‹ Œuvres compláetes de MoliáereChapitre 61 sur 342 · BR ECO DR T · texte numérisé non relu

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« Quoi ? »

MOLIÈRE

Bon. Voilà l'autre qui prend le ton de marquis. Vous ai-je pas dit que vous faites un rôle où l'on doit parler naturellement ?

BRÉCOURT

11 est vrai.

MOLIÈRE

Mlons donc ' ' \alier...

BRÉCOURT

u Quoi ?

MOLIÈRE

« Juge-nous un peu sur une gageure que nous avons « faite.

BRÉCOURT

(( Et quelle ?

« Nous disputons qui est le marquis de la Critique de « Molière; il gage que c'est moi, et moi je gage que c'est « lui.

BRÉCOURT

« Et moi je juge que ce n'est ni l'un ni l'autre. Vous a êtes fous tous deux de vouloir vous appliquer ces sortes « de choses; et voilà de quoi j'ouïs l'autre jour se plaindre « Molière, parlant à des personnes qui le chargeoient de « même chose que vous. Il disoit que rien ne lui donnoit u du déplaisir comme d'être accusé de regarder quelqu'un a dans les portraits qu'il fait; que son dessein est de « peindre les mœurs sans vouloir toucher aux personnes , « et que tous les personnages qu'il représente sont des a personnages en l'air, et des fantômes proprement, qu'il « habille à sa fantaisie, pour réjouir les spectateurs; qu'il a seroit bien fâché d'y avoir jamais marqué qui que ce « soit ; et que si quelque chose étoit capable de le dégoûter « de faire des comédies, c'étoit les ressemblances qu'on « y vouloit toujours trouver, et dont ses ennemis tâchoient « malicieusement d'appuyer la pensée, pour lui rendre de « mauvais offices auprès de certaines personnes à qui il n'a a jamais pensé. Et, en effet, je trouve qu'il a raison : car u pourquoi vouloir, je vous prie, appliquer tous ses gestes (( et toutes ses paroles, et chercher à lui faire des affaires

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