Point
1 plus grande peine des damnés, c'est l'ire de Dieu : Vocabuntur populus cui iratus est Dominus usque in ælernum". Ils aimeraient mieux être brûlés dans un feu dix fois plus ardent que celui dans lequel ils sont, dit saint Chrysostome, que de voir la face de Dieu embrasée
lMalach. 1, 4.
tomme elle est de courroux contre eux'. C'est pourquoi ils crieront, au jour du jugement : WMontes cadite super nos, et abscondite nos a facie sedentis super thronum, et ab da Agni; quoniam venit dies magnus iræ ipsorum; el quis poterit stare? ? « Montagnes, tombez sur nous et nous cachez, afin que nous ne voyions point la face de celui qui est assis sur le trône, ni la colère de l’Agneau, car le grand jour de leur ire est venu, et qui pourra subsister devant eux? » Et saint Paul nous annonce que : Pœnas dabunt in inlerilu æternas a facie Domini* : « Ils souffriront des peines éternelles par la face du Seigneur embrasée de colère contre eux. »
Nous avons mérité d’être en cet état-là ; et nous aurions été infailliblement et éternellement l’objet de l'ire de Dieu, de l’ire du Père, du Fils et du Saint-Esprit, si Notre-Seigneur Jésus-Christ ne nous en avait délivrés en portant pour nous les colères de son Père, selon ces siennes paroles : Zransierunt in me iræ luæ*. Bénissons-le, aimons-le, et humilions-nous, considérant que, puisque nous avons mérité l’ire de Dieu, nous avons par conséquent mérité d'être privés de toutes ses grâces et de tous les effets de sa honté ; et que nous avons mérité beaucoup davantage toutes les autres peines de cette Vie, et tous les supplices même de l'enfer, qui sont beauoup moindres que celui de lire de Dieu.
2e Point.
N° seulement les damnés sont l'objet de l'ire de Dieu ; mais aussi ils sont l'objet de l’ire de toutes les créa- Lures de Dieu, raisonnables et irraisonnables, sensibles
1 « Intolerabilis quidem res est gehenna, quis nesciat? et supplicium ïillud horribile. Tumen si quis ponat mille gehennas, nihil lale dicturus est quale est ex beata illa gloria excidere, Christo exosun esse, et audire ab illo : Non novi vos. » Chrysost. Homil. 23 im Matth. n. 8. Cf. S. Thom. Compend. theolog. c. 174.
> Apoc. VI, 16. — SIL Thess. 1, 9. — # Ps. LXXXVII, 17.
et insensibles, qui sont au ciel, en la terre, et dans l'enfer Car la justice de Dieu arme toutes ses créatures contre eux : Armabit creaturam ad ultionem inimicorum... à pugnabil pro eo orbis terrarum contra insensatos *.
Premièrement, la Vierge, tous les Anges et tous les Saints du ciel, lesquels sont tous animés de l'ire de Diet contre eux. Car Dieu leur communique tous ses senti inents ; et plus ils sont unis à Dieu, plus ils participentà ses inclinatious. C'est pourquoi ils aiment ce que Diet aime, et ils haïssent ce qu'il hait. De là vient que la sainte Vierge a plus de colère elle seule contre les damnés, que tous les Anges et tous les Saints ensemble ; et ainsi el est-il à proportion de tous les autres Saints.
Secondement, toutes les créatures qui sont en la terre même celles qui sont insensibles et inanimées de leu nature, sont pourtant animées de lire de Dieu contre ces misérables ; en sorte qu'il n’y a pas un petit atome qui ne soit plein de fureur contre eux, qui ne serve à la jus tice de Dieu pour prendre vengeance des injures qu'il ont faites au Créateur.
Troisièmement, tous les damnés mêmes et les démons servent à cette même justice, et sont animés de l’ire dt Dieu et pleins de fureur les uns contre les autres. D sorte qu'ils sont bourreaux les uns des autres, pour st déchirer, maudire et tourmenter les uns les autres.
Quatrièmement, chaque damné est son propre bou reau, étant plein de rage contre soi-même, se haïssant plus soi-même, étant plus insupportable à soi-même, € exerçant une plus grande colère contre soi-même, que n£ font pas tous les autres démons et damnés au regard de lui; et ce par un juste jugement de Dieu, et par un effêl et une impression de lire de Dieu, dont il est animé et rempli contre soi-même.
