SCÈNE VIL DON JUAN, SGANARELLE
DON .11 \ \ . adressant encore la parole à son père quoiqu'il soit sorti.
Hé! mourez le plus tôt que vous pourrez, c'est le mieux que vous puissiez faire. 11 faut que chacun ait son tour, et j'enrage de voir des pères qui vivent autant que
leurs fils.1 I il se met dans un fautenil.)
se, INARELLE.
Ah ! monsieur, vous avez tort.
DON .1 I A \ , se levant.
J'ai tort î
Monsieur. .
J'ai tort ! *
M, \ \ A R E L L E , tremblant.
DON JUAN
SGANARELLE
Oui, monsieur, vous avez tort d'avoir souffert ce qu'il vous a «lit, et vous le deviez mettre dehors par les épaules. A-t-on jamais rien vu de plus impertinent? un père venir
1. L'auteur espagnol Tirso de Molina a tracé la scène entre Don Diego Tenorio et Don Juan son fils, mais sans lui donner do développements. Dans les imitation^ françoises antérieures à Molière, Don Juan s'emporte à des injure-, et, dans la pièce deViliiers, il va jusqu'à frapper son père du poing, l oe insolence ironique, un vœu impie suffisent ici à montrer le fils dénaturé, el conservent au personnage son caractère <'t son rang, comme sa dignité au théâtre. Qu'auroit dit le sieur de Rochemont, si Molière avoit suivi l'exemple de ses prédécesseurs!
•J. Ce j'ai tort! répété deux fois par Don Juan, est le cri d'une mauvaise ience : !'■ reproche de son valet a'exciteroit pas tant sa fureur, s'il ne it lui-même a quel point il le mérite. (Alger.)
faire des -emontrances à son fils , et lui dire de corriger ses actions, de se ressouvenir de sa naissance, de mener une vie d'honnête homme, et cent autres sottises de pareille nature ! Gela se peut-il souffrir à un homme comme vous, qui savez comme il faut vivre? J'admire votre patience, et, si j'avois été en votre place, je l'aurois envoyé promener. (Bas, à part.) 0 complaisance maudite î à quoi me réduis-tu !
DON JUAN
Me fera-t-on souper bientôt?