‹ Œuvres compláetesChapitre 9 sur 45 · SUR LA GLOI RE. I7 I · texte numérisé non relu

SUR LA GLOI RE. I7 I

elle est près d'eux , plus ils Faiment , plus ils la désirent, plus ils sentent sa réalitén Mais quand la vertu dégénère ; quand le talent manque , ou la force ; quand la légèreté et la mollesse dominent les autres passions , alors on ne voit plus la gloire que très-loin de soi ; on n^ose ni se la promettre , ni la cultiver, et enfin les hommes s^accoutument à la regarder comme un songe. Peu à peu on en vient au point que c'est une chose ridicule même d'en parler. Ainsi , comme on se serait moqué à Rome d'un déclamateur qui aurait exhorté les Sylla ' et les Pompée ^ au mépris de la gloire , on rirait aujourd'hui d'un philosophe qui encouragerait des Français à penser aussi grandement que les Romains , et à imiter leurs vertus. Aussi n'est-

' Son epitaphe , composée , dit-on , par luimême , portait en substance que personne n'avait fait tant de bien à ses amis , ni tant de mal à ses ennemis. F.

^ Cncius Pompeius reçut de Sylla le surnom de Grand, qu'il justifia par ses victoires et par son crédit. Mais il fut vaincu par César à Pharsale. F.

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