DE LA NÉCESSITÉ
gueur ? Quoi de plus aimable que ses dons , ou de plus terrible que ses coups ? Mais , p oursuivez - vous , malgré cela je ne puiî5 m'empêcher d'excuser un homme que la nature seule a fait méchant. Eh bien, mon ami , excusez-le ; pourquoi vous défendre de la pitié ? La nature a rempli le cœur des bons de Thorreur du vice ; mais elle y a mis aussi la compassion pour tempérer cette haine trop fiére , et les rendre plus indulgents. Si la créance de la nécessité augmente encore ces sentiments d'humanité, si elle rappelle plus fortement les hommes à la clémence , quel plus beau système ? 0 mortels, tout est nécessaire : le rien ne peut rien engendrer ; il faut donc que le premier principe de toutes choses soit éternel ; il faut que les êtres créés qui ne sont point éternels tiennent tout ce qui est en eux de FEtre éternel qui les a faits. Or, s'il y avait dans l'esprit de Ihomme quelque chose de véritablement indépendant ; s'il y avait , par exemple , une volonté qui ne dépendît pas du sentiment et de la réflexion qui la précèdent , il s'ensuivrait que cette volonté serait à elle- 2. 29