AUX MANES DE MON AMI
O toi qui ne peux plus m'entendre!
Ami, qui , dans la tombe avant moi descendu,
Trahis mon espoir le plus tendre !
Quand je disais, hélas! que j'avais trop vécu , Qu'à ce malheur affreux j'étais loin de m'attendre !
O comment exprimer tout ce que j'*i perdu ? C'est toi qui, me cherchant au sein de l'infortune,
Relevas mon sort abattu, Et sus me rendre chère une vie importune. Ta vertu bienfaisante égalait tes talens : Tendre ami des humains , sensible à leurs misères, Tes écrits combattaient l'erreur et les tyrans ,
Et ta main soulageait tes frères.
L'équitable postérité
T'applaudira d'avoir quitté Le palais de Plulus pour le temple des sages;
Et s'éclairant dans tes ouvrages , Les marquera du sceau de l'immortalité.
Faible soulagement de ma douleur profonde !
Ta gloire durera tant que vivra le monde.
Que fait la gloire à ceux que la tombe a reçus?
Que t'importent ces pleurs dont le torrent m'inonde?
O douleur impuissante ! ô regrets superflus !
Je vis, hélas! je vis, et mon ami n'est plus.
Par Saur in, de V Académie française»
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SUR HELVETIUS
Bienfaiteur délicat, riche sans étalage, Père tendre , ami généreux ,
Au sein de l'opulence il eut les mœurs d'un sage ,
Et son or lui servit à faire des heureux. Mais , vers le déclin de son âge ,
Des vices de son temps la désolante image Vint le blesser d'un trait si douloureux,
Qu'au-delà des rivages sombres , Entre Platon et Lucrèce attendu, Doucement il est descendu Chercher des vertus chez les ombres.
Par Dorât.
POUR METTRE AU BAS DU PORTRAIT d'hELVETIUS.
Des sages d'Àthène et de Rome Il eut les mœurs et la candeur; Il peignit l'homme d'après l'homme, Et la vertu d'après son cœur.
Par l'abbé de La Roche.