‹ Œuvres comple?tes du venerable Jean Eudes (volume 2)Chapitre 15 sur 208 · Point · texte numérisé non relu

Point

NONSIDÉRONS que la très sainte Vierge a été semblable à À son Fils en son anéantissement, et qu'elle l’a imité rès parfaitement en ses pensées et dispositions intéieures, en ses paroles et actions, en la manière qui a té dite, à proportion ; qu'elle a aussi anéanti sa propre olonté, son amour propre et son propre esprit, quoique Dutes ces choses fussent saintes en elle. Honorons-la ans cet anéantissement, et la prions de nous obtenir la râce de l'y suivre.

2° Point.

MUNSIDÉRONS que la même Vierge s'est traitée elle-même À et a été traitée des autres en ce monde, comme si Île n'avait été rien. Offrons à Dieu toute la gloire qu'elle ui a rendue par ce moyen. Efforcons-nous de l’exalter n récompense de ses abaissements, et tâchons de imiter.

3° Point.

MONSIDÉRONS que le Fils de Dieu compare son Église à À un grain de moutarde, quod minimum est omnibus eminibus!, « qui est la plus petite de toutes les graines » ;

4Matth. XIII, 32.

et qu'il a voulu qu'elle soit petite, humiliée et anéanti en ce monde. Petite en ses fondements, étant fondée su un homme crucifié, et sur douze pauvres pêcheurs san science et sans puissance, qui ont tous passé par le mains des bourreaux. Petite en ses premiers membres! Voyez votre vocation, dit saint Paul. Y a t-il beaucoup d grands esprits et d'hommes savants parmi nous ? beaucot} de puissants ? beaucoup de nobles ? Non; mais Dieu a cho si les choses faibles, basses el contemptibles, et les chose qui ne sont point, pour confondre celles qui sont'. L'Églis est encore pelile en ses sacrements, qui sont renfermé dans des choses basses : comme le Baptème, sousun pal d’eau ; la sainte Eucharistie, sous un peu de pain, etc.

Le Fils de Dieu en a ainsi ordonné pour trois raisons. : Premièrement, pour confondre l'orgueil et la sagesse h& maine, qui veut toujours que ses œuvres paraissent et écla tent; mais lui veut que son plus grand ouvrage, qui es son Église, soit caché sous ces bassesses. — Secondement pour nous anprendre à ne pas nous conduire selon le sens et la raison humaine, qui n'estiment et qui ne ré gardent que les choses sensibles, palpables et apparentes mais selon l'esprit de la foi, qui ne considère que le choses invisibles et éternelles, selon ces paroles sacrées. Non contemplantibus nobis quæ videntur, sed quæ non vi dentur ; quæ enim videntur temporalia sunt, quæ auta non videntur æterna sunt? : « Nous ne regardons poñ les choses visibles, mais les invisibles ; car les visible sont temporelles et passagères, et les invisibles sont per manenles et éternelles. » — 7'roisièmement, pour nous e seigner à mépriser les pensées et opinions du monde,

‘ « Videte enim vocationem vestram, fratres, quia non multi s pientes secundum carnem, non multi potentes, non multi nobiles ; s quæ stulta sunt mundi elegit Deus, ut confundat sapientes ; et i firma mundi elegit Deus, ut confundat fortia ; et ignobilia mundi contemptibilia elegit Deus, et ea quæ non sunt, ut ea quæ sunt d trueret ». 1 Cor. 1, 26-28.

3 11 Cor. IV, 18.

ne nous soucier point du tout de lui plaire. Si Notre- Seigneur avait voulu plaire au monde, il aurait fondé son glise sur les rois, les grands et les sages de la terre, et Wurait tenu un procédé tout contraire en sa doctrine et en lés sacrements ; mais il a voulu nous apprendre à le mé- >riser, et à mettre tout notre soin à plaire à Dieu seul en out ce que nous faisons, et à lui plaire en nous humiliant f abaissant partout et en toutes choses.

… DRAISON JAGULATOIRE : Domine Jesu Christe, nihil sumus.

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