CHAPITRE II
a honorée de tant de privilèges, qu'il l'a enrichie de int de qualités merveilleuses, qu'il l'a ornée de toutes s vertus en souverain degré, qu'il l'a rendue si puisante, si sage, si pleine de bonté, de douceur et de bénimité, et qu'il a mis entre ses mains tous les trésors de es grâces, et qu'il lui a donné un pouvoir absolu au ciel, la terre, sur l'enfer et sur toutes choses ? Pourquoi enn l'a-t-il rendue si admirable? Ç'a été pour la rendre ligne de coopérer avec son Fils Jésus au salut du genre umain. Car tous les saints Pères disent hautement et äirement quelle est la coopératrice de notre salut. Et entends Notre-Seigneur et sa sainte Mère qui disent à ainte Brigitte, dont les livres sont approuvés par trois apes et par deux Conciles', qu'Adam et Ève ont perdu
ALe V. P. Eudes cite souvent, dans ses ouvrages, les Révélations sainte Brigitte, en rappelant qu'elles ont été approuvées par trois pes, Urbain VI, Boniface IX, Marlin V, et par deux Conciles, ux de Constance et de Bâle. — Sainte Brigitte de Suède, 1302-1373, ibscomme sainte Catherine de Sienne, un rôle assez important dans istoire de l'Eglise à la fin du XIV: siècle. Cf. Rorhbacher, Hist. de égt. liv. LXXX. Ses révélations furent, à l’occasion de sa béatifition, examinées par les Souverains Ponte qui en donnèrent les tions suivantes :
HeGrégoire XI déclara, en 1377, « Totum quod in eis continetur, Merilate conspicuum esse, et sanctitate plenum, perlucidum atque rfectum. »
2Urbain VI, en 1378, les reconnut : « Authenticas et veritate ples,et a Dei spirilu veraciter traditas, et ad utilitatem legentium et Mntir, pro saluberrimo fidelium dogmate, in Dei Ecclesia perpelim cum devotione et reverentia studiosius observandas. » 3: Boniface IX s'exprime ainsi dans la Bulle de Canonisation : (æc generosa Vidua, per gratiam Spiritus sancti, meruit visiones erevelationes varias videre et audire, ac spiritu Honbetce multa edicare, quorum nonnulla effectu jam completa fuere, prout hæc lia ejus Revelationum volumine plenissime describuntur. » Le En 1418, Martin V, à la prière des Princes et des Prélats de pede, confirma la canonisation de Sainte Brigitte et tout ce qui est \ fenu dans la Bulle de Boniface IX.
b\Ges Révélations furent déférées au Concile de Bâle en 1448. bsonet quelques autres théologiens voulaient qu’on censurät pluarS propositions qu'ils en avaient extraites ; Le Cardinal Jean urrecremata fut chargé de les examiner par ordre du Concile.
le monde avec une pomme, mais qu'eux l’ont sauvé ave un Cœur : Quasi uno Corde mundum salvavimus!; c'est-è dire que Notre-Seigneur et sa très sainte Mère n'avaier qu'un Cœur, qu’un amour, qu'un sentiment, qu’un espn et qu'une volonté pour le salut du monde ; que, comm
Il en donna des explications favorables et les approuva comm utiles pour l'instruction des fidèles. Le Concile regarda cette af probation comme suffisante.
Quant à la valeur de ces approbations, voici ce qu'en dit noît XIV: « L'approbation de semblables révélations n'empo autre chose, sinon qu'après un müûr examen, il est permis de le publier pour l'utilité des fidèles. Quoiqu’on ne leur doive pas 4 qu’on ne puisse pas leur donner un assentiment de foi catholiqu on doit cependant les croire d’une foi humaine, conformément a règles de la prudence, selon lesquelles elles sont probables et a puyées sur des motifs suffisants pour qu'on les croie pieusemen Telles sont les révélations de la bienheureuse Hildegarde, appre vées par Eugène [11 ; de sainte Brigitte, par Boniface IX ; et de sait Catherine de Sienne, par Grégoire XI. » De Canonisatione, 1. 2; dl 32m Li 2 1 « Propterea audacter dico quia dolor ejus erat dolor meus, q Cor ejus erat Cor meum. Sicut enim Adam et Eva vendider mundum pro uno pomo, sic Filius meus et ego redemimus mundu quasi cum uno Corde, » Revel. Lib. 1. cap. 35. — « Ego Deus æterno Filius Dei, factus sum homo in Virgine, eujus Cor erat q a Cor meum. Etideo bene dicere possum quod Mater mea et ego qua cum uno Corde salvavimus hominem, ego patiendo Corde et can
ipsa Cordis dolore et amore. » Revel. extravag. cap. 3. t Marie n’a pas racheté le genre humain, comme l'a fait Jésus,
fournissant elle-même à Dieu le Père une satisfaction égale à offenses, mais elle a été associée à l'œuvre de la Rédemption, st tout lorsque, au pied de la Croix, elle offrit généreusement le sa À fice de son Filsetses propres douleurs pour le rachat de l’huma C’est en ce sens qu'on lui donne communément le titre de Cor demptrice du genre humain. Qu'on nous permette de citer à ce su les paroles d'un théologien contemporain, qui ne sont pas sâ analogie avec celles de sainte Brigitte : « Ne voyez-vous pas, di avec quelle admirable convenance l'Église rattache indissolublemk à la Passion de Jésus la Compassion de Marie, puisque cel souffre uniