‹ Œuvres compláetes (volume 3)Chapitre 52 sur 226 · CONTES PHILOSOPHIQUES · texte numérisé non relu

CONTES PHILOSOPHIQUES

Les contes de cette espèce, plus graves, plus imposans , mais quelquefois aussi frivoles et moins amusans que les premiers , ont à peu tprès conservé entre eux la même ressemblance. Au nombre de ces contes, à la fois si ingénieux et si ennuyeux , je place le beau moral (i), la bonté naturelle de l'homme, enfin les divers systèmes du monde physique. L'expérience seule devrait en être l'architecte : le philosophe ne la consulte-t-il pas; n'a-t-il pas le courage de s'arrêter où l'observation lui manque; il croit faire un système, et ne fait qu'un conte.

Ce philosophe est forcé de substituer des suppositions au vide des expériences, et de remplir par des conjectures l'intervalle immense que l'ignorance actuelle , et plus encore l'ignorance passée, laissent entre toutes les parties de son système. Quant aux suppositions, elles sont presque toutes de la même espèce. Qui lit les philosophes anciens, voit que tous adoptent à peu près le même plan, et que s'ils diffèrent, c'est

(i) Le beau moral ne se trouve que dans le paradis des fous, où Milton fait pirouetter sans cesse les agnus , les scapulaires , les chapelets , Jes indulgences.

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