A.CTE III. SCÈNE \ LISETTE
Non. je veux que voua nous réjouissiez auparavant, que vous chantiez, que vous dansiez.
SG \ \ \ RELLE.
Sur quoi?
LISETTE
Sur ma parole.
SCAN \ RELLE.
V lions donc, (n chante ei dans,.) La, lera la, la ; la, lera la. Que diable î
LISETTE
Monsieur, votre tille est guérie!
SGANA RELLE.
Ma fille est guérie !
LISETTE
Oui. Je vous amène un médecin, mais un médecin d'importance, qui fait des cures merveilleAises et qui se moque des autres médecins.
SGANARELLE
Où est-il ?
LISETTE
Je vais le faire entrer.
SC \\ \ RELLE, seul.
Il faut voir si celui-ci fera plus que les autres. SCÈNU V.
CLITANDRE, en habit de médecin; SGANARELLE, LISETTE.
LISETTE, amenant Clitandre.
!.'■ voici.
Voilà un médecin qui a la barbe bien jeune.
LISETTE
La science ne se mesure pas à la barbe, et ce n'est pas par le menton qu'il est habile.
SGANARELLE
Monsieur, on m'a dit que vous aviez des remèdes admirables pour faire aller à la selle.
CLITANDRE
Monsieur, mes remèdes sont différents de ceux des autres. Ils ont l'émétique, les saignées, les médecines, et les lavements; mais moi, je guéris par des paroles, par des sons, par des lettres, par des talismans, et par des anneaux constellés.
LISETTE
Que vous ai-je dit?
SGANARELLE
Voilà un grand homme !
LISETTE
Monsieur, comme votre fille est là tout habillée dans une chaise, je vais la faire passer ici.
SGANARELLE
Oui, fais.
CLITANDRE, tâtant le pouls à Sganarelle.
Votre fille est bien malade.
SGANARELLE
Vous connoissez cela ici?
CLITANDRE
Oui, par la sympathie qu'il y a entre le père et la fille.1
1. Molière a emprunté ce trait de la farce italienne intitulée il Medico volante. Arlequin tàte le pouls de Pantalon :
« Arlequin. Monsieur, vous me paroissez très-mal.
« Pantalon. Vous vous trompez, monsieur le médecin ; c'est ma fille qui est malade, et non pas moi.
« Aislequin. N'avez-vous jamais lu la loi Scotia sur la puissance pater-
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