X. — SALUTATION AUX SACRÉS COURS
-ment elle a consenti que moi, qui suis son Fils unique, aie été immolé ; maïs elle-même m'a offert en sacrifice à mon Père éternel pour la rédemption du monde « Tu le salueras comme le plus soigneux, le plus vigilant et le plus zélé au regard de mon Église naissante. Car le soin qu'elle avait de nrier sans cesse pour elle ne peut être assez prisé ni reconnu.
« Tu le salueras comme le plus assidu et le plus élevé en contemplation. Car il ne se peut dire combien de grâces et de faveurs elle a impétré aux hommes par la
force de ses oraisons. ».
Voilà ce que Notre-Seigneur dit à sainte Mecthilde. Et partant, si vous désirez lui plaire et à sa très digne Mère, et participer aux bénédictions de ces saints exercices enseignés de la: propre bouche du Verbe étérnel, servezvous de la Salutation suivante qui en contient la pratique.
Elle s'adresse conjointement au très saint Cœur de Jésus et de Marie. Car, encore que le Cœur du Fils soit différent! de celui de la Mère, et qu'il le surpasse infiniment en excellence et en sainteté, si est-ce que Dieu a uni si étroitement ces deux Cœurs, qu'on peut dire avec vérité qu'ils ne sont qu’un Cœur; parce qu'ils ont toujours été animés d'un même esprit et rempli des mêmes sentiments et affections. Joint que Jésus est tellement vivant
» et réguant en Marie, que véritablement il est l’âme de son âme, l'esprit de son esprit et le cœur de son cœur. Si bien qu à proprement parler, le Cœur de Marie c'est Jé-
- sus ; etainsi saluer el adorer? le Cœur de Marie, c’est sa-
lOn voit, par cette expression, cequil faut penser des adversaires du V. P. Eudes, affirmant qu'il ne présente à notre dévotion qu'un cœur moral, purement métaphysique, un être idéal, d'une unité absolue, sans existence, si ce n’est dans notre esprit. Dès le principeil nous montre deux Cœurs parfaitement distincts, et celui de Jésus surpassant infiniment celui de Marie.
3 À l'époque on écrivait le V. P. Eudes, le mot adorer n'avait point, comme il a aujourd'hui dans notre langue, le sens exclusif de culte de latrie; il signifiait vénérer d'une manière générale, comme le
né 0
364 EXERCICE DE PIÉTÉ FT luer et adorer Jésus en tant qu'il est l'esprit, l’âme, la vie) et le Cœur de sa très sainte Mère. l Je supplie! et conjure le Fils et la Mère, par leur très saint Cœur et par l'amour très parfait qu'ils se portent! l'un à l’autre, de prendre une pleine et absolue posses= sion des cœurs de ceux qui auront dévotion à ce très aimable Cœur, et qui se serviront de la Salutation suivante” pour le saluer et honorer, et de les remplir d'un désir. très ardent de se purifier de plus en plus de toute sorte de péché, afin d'être plus capables de recevoir les dons, grâces et bénédictions divines qu'ils désirent leur com" Mmuniquer.
Je les supplie aussi d'envoyer des étincelles du feu” divin qui embrase leur très sacré Cœur, dans les cœurs de ceux qui célébreront tous les ans, avec affection, la mot latin adorare. Cf. les explications du P. François Poiré sur”
« l’adoration due à la Très Sainte Vierge » dans sa Triple Couronne, * Traité IV. ch. 8. .
! Dans la première édition de ce préambule à la Salutation Ave Cor, (Autun 1648), ce passage est ainsi conçu :
« Vous dirai-je, mon cher Frère, que cette Mère de belle dilection a promis à l’un de ses serviteurs qu'elle enverra des étincelles du feu divin qui embrase son Cœur virginal, dans les cœurs de ceux qui célébreront avec affection la fête de ce même Cœur, afin de les réchauffer s'ils sont tièdes, et, s'ils sont déjà enflammés, de les embraser de plus en plus en l'amour sacré. Et qu’à ceux qui diront avec dévotion la Salutation. suivante, elle leur donnera des désirs de se purifier de plus en plus de toute sorte de péché, afin d'être plus capables de recevoir les dons, grâces et bénédictions divines.
« Souvenez-vous donc de cette fête, que plusieurs font par dévotion le premier jour de juin, et d’autres le huitième de . février ; et dites au moins une fois tous les jours la Salutation au très aimable Cœur de Jésus et Marie, etc... » comme cidessus.
: C’est par un sentiment d'humilité que le Vénérable a modifié ce
. passage dans les éditions suivantes. Voir ce que nous avons dit précédemment, page 357; note 1, au bas. F:
$ X. — SALUTATION AUX SACRÉS CŒURS 365 * le de ce même Cœur, afin de les réchauffer s'ils sont , èdes, et s'ils sont déjà enflammés, de les embraser de lüs en plus en l'amour sacré.
O Jésus, Fils de Marie, d Marie, Mère de Jésus, j'ai mfance en la très grande bénignité de votre très doux œur, que vous accomplirez tes choses.
Gravez donc dans votre cœur, vous qui lisez ceci, cette tequi se fait le 8 février ; et dites au moins une fois tous s jours la Salutation au très aimable Cœur de Jésus et de arie, pour y rendre chaque jour quelque honneur spéal, et pour conjurer le Fils, par le très saint Cœur de Mère, qui n’est autre que lui-même, qu'il imprime ans votre cœur une partlicipalion et une image vive des ualités et vertus très éminentes dont ce divin Cœur est rné, et qu'enfin il vous fasse selon son Cœur.