‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 2)Chapitre 110 sur 208 · DU FILS DE DIEU ET DE SA TRÈS SACRÉE MÈRE · texte numérisé non relu

DU FILS DE DIEU ET DE SA TRÈS SACRÉE MÈRE

EL: dévotion que tous les cœurs consacrés à Jésus et à Marie sa très précieuse Mère, doivent avoir vers leur très aimable Cœur, est d'autant plus recomman-dable, que c’a été le même Sauveur qui en a donné les premières lecons à sainte Mecthilde, comme ilest marqué en sa Vie, et rapporté par l’auteur de la Z'riple Couronne dé la Vierge*.

Car premièrement, il lui enseigna de saluer son très divin Cœur en plusieurs manières, d’y-avoir recours en ses nécessités, et d'y chercher ses plus doux entretiens ; et, par le moyen de cet exercice, il l’enrichit d’un grand nombre de grâces inestimables?.

Secondement, comme un jour, pendant l'Avent, cette sainte désirait saluer la très glorieuse Vierge, Marie, son Fils bien-aimé lui donna cette belle et sainte instruction:

lPoiré, La Triple Couronne, Traité IV, chap. 4,S$ 4.

2« Mane cum primo surgis, saluta florens et amans Cor dulcissimi amatoris tui, a quo omne bonum, omne gaudium, et omnis felicitas effluxit in cœlo et in terra, effluit et effluet sine fine ; et cor tuum totis viribus ejus Cordi infundere conare, ita dicens : Laudo, benedico, glorifico et saluto dulcissimum et benignissimum Cor Jesu Christi, fidelissimi amoris mei, gratias agens pro fideli custodia, qua me hac nocte protexisti, et pro me laudes et gratiarum actiones et omnia quæ ego debebam Deo Patri incessanter persolvisti. Et nunc, o unice amator meus, offero tibi cor meum, etc. » Liber specialis gratiæ, P. II, cap. 17. Cf, etiam P. 1, cap. 5 et 18; P. IT, cap. 16 et 17, P. III, cap. 2. ;

?In Adventu Domini, cum gloriosam Virginem Mariam cuperet salutare, sic a Domino est edocta : « Saluta, inquam, virgineum Cor Matris meæ in affluentia omnium bonorum in quibus hominibus

«Tu salueras, lui dit-il, le Cœur virginal de ma Mère,

comme une mer pleine de grâces célestes, et comme un

trésor rempli de toutes sortes de biens pour ‘les.

hommes.

« Tu le salueras comme le plus pur qui ait jamais été

après le mien. Car elle fut la première qui fit vœu de vir-…

ginité.

Tu le salueras comme le plus humble. Car, par son humilité elle m'a tiré du sein de mon Père et a mérité de me concevoir en ses sacrées entrailles par la vertu du Saint-Esprit.

« Tu le salueras comme le plus dévotet le plus ardall

dans le désir de mon Incarnation et de ma naissance en la terre. Car la ferveur de ses désirs et de ses soupirs m'a attiré en elle et a été occasion du salut des hommes. . Tu le saluêras comme le plus embrasé en l'ameuf dé Dieu et du prochain. 4 « Tu le salueras comme le plus sage et le plus ul Car elle a conservé très dignement en son Cœur tout ce” qui s est passé en mon enfance, en ma jeunesse et en mon àge parfait, et elle en à fait un très saint usage.

Tu le salueras comme le plus patient. Car il a été transpercé de mille traits de douleur, et au temps de ma

sainte Passion, et depuis par le souvenir perpétuel qu'elle avait de mes souffrances.

« Tu le salueras comme le plus fidèle. Car non seule-

perutile fuit : scilicet quod fuit purissimun ; unde prima votum

virginitatis emisit. Secundo humillimum ; quia præcipue meruit de Spiritu sanclo concipere, Tertio devotissimu et desiderantissimum ; quia suo desiderio me sibi intraxit. Quarto lferveutissimmm -in me ad Deum et ad proximum. Quinto fuit conservantissimum, diligenter omnia conservans quæ in infantia, pueritia el juventute

peregi. Sexto patientissimgm in mea passione, quæ maxime Cor

ejus per jugem memoriam pertransivit. Septimo fidelissimum, quià me unicum suum pro mundi redemptione voluit immolari. Octavo in orationibus maxime sollicitum. pro Ecclesia novella jugiter intercedens. Nous ut contemplatione sedulum, suis meritis gratiam hominibus impetrando. » Liber spec. gratiæ, Pars Ï, cap 2.

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