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.un sel les Louanges qu'ils donnent, et dont toutes les
flatteries ont une douceur fade qui fait mal au cœur à u\ qui les écoutent? Ya-i-il pas ces Lâches courtisans
de la faveur, ces perfides adorateurs de la fortune, qui « vous encensent dans la prospérité, ;vt vous accablent dans
la disgrâce? N'a— t— il pas ceux qui sont toujours méeon- « tents de la cour, ces suivants inutiles, ces incommodes
assidus, ces gens, dis-je, qui pour services ne peuvent « compter que drs importunités, et qui veulent que l'on « les récompense d'avoir obsédé le prince dix ans durant?
\a-t-il pas ceux qui caressent également tout le monde, « qui promènent leurs civilités à droit et à gauche,1 et « courent à tous ceux qu'ils voient, avec les mêmes em-
brassades et les mêmes protestations d'amitiés? — Mon- « sieur, votre très-humble serviteur. Monsieur, je suis « tout à votre service. Tenez-moi des vôtres, mon cher.
faites état de moi , monsieur, comme du plus chaud de « vos amis. Monsieur, je suis ravi de vous embrasser. Ah !
monsieur, je ne vous voyois pas! Faites-moi la grâce de
m' employer. Soyez persuadé que je suis entièrement à
vous. Vous êtes l'homme du monde que je révère le plus.
Il n'y a personne que j'honore à l'égal de vous. Je vous « conjure de le croire, ,1e vous supplie de n'en point douce ter. Serviteur. Très-humble valet. — Va, va, marquis,
Molière aura toujours plus de sujets qu'il n'en voudra;2 « et tout ce qu'il a touché jusqu'ici n'est rien que baga-
1. On disoil d <lroit pour à droite, ainsi que le constate le dictionnaire de l'Académie de l'iOi.
2. Dans cette revue satirique des caractères de courtisans, il n'est pas certain que Molière D'ail point attaqué indirectement, ou par leurs vices, ou par leurs ridicules, quelques-uns des personnages qui lui étoient le plus hostiles. Le duc de La Feuillade étoit, par exemple, un de ces flatteurs à autrance par lesquels Molière commence son énumération.
« telle, au prix de ce qui reste. » Voilà à peu près comme cela doit être joué.
BRÉCOURT
C'est assez.
MOLIÈRE
Poursuivez.
BRÉCOURT
« Voici Climène et Élise. »
MOLIERE, à mesdemoiselles Duparc et Molière.
Là- dessus vous arriverez toutes deux, (a mademoiselle Duparc.) Prenez bien garde, vous, à vous déhancher comme il faut , et à faire bien des façons. Cela vous contraindra un peu; mais qu'y faire? Il faut parfois se faire violence.
MADEMOISELLE MOLIERE
<( Certes, madame, je vous ai reconnue de loin, et j'ai « bien vu à votre air que ce ne pouvoit être une autre que « vous.
MADEMOISELLE DUPARC
u Vous voyez. Je viens attendre ici la sortie d'un homme « avec qui j'ai une affaire à démêler.
MADEMOISELLE MOLIERE
« Et moi de même. »
Mesdames , voilà des coffres qui vous serviront de fauteuils.
MADEMOISELLE DUPARC
« Allons, madame, prenez place, s'il vous plaît.
MADEMOISELLE MOLIÈRE
« Après vous, madame. »
MOLIÈRE
Bon. Après ces petites cérémonies muettes, chacun
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prendra place et parlera assis, hors les marquis, qui tantôt se lèverontet tantôt s'assoiront, suivant leur inquiétude naturelle. « Parbleu, chevalier, tu devrois faire prendre « médecine à tes canons.
BRÉCOURT
« Comment?
MOLIÈRE
« Us se portent fort mal.1
BRECOURT.
« Serviteur à la turlupinade !
MADEMOISELLE MOLIERE
Mon Dieu ! madame , que je vous trouve le teint d'une « blancheur éblouissante, et les lèvres d'un couleur de feu « surprenant !
MADEMOISELLE DUl'ARC.
u Ah î que dites-vous là, madame? ne me regardez (( point, je suis du dernier laid aujourd'hui.
MADEMOISELLE MOLIÈRE
« Hé ! madame, levez un peu votre coiffe.