1 Sap. V, 18-21.
outes les créatures de Dieu ; et nous y aurions été réduits ni aïlliblement, si Notre-Seigneur ne nous en avait déliës, ayant pris notre place, et ayant voulu pour cette fin re l'objet de la haïne de tout le monde et de la perséition de toutes les créatures. Aimons-le et le bénissons, tqu'ilsoit l'unique objet de notre amour. Humilions-nous bitournons toutes nos haïnes, colères, mépris contre ous ; et considérons que, si nous avons mérité d'être objet de l’ire de toates les créatures de Dieu, nous mmes très indignes qu'aucune nous fasse aucun bien ; bque, quand toutes les créatures emploieraient toutes eurs forces pour nous humilier et persécuter, nous le nériterions bien.
3° Point.
UTRE l'ire de Dieu et de toutes les créatures, les damnés souffriront encore plusieurs autres peines éterelles : le ver rongeant : Vermis eorum non moritur* ; la ianteur insupportable, fœtor intolerabilis*; les cris, les urlements, les blasphèmes, la faim, la soif, le feu, les
sternité de tous ces maux.
Nous avons mérité tout cela, et par conséquent nous
bignominies de ce monde. Mourons donc de honte, toutes ces choses, d'avoir encore de l'orgueil, de
Marc. IX, 45; Is. LXVI, 24.
2Le V. P. Eudes fait probablement allusion aux textes d'Isaie, Il. XXXIV, 3.
2Le P. Lessius a décrit les diverses peines des damnés, et en parculier celles que V. P. Eudes énumère ici, dans son excellent oue : De perfectionibus divinis, 1. XII, ec. xxix.
la vanité, de l'estime de nous-mêmes ; de croire qu’or nous doive quelque chose, et de ne pouvoir souffrir au cune humiliation. El prions Dieu qu'il grave puissammen dans notre esprit la connaissance de nos trois partagés à savoir : le néant, le péché, l’ire de Dieu et de toutes les créatures de Dieu, etles peineséternelles. C'est ce qui est exprimé dans ces paroles de notre profession d’humilité# Nihil possumus, nihil valemus, servi inutiles sumus, nihà habemus præter peccatum, natura filii iræ. Ne passons aucun jour sans nous en souvenir et sans les considérer afin qu'en toutes les occasions auxquelles nous auronk besoin de nous humilier, qui se rencontrent à tou heure, nous ayons ces partages toujours présents dans l'esprit, et qu'ils nous servent pour nous humilier san$ cesse et en toutes choses, selon cet enseignement du Saint-Esprit : Æumilia te in omnibus, ete.
ORAISON JACULATOIRE : /Vobis peccatoribus confusio ignominia, tibi autem honor et gloria in sæcula sæculos rum. Amen.
QUATORZIÈME MÉDITATION Sur ces paroles :
NOVISSIMI VIRORUM.
1° Point.
P- AR ces paroles, nous faisons profession de nous vous
loir regarder et traiter, et d'être bien aises d'être regardés et traités comme les derniers de tous Îe hommes.
i Eceli. IN, 20.
Pour nous aider à entrer dans ce sentiment et dans la vérité de ces mêmes paroles, considérons premièrement et adorons Notre-Seigneur Jésus-Christ prononcant ces paroles pour chacun de nous : Recumbe in novissimo locot : « Mettez-vous au dernier lieu. » Adorons les pensées et desseins qu'il avait sur un chacun de nous en les prononcant. Humilions-nous et lui demandons pardon de l'empêchement que nous y avons mis jusqu'à présent, etle prions qu'il nous fasse la grâce de n'y en apporter plus. Donnons-nous à l'esprit qui lui a fait prononcer ces paroles, afin quil nous en fasse porter l'effet. Et de notre côté entrons dans un vif désir de les mettre en pratique.
2t Point.
ONSIDÉRONS que Notre-Seigneur n’a rien enseigné qu'il n'ait pratiqué tout Le premier, et qu'il s’est mis au dernier lieu en toutes manières, à savoir par ses paroles, par ses pensées et dispositions intérieures, et par ses actions. Par ses paroles; car il a dit, parlant de soi-même : Ego sum vermis et non homo?. Adorons-le prononçant ces paroles, et considérons qu'entre toutes les créatures, le ver est la plus abjecte. Car il est dans la plus basse partie de ce monde, qui est la terre, et sous les pieds de toutes les créatures. De même le Fils de Dieu s’est mis sous les pieds de tout le monde.
