SCENE Vil. ni
LE MARQUIS
Bagatelle, bagatelle.
C LIMÉ NE
Foible réponse.
ÉLISE
Mauvaises raisons.
DORAN IE
Pour ce qui est des enfants par V oreille , ils ne sont plaisants que par réflexion à Arnolphe ; et l'auteur n'a pas mis cela pour être de soi un bon mot , mais seulement pour une chose qui caractérise l'homme,1 et peint d'autant mieux son extravagance, puisqu'il rapporte une sottise triviale qu'a dite Agnès, comme la chose la plus belle du monde, et qui lui donne une joie inconcevable.
LE MARQUIS
C'est mal répondre.
CL l MÈNE.
Cela ne satisfait point.
ÉLISE
C'est ne rien dire.
DOUANTE.
Quant à l'argent qu'il donne librement, outre que la lettre de son meilleur ami lui est une caution suffisante, il n'est pas incompatible qu'une personne soit ridicule en de
en quoi consistent la beauté de son sujet , et c'est ce qu'il fait ici avec une franchise qui ne manqua pas de le faire accuser d'un excès d'amour-propre par les censeurs de sa pièce. « Ce qui fut cause que je fis ensuite ma Zélinde, dit de \ illiers, voyant qu'il avoit agi en père, et qu'il avoit eu trop de complaisance pour ses propres enfants. »
1. Tout le secret du comique de Molière semble être renfermé dans cette phrase. On peut dire de ses plus heureux traits: « Il n'a pas mis cela pour de soi un bon mot, mais seulement pour une chose qui caractérise l'homme. Iogeb.
certaines choses, et honnête homme en d'autres. Et pour la scène d'Alain et de Georgette dans le logis, que quelquesuns ont trouvée longue et froide, il est certain qu'elle n'est pas sans raison; et de même qu'Àrnolphe se trouve attrapé pendant son voyage par la pure innocence de sa maîtresse, il demeure au retour longtemps à sa porte par l'innocence de ses valets, afin qu'il soit partout puni par les choses qu'il a cru faire* la sûreté de ses précautions.
LE MARQUIS
Voilà des raisons qui ne valent rien.
CLIMÈNE
Tout cela ne fait que blanchir.
ÉLISE
Gela fait pitié.
DORANTE
Pour le discours moral que vous appelez un sermon , il est certain que de vrais dévots qui l'ont ouï n'ont pas trouvé qu'il choquât ce que vous dites; et sans doute que ces paroles d' enfer et de chaudières bouillantes sont assez justifiées par l'extravagance d'Arnolphe, et par l'innocence de celle à qui il parle.1 Et quant au transport amoureux du cinquième acte, qu'on accuse d'être trop outré et trop comique, je voudrois bien savoir si ce n'est pas faire la satire des amants, et si les honnêtes gens même, et les plus sérieux, en de pareilles occasions ne font pas des choses...?
' Var. Les choses dont il a cru faire (1682.)
1. Cette justification de Molière sur un point où les attaques avoient le plus de gravité est fort brève. Il n'est pas douteux qu'il n'ait dès ce moment médité et préparé le Tartuffe, qui fera, moins d'un an après la Critique , son apparition devant la cour.
scè \ e vu. sa
Il M \ Il (H IS.
Ma foi, chevalier, tu ferois mieux de ta taire.
DOR \ N TE
I-Dit bien. Mais enfin si nous nous regardions nousmêmes, quand nous sommes bien amoureux... le m \ nous.
Je oe veux pas seulement t'écouter.
DOB \ NTE.
Écoule-moi si tu veux, Lst-ce que, dans la violence de
la passion... ?
LE MARQUIS
La, la. la, la. lare, la, la, la, la, la, la.
(Tl chan1<M DORANTE.
Quoi?
LE MARQUIS
La. la, la, la, lare, la, la, la, la, la, la.
DOUANTE.
Je ne sais pas si...
LE MARQUIS
La, la, la, la, lare, la, la, la, la, la. la, la