‹ Œuvres compláetes de MoliáereChapitre 39 sur 342 · DOB \ N TE · texte numérisé non relu

DOB \ N TE

Peut-être.

60 LA CRITIQUE DE L'ÉCOLE DES FEMMES. LE MARQltlS.

Réponds, réponds, réponds, réponds.

DORANTE

Volontiers. II...

LE MARQUIS

Réponds donc, je te prie.

DORANTE

Laisse-moi donc faire. Si...

LE MARQUIS

Parbleu ! je te défie de répondre.

DORANTE

Oui , si tu parles toujours.

CLIMÈNE

De grâce , écoutons ses raisons.

DORANTE

Premièrement, il n'est pas vrai de dire que toute la pièce n'est qu'en récits. On y voit beaucoup d'actions qui se passent sur la scène, et les récits eux-mêmes y sont des actions, suivant la constitution du sujet; d'autant qu'ils sont tous faits innocemment, ces récits, à la personne intéressée, qui, par là, entre à tous coups dans une confusion à réjouir les spectateurs, et prend, à chaque nouvelle, toutes les mesures qu'il peut, pour se parer du malheur qu'il craint.

URANIE

Pour moi, je trouve que la beauté du sujet de l'Ecole des Femmes consiste dans cette confidence perpétuelle ; et ce qui me paroît assez plaisant, c'est qu'un homme qui a de l'esprit, et qui est averti de tout par une innocente qui est sa maîtresse, et par un étourdi qui est son rival, ne puisse avec cela éviter ce qui lui arrive.1

1. Il appartenoit à Molière de sentir et d'exprimer mieux que personne

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