‹ Œuvres compláetes de MoliáereChapitre 333 sur 342 · SETTE , à Clitandre · texte numérisé non relu

SETTE , à Clitandre

Tenez, monsieur, voilà une chaise auprès d'elle, (a sganareiie.) Allons, laissez-les là tous deux.

SG \ N \ Il MLLE.

Pourquoi ? je veux demeurer là.

LISETTE

Vous moquez-vous? Il faut s'éloigner. Un médecin a cent choses à demander qu'il n'est pas honnête qu'un homme entende.

( S^anarelle et Lisette s'éloignent.) C LIT A A l)H K , parlant à Lucinde à part.

\li ! madame, que le ravissement où je me trouve est

celle, qui (lit -. Tel est le père, tels sont les enfants? Votre fille n'est-ellc e chair et votre sang?

« Pantalon. Oui, monsieur.

■ Arlequin. Eh bien! le sang de votre fille étant échauffé, altéré, le vôtre doit l'être aussi.

Pantalon. Le raisonnement est spécieux ; mais...

i \i.i i m i\. Mais enfin , seigneur Pantalon, votre fille est-elle légitime ou bâtarde? »

M ère, dans l'imitation qu'il a faite de la farce italienne, avoit déjà employé ce trait facétieux. Voyez tome Ier, page ccxli. Dans le même caneras rimé par Boursault, Crispin traduit ainsi cette explication burlesque:

Ht cela vous étonne ? Une tendresse extrême Rend la fille le père, et le père elle-même : Kntrr; eux deui la nature est propice à tel point, Que le sort les sépare, et le sang les rejoint ; al vrai que l'enfant est l'ouvrage du père, Sa douleur sur lui-même aisément réverbère; Et le sang l'un de l'autre est si fort dépendant, Que l'enfant met le père en un trouble évident.

(Acte I, scène xi.)

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grand! et que je sais peu par où vous commencer mon discours! Tant que je ne vous ai parlé que des yeux, j'avois, ce me sembloit, cent choses à vous dire ; et maintenant que j'ai la liberté de vous parler de la façon que je souhaitois, je demeure interdit, et la grande joie où je suis étouffe toutes mes paroles.

LUCliNDE.

Je puis vous dire la même chose; et je sens, comme vous, des mouvements de joie qui m'empêchent de pouvoir parler.

CLITANDRE

Ah! madame, que je serois heureux s'il étoit vrai que vous sentissiez tout ce que je sens, et qu'il me fût permis de juger de votre âme par la mienne! Mais, madame, puis-je au moins croire que ce soit à vous à qui je doive la pensée de cet heureux stratagème qui me fait jouir de votre présence?

LUCINDE

Si vous ne m'en devez pas la pensée, vous m'êtes redevable au moins d'en avoir approuvé la proposition avec beaucoup de joie.

S G AN AR EL LE, à Lisette.

Il me semble qu'il lui parle de bien près.

LISETTE, à Sganarelle.

C'est qu'il observe sa physionomie et tous les traits de son visage.

CLITANDRE, à Lucinde.

Serez-vous constante, madame, dans ces bontés que vous me témoignez?

LUCINDE

Mais vous, serez-vous ferme dans les résolutions que vous avez montrées?

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