S'IX. —/SALUTATION A LA SAINTE VIERGE
La être Se et honorée en la manière qui est exiée en la huitième salutation : Ave Maria Domina di. etc., parce qu ’en effet toute puissance, après son et par dépendance de celle de son Fils. lui a été iée de Dieu au ciel et en la terre, selon la langage des tSPères : Fecit in te magna qui potens est, dit le bien- ‘eux et saint Cardinal Pierre Damien parlant à la très le Vierge : e{ data est tibi omnis potestas' in cælo et ma! : « Le Tout-Puissant vous a fait choses grandes, ute puissance vous a été donnée au ciel et en la y» Et certes, si Notre-Seigneur nous assure que ia possibilia sunt credenti?: « Tout est possible à cepui croit en lui » : combien davantage à celle qui ngendré, et qui a plus de fidélité et d'amour pour elle seule, que tous les fidèles ensemble! Et si tre saint Paul dit hardiment qu'il peuttout en celui le conforle* : combien davantage peut-on dire de la e des Apôtres et de l'univers, qu’elle a tout pouvoir el et en la terre, en celui qui commande à la terre et el, et qui est son Fils et son tout!
en effet, quel pouvoir n’a point celle au seul nom quelle toutes les puissances des ténèbres tremblent nt contraintes de s’enfuir ? Quel pouvoir n'a point devant laquelle toutes les forces de la terre ne sont ne paille, et qui dit d’elle-méme, le Saint-Esprit la nt parler ainsi : C'est par moi que les rois règnent, es princes commandent, et que les puissants font leurs ls et ordonnances * ? Quel pouvoir n’a point celle de lépendent,les Anges, les Archanges, les Puissances, lertus, les Dominations, et tous les Saints qui sont
rmo XI de Nativ. B. M. V.
arc. IX, 22.
Omnia possum in eo qui me confortat. » Philip. IV.13.
Per me reges regnant, et legum conditores justa decernunt ;
e principes imperant, et PARRteE decernunt justitiam. » Prop 15, 16. 3 à
au ciel, el à la voix de laquelle ils obéissent pone ment ? Quel pouvoir n'a point celle à laquellerle Puissant à voulu s’assujétir en laterre, selon ces par évangéliques : EE erat subditus illis'; et qu'il honoi éternellement dans le ciel comme sa Mère ? Quel poux n à point celle qui porte et portera à jamais la qualité Fille’ aînée et très aimée du Père: éternel, der Mère Fils de Dieu, d'Épouse du Saint-Esprit, et que la sainte Trinité a couronnée et établie Reine et Da souveraine de l'univers, et qu’elle a exaltée par-des tout ce qui est au ciel et en la terre : de sorte q n'y a que Dieu seul et l'Homme-Diew au-des d'elle, et que ce qui n'est point Dieuest sous ses pi et en sa dépendance !
Après cela, qui peut douter de sa puissanec, sans faire lort et sans offenser celui qui la lui a donnée peut douter qu'elle ne prenne un singulier contente à être salnée et honorée comme Dame de l'univers, qu tout pouvoir au ciel elen la terre; d'autant qu'elle ax grande joie de tous les dons que Dieu lui a faits, vu cest par ces mêmes dons qu'il'estet sera éternelleme glorifié en elle ?