Il s’est nommé aussi fort souvent Filius hominis*, pour confondre notre orgueil,[ à nous] qui voulons être regardés et nommés selon ce qu'il y a de plus excellent en nous; et Jésus, qui est Dieu et homme, Fils de Dieu et Fils de l'homme, prend son nom de ce qu'il y a de plus bas en lui, et il s'appelle le Fils de l'homme, c'est-à-dire le Fils
! Luc XIV, 10.
EPSEXXT, 7, 3 Luc. X{I, 8, 10.
du pécheur, qui de soi n’est que néant, que péché @ que damnation; portant en ce nom la marque et 1 caractère de pécheur, qui est la plus grande de toute les humiliations, ;
De plus, après avoir dit de saint Jean-Baptiste : /nte natos mulierum non surrexit major Joanne Baptista, i dit ensuite, parlant de soi-même : Qui minor est in regn cælorum, major est illot : « Celui qui est le plus petit dan le royaume des cieux (c’est-à-dire dans l'Église) est plu grand que lui. » Mais comment est-ce que cela s'accorde Minor est major : « Celui qui est le plus petit est le plu grand ? » S'ilest plus grand que saint Jean-Baptiste, com ment est-ce qu'il est le plus petit dans l'Église ? Et si est le plus petit du Royaume des cieux, comment est-ce qu'il est plus grand que saint Jean? Il est plus grand véritablement et en effet ; mais il se dit le plus petit, parce qu'il s'est traité et a voulu être traité comme le dernier de tous les hommes, ainsi que nous verrons.
Enfin il veut être appelé dans ses Écritures, Vovissimus virorum?, « le dernier de tous les hommes ». Voilà un de ses litres d'honneur. Voilà de quoi il se glorifie, et il veut que cela soit couché dans ses Écritures, et entre ses qua lités. Adorons-le s’humiliant ainsi, et prenant le dernier lieu par ses paroles.
Humilions-nous de ce que tant de fois nous nous sommes exaltés dans nos paroles, et prenons résolution d'en re= trancher tout ce qui est contraire à l'humilité, et prions Dieu qu'il nous en donne la grâce.
3° Point.
T° Fils de Dieu s’est mis au dernier lieu par ses pensées, sentiments et dispositions intérieures. Car il est très certain qu'elles étaient conformes à ses paroles, et que Math. XI, 11. | Asa. "LINL,*8.
s'est regardé et réputé comme le dernier des hommes. Mil a toujours été dans cette disposition devant Dieu, intérieurement il s'est toujours mis au dernier lieu. arce qu'il se regardait comme chargé de tous les péhés des hommes, comme tenant la place de tous les riminels et comme obligé de porter l'humiliation de jus leurs crimes, et par conséquent de s’'abaisser ausssous de toutes choses. Adorons-le dans ces sentiments et dispositions; donnons-nous à lui et le prions qu'il nous en rende participants.
“ORAISON JACULATOIRE : Domine Jesu, recumham in novisno loco.
Sur ces mêmes paroles :
NOVISSIMI VIRORUM.
1“ Point.
NyorrE-SEIGxEUR s'est mis au dernier lieu, non seulement par ses paroles, et par ses pensées et disposilions intérieures, mais aussi par ses actions et en tout le ‘ours de sa vie. |
Ayant à se faire homme, il pouvait prendre l'état le lus parfait de la vie humaine, dès le moment de sonin-
qu'il donna à Adam en le créant; mais entre tous les stats de la vie humaine il a choisi le dernier, qui est celui le l'enfance.
Avant à naître d’une mère, il en pouvait choisir une
reine, ou une princesse, ou une grande dame ; mais il en choisit une qui est de la plus basse condition, telle qu’es la condition des personnes pauvres et qui gagnent leut vie à la peine de leurs bras; et il en choisit une qu s'estime et se regarde comme la dernière de toutes les créatures.
Il choisit aussi un père nourricier de cette même coïi
soit tant ire nee saint Joseph.
