MONSIEUR GUILLAUME
Et combien donc en voulez-vous avoir?**
SGANARELLE
Elle est morte, monsieur mon ami.*** Cette perte m'est très-sensible, et je ne puis m'en ressouvenir sans pleurer. Je n'étois pas fort satisfait de sa conduite, et nous avions le plus souvent dispute ensemble; mais enfin la mort rajuste toutes choses. Elle est morte; je la pleure. Si elle
* Var. Je n'avois qu'une femme qui est morte. (1682.) ** Var. Et combien donc en vouliez-vous avoir? (1682.) ** Var. Elle est morte , monsieur Guillaume mon ami. (1682.)
1. Ce que Sganarelle donne pour une sentence de quelque grand philosophe de l'antiquité, dont il ne dit pas le nom, est tout simplement un dicton du moyen âge, commun aux François et aux Italiens; ceux-ci disent : Chi compra terra, compra guerra.
\CTI-: I. SCÈNE I. 589
finit on vie, nous nous querellerions. Do tous les enfants que le ciel m'avoil donnés, il ne m'a laissé qu'une fille, et cette fille est toute ma peine; car enfin je la \ois dans une mélancolie la plus sombre du monde, dans une tristesse épouvantable, dont il n'\ a pas moyen do la retirer, et dont je no sauroiâ même apprendre la cause. Pour moi, j'en perds l'esprit, ot j'aurois besoin d'un bon conseil sur cette matière, u Lucrèce.) Vous êtes ma nièce; (a A.minte.) vous,
ma vois'mo: (a monsieur GuUlaume e1 à monsieur Josse.) Ot VOUS,
mes compères et mes amis : je nous prie dv me conseiller tous ce que je dois faire.
H0NS1 Kl R JOSSE.
Pour moi, je tiens que la hravorie et l'ajustement est la chose* qui réjouit le plus les filles; et, si j'étois que de vous,1 je lui achèterois, dès aujourd'hui, une belle garniturc do diamants, ou de rubis, ou d'émeraudes.
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Et moi', si j'étois en votre place, j'achèterois une belle tenture de tapisserie de verdure,- ou à personnages, que je ferois mettre dans sa chambre, pour lui réjouir l'esprit et La \ u''.
' Vu;. Que la braverie, que l'ajustement est lu chose ( H>Nl2.)
1. Dans un bureau de l'Académie françoiso, on examinent cette locution, si j'étois 'y II faut, messieurs, dit le président Rose, que je vous
i ruse à ce propos une petite historiette. Au voyage de la paix des Pyrénées, « un jour le maréchal de Clérambault, le duc de Créquy et M. de Lionne « causoient, moi présent, dans la chambre du cardinal Mazarin. Leduc de l nuy, en parlant au maréchal de Clérambault, lui dit, dans la chaleur la conrersation : M. le maréchal, si j'étois que de. vous, je m'irois < pendre tout à l'heure. Hé bien! répliqua le maréchal, soyez que de moi. » Le petit conte fui applaudi, el puis on décida que, dans le discours familier, ou penl dire, si j'étois que de vous. \ic,En.)
•j. ! rie de verdure ne disoil d'une tapisserie représentant des
arbres, on paj - -