Mais particulièrement le grand amour qu'elle æ ceux qui l’aiment et la servent, lui cause une: joie spée de ce qu'elle a un privilège et un pouvoir extraordina de les bénir, protéger, assister, favoriser, et de les cù -bler de toutes sortes de grâces: et de ce qu'elle am pouvoir sur les volontés de son Fils pour leurtobtemit lui toute sorte de miséricordes et de faveurse VII. Celte”très aimable et très admirable Vierge Mère tout ensemble a déclaré à quelques-uns dem favoris, ainsi qu'il est raconté au .Traité IV de la Couronne. chap. 9,$ 9°, qu'entre les titres d'homme ut MoN
a CORRE (le P. Jacques Rhem de la Cases de Jést étaitun jour en pêine de savoir quelle épithète ou titre d'honmi
A $ IX. — SALUTATION À LA SAINTE VIERGE 337 jui lui étaient donnés dansles Litanies qu'on chante tous les jours à sa louange, ceux qui’lui agréaient le plus: étaient : Virgo fidelis, Mater amabilis, et surtout Water idmirabilis, parce que ce dernier comprend tout ce qui se peut.dire et penser de plus grand, de plus rare et de plus admirable de cette Vierge et Mère incomparable. IX. Cette Mère d'amour! ayant tant de pouvoir auprès de son Fils et tant de bonté pour ceux qui la servent et invoquent, il y a grand sujet d'espérer de sa
agréait le plus à la Reine des Anges, il entendit clairement et intelligiblement que c'était celui de Mater admirabilis par lequel, comme par un trait raccourci, on donne à entendre quelle a été si admirablement Mère et Vierge tout ensemble, que nulle éloquence humaine ne le peut assez dignement expliquer... Je sais bien qu'à quelque autre la même Vierge a fait connaître qu'elle se plaisait uniquement à ces deux titres : Mater amabilis et Virgo fidelis ; mais en cela il n’y a nulle contradiction, attendu que celte diversité est seulement à l'égard des personnes de qui elle se plait d'ètre différemment honorée, selon les dispositions qui se retrouvent en elles, ou suivant les sentiments qu elle juge leur être les plus convenables. » Poiré, La Triple Couronne, |. c.
! Dans le livre imprimé à Autun en 1648, le Z 1X est ainsi concu:
« Cette Mère d'amour et de miséricorde a promis à un de ses enfants qu'à tous ceux qui diront cette prière avec dévotion ou bonne volonté, s'il sont en la grâce de Dieu, elle augmentera l'amour divin dans leur cœur, à chacune de ces douze salutations ou bénédictions qui y sont contenues; et que, s’ils sont en péché mortel, de sa main douce et virginale elle frappera à la porte de leur cœur, à chaque salutation et bénédiction qu'ils diront, pour les exciter de l'ouvrir à la grâce. À raison de quoi elle a ajouté que, quand on trouverait des personnes engagées dans le péché et difficiles à convertir, etc. », comme ci-dessus.
Il est facile de comprendre que c’est à lui-mème que la très sainte Wierge a fait cette promesse. C’est par humilité que le saint homme a supprimé dans les éditions suivantes cet aveu qui heureusement lui avait échappé dans la première édition. Il craignaït que ce passage ne fût de nature à lui concilier l'estime et l'admiration de ceux
qui viendraient à le lire. On voit par là les progrès constants qu'il faisait dans la vertu d'humilité.
358 EXERCICE .DE PIÉTÉ grande miséricorde qu’à tous ceux qui diront cette prière avec dévotion ou bonne volonté, s'ils sont en la grâce de Dieu, elle augmentera l'amour divin dans leur cœur à chacune des salutations et bénédictions qui y sont contenues ; et que, si par malheur ils sont en péché mortel, de sa main douce et virginale elle frappera à la porte de leur cœur à chaque salutation et bénédiction qu'ils diront, pour les exciter de l'ouvrir à la grâce. C'est pourquoi, quand on trouvera des personnes engagées dans le péché et difficiles à convertir, il sera bon de les exciter à dire de bon cœur cette Salutation, ou tout au moins à consentir qu’on la dise pour eux, ce qui & été pratiqué plusieurs fois depuis peu de temps, et on en a vu des effets merveilleux. .
Toutes ces considérations font voir combien cette Salutation est agréable à notre Mère admirable, et combien elle est pleine de bénédictions pour ceux qui la diront avec dévotion. C’est pourquoi, voici que je vous [am présente au nom et de la part de cette Mère”très aimable; la suppliant très humblement qu'elle nous obtienne de son Fils la grâce de la regarder, honorer, servir et aimer comme notre souveraine Dame et notre très chère Mère, -et d'être regardés, traités et aimés!d’elle comme ses petits serviteurs et ses très chers enfants; et qu’en ces qualités, sa protection, direction et bénédiction demeurent toujours sur nous dans le temps et dans l'éternité. |