Ayant à s’incarner dans la Judée, il pouvait choisir Jé rusalem ou quelque autre ville célèbre ; mais il a choisi Nazareth, lieu très contemptible, ainsi qu’il appert pa ces paroles de Nathanaël : À Nazareth potest aliquid bon esse! ? « Peut-il sortir AE - chose de bon de Nazareth ?»
Ayant à naître, il pouvait choisir un palais ou quelqué autre lieu plus M que celui qu il a choisi ; maisil veut naître dans le lieu le plus abject, c'est-à-dire dank une étable et une caverne qui était la retraite des bêtes Et naissant, il veut être mis dans la crèche des bêtes, sui la paille, entre un bœuf et un âne. |
Huit jours après sa naissance, il veut prendre marque de pécheur et les livrées du péché par la circo cision, qui est se mettre au dernier lieu, puisqu'il n'y@ rien de plus bas que le péché et la qualité de pécheu dont il prend la ressemblance.
Lorsqu'il nait, il choisit le temps, la saison, le mois le moment de l'année le plus fâcheux ; et il veut naître qualité non de Seigneur ou de maître, mais de sujet ‘ de vassal d'Auguste, et il veut être enrôlé sur le registre d'Auguste en cette qualité.
Lorsqu'il'est présenté au Temple, ilveutqu'on offre po lui non pas un agneau, qui était l’offrande des riches et d
! Joan. I, 46.
premiers du peuple, mais deux pigeons, ou deux tourterelles, qui étaient l’offrande des pauvres et des derniers.
Lorsque Hérode le cherche pour le tuer, entre quantité de moyens qu'il avait de se délivrer de ses mains, il choisit le dernier et le plus ignominieux, qui est la fuite.
Entre tous les pays où il pouvait s'enfuir, il choisit le plus indigne de sa présence, à savoir l'Égypte, comme étant le pays du monde où il y avait plus d'idolätrie, et où le diable régnait davantage.
Lorsqu'il se trouve entre les docteurs, il y est non en qualité de docteur, mais de disciple. Il y paraît non comme savant, mais comme ignorant, interrogeant les docteurs, comme pour apprendre quelque chose, lui qui savait tout.
Adorons Notre-Seigneur en tous ces lieux et en toutes ces humiliations ; et plus il s’est humilié, plus efforçonsnous de l’exalter. Bénissons-le de la gloire qu'il a rendue à son Père éternel par ses abaissements. Prions-le qu'il nous donne part à cet esprit d'humilité.
2° Point.
D’ la maison de sa sainte Mère et de saint Joseph, le premier rang lui appartenait, et il prend le dernier. Et, quoiqu'il soit infiniment élevé au-dessus de l’un et de l'autre, il ne veut point d'autre qualité entre eux que de sujet : £4 erat subdilus illis*.
Entre toutes les conditions de la vie humaine, il ne prend pas celle de prince, ou de gentilhomme, ou de riche ; mais la dernière de toutes, qui est celle des pauvres et des personnes qui gagnent leur vie à la peine de leurs bras : Faber, et fabri filius? : « Celui-ci, disaient les Juifs parlant de lui, n'est-il pas charpentier et fils d’un charpentier ? »
Enson baptème, au fleuve du Jourdain, il prend encure
HUnc. IE, 51.
2 Matth. XI, 55; Marc. VI, 3.
le dernier lieu, voulant être baptisé, comme s'il était pécheur. Sic nos decet implere omnem justiliam!, ce dit-il M « C'est ainsi qu'il nous faut accomplir toute justice », c'est-à-dire toute humilité. 4
Lorsqu'il se retire dans les déserts, il y est entre les
bêtes; il permet à la plus vile de toutes les créatures, quil
est le diable, de l'approcher, de le tenter, et par consé quent de le traiter comme s’il était pécheur et capable de péché, et même de le toucher et de le porter en ses mains d'un lieu à un autre; et ainsi il se trouve là au dernier lieu, qui sont les mains de Satan.
