XXXIIL. — PENSÉES ET MAXIMES DU BIENHEUREUX
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Sur l'humilité.
Un seul degré d’humilité vaut mieux qu'un royaume entier. C'est une grâce de Dieu d’être perséculé, pour rabattre l'orgueil et la bonne estime de ceux qui parlent en public, à qui un souffle de vanité peutraffler et emporter tout ce qu'ils ont fait de bien non seulement en une mission, mais même en toute leur vie.
Contre l'esprit du monde.
- L'esprit de Dieu ne se trouve point dans ceux qui sont pleins du monde et de ses nouveautés. Là où il y a tout du monde, il y a moins, ou plutôt il n'y a point du tout de Dieu. Nous sommes morts au siècle, qu'avons-nous à faire “des nouvelles d'un autre monde dont nous ne sommes plus ? Les morts ne s informent pas de ce qui se passe en ce monde ; parlons de notre monde et de ses nouvelles *. …. Mes Filles. je vous prie d'abhorrer le monde et ses maxi- “mes en toutes choses : qu'on ne voie parmi vous qu'une grande simplicité en toutes vos manières et vos paroles à.
“Contre l'atlache aux créatures, à propos d'un missionnaire $ )
qui avait abandonné sa vocation par amour pour ses parents.
Oh ! que c’est un grand mal que l’attache à quelque créature que ce soit! Oh ! que nous sommes heureux de ce qu'il ne nous est pas permis de faire des liaisons dans nos missions, étant obligés de nous séparer souvent pour “jamais des personnes qui seraient le plus capables de
“nous donner de l’attache. Il est hors de mon cœur, pour “mavoir trompé et n'être pas venu à la mission de Bour- “gogne, comme ilme l'avait promis et le devait faire pour
4. Hérambourg, 1. 2, ch. 30. — 2. Costil, Annales, 1. 6, n. 2. 3. Annales de Notre-Dame de Charite, Livre IF, 2 24.
208 OPUSCULES ET FRAGMENTS renoncer, selon l'Évangile, à ses père et mère qui le rele: naient, et pour se détacher de certaines affections d' ani tant plus dangereuses qu'elles lui paraissaient innocentes Qu'on dise pourtant une messe pour lui : s'ileût L été fidèle à Dieu on en eût dit davantage. Dieu est bien juste : il l'a retiré pour châtier ses parents qui l’aimaient trop. 4 souhaite qu'il soit en Purgatoire : il serait bien heureu “car les prêtres ne vont pas si aisément en paradisi.
Sur les soins que réclament le corps.
Ce misérable corps ne veut rien faire, s'il n’est bien : servi et traité souvent. Cette misérable carcasse SE bien de la peine?.
Sur les procès, à propos d'une chasuble ayant serviau Caÿdinal de Birulle, qui lui avait été donnée par l'Évêèque de Saint-Malo, et’que réclamaient les Pères de l'Oratoire« Quand je serais sûr de gagner le procès qu'on me pour”
rait faire pour avoir cette relique, je vous assure que je la
leur céderais de‘bon cœur plutôt que de plaider. Dieu m'a
fait connaître ce malin le grand bien qu'il y a de céder son
bon droit en ces occasions, et le trésor qu'il y a à gagner en donnant cetle chassuble. Ainsi, je ne saurais me résoudre à la retenir, car c'est le moyen de faire un sacrifice de ce que l'on aime le plus, et de faire ce que Notre-Seigneur
Jésus-Christ à dit : « Abandonnez votre manteau à celui
qui veut vous ôter votre tunique ». Ce que je dis afin de
[vous engager à] faire de même dans les occasions qui
pourront arriver, Vous et (ous ceux qui viendront aprè
vous, Car nous n’en serons pas plus pauvres ÿ.
1. Costil, Annales, 1, 6. n. 8. — ?. Coslil, Annales |. 6: n. 8: 3. Costil, Annaies 1. 4, n. 3.