voi ,
Tu n'es plus gentilhomme, étant sorti de moi.
Ces deux scènes, celles de Corneille dans le Menteur et de Molière dans te Festin de Pierre, ont toujours appelé la citation des vers d'Horace, dans ÏÉpître aux Pisons :
Interdum tamen et vocem comœdia tollit
Iratusque Chrêmes tumido delitigat ore.
« La comédie aussi par moments élève la voix , et Chrêmes irrité parle un langage imposant. »
A CI E l\. SCÈ NE VII. <:>1
tes dérèglements, prévenir sur toi le courroux du ciel, et laver, par ta punition, la houle de l'avoir fait naître.