Entre les apôtres et disciples, il prend Île derniers lieu, car il leur dit : Ego sum in medio vestri, non sicut quiv recumbit, sed sicut qui ministrat? : « Je suis au milieu de vous, non pas comme celui qui est assis à table, mais comme celui qui sert. » |
En son dernier souper avec eux, il se met à leurs bal | et fait l’action la plus basse qui se puisse faire, qui cl de leur laver les pieds, et même ceux de Judas, se mettant ainsi à ses pieds, c’est-à-dire aux pieds d'un OL selon ces siennes paroles : Unus ex vobis diabolus est? par conséquent au dernier lieu qui fût au monde, car. Judas était le plus méchant homme qui fût en la terre.
En sa passion, il est assujetti à la puissance des té-« nèbres : Aæc est hora vestra el potestas tenebrarum. Il est traité comme un fol et insensé par Hérode et par Pt son armée, et par les rues de la grande ville de Jérusalem, et il meurt en une croix. S'il est question de pauvreté : il nait, il vit, il meurt dans la plus grande pauvrelés qui puisse être. S'il est question de douleur : il soufire l'extrémité de tous les plus grands tourments en son corps et en son âme. S'il est question de privalions A jamais personne n'en à porté, ni n'en portera de sem-
L Matth. III, 15- L |
* Luc. XXII, 27. — 3 Joan. VI, 7!. — 4 Luc. XXII, 53.
blables. S'il est question d’humiliation : il n’en futnin’en sera jamais de pareille. Il est mort inter sceleratos'. Saturabitur opprobriis?, dit son Prophète : « Il sera rassasié d'opprobres. »
Il tient encore le dernier lieu dans son Église, au saint Sacrement, là où il est en qualité d’hostie, portant les péchés du monde, et là où ilest dans une humiliation et un anéantissement le plus grand qui puisse être, eu égard à la manière et à la durée de cette humiliation.
Enfin, dans l'état même de sa gloire au ciel, il veut porter à toute éternité les marques et les restes de la plus grande ignominie qui fut jamais, à savoir, les sacrées plaies qui sont les marques de son crucifiement et de sa mort très ignominieuse.
Adorons, bénissons et exaltons le Fils de Dieu pratiquant ainsi le premier ce qu'il a dit en ces paroles : /ecumbe in novissimo loco : « Mettez-vous au dernier lieu. » Et donnons-nous à lui pour entrer dans ses sentiments et dispositions.
3° Point.
ONSIDÉRONS les raisons pour lesquelles le Fils de Dieu a voulu ainsi se mettre au dernier lieu, qui sont quatre principales : Premièrement, pour rendre hommage, par cet extrême abaissement, à la suprême grandeur de son Père éternel. Secondement, pour réparer le déshonneur fait à son Père par l’orgueil des hommes, qui veulent toujours prendre le premier rang partout. 7'roisièmement pour confondre notre orgueil, et pour nous obliger à nous humilier par son exemple. Quatrièmement, pour nous mériter et acquérir gràce, par le moyen de laquelle nous puissions vaincre notre orgueil et l’imiter en son humilité.
Remercions-le de loules ces choses. Mourons de con-
11s. LIT, 12. — 2 Thren. Il, 30.
fusion de nous voir si superbes. Entrons dans un grand désir d'imiter Notre-Seigneur et d'obéir à ces siennes paroles : Aiecumbe in novissimo loco : « Mettez-vous au dernier lieu. » Donnons-nous pour cela à son esprit d’humilité. ‘
ORAISON JACULATOIRE : Domine Jesu, recumbam in novissimo loco. |
Sur ces mêmes paroles :
NOVISSIMI VIRORUM:
1” Point.
on seulement le Fils de Dieu s’est traité comme le dernier de tous les hommes, mais ila voulu être traité ainsi :
Premièrement, par les hommes, et par des hommes pécheurs et membres de Satan. Car jamais homme na été traité avec tant d’ignominie et de cruauté par les hommes, comme le Fils de Dieu.
Secondement, non seulement il a été ainsi traité par les hommes, mais par les démons dans le désert, lorsque l’esprit malin l’a tenté en plusieurs manières, comme s’il avait été capable de toutes sortes de péchés ; et que même il l’a porté et transporté d’un lieu en un autre, chose qu'il n’a jamais eu permission de faire au regard d'aucun autre, que nous sachions. Comme aussi il a été traité en cette façon au temps de sa passion, selon ces siennes paroles: Hæc est hora vestra et potestas tenebrarumt,qui nous marquent quil s’est assujetti à la puissance des ténèbres.
lLuc. XXII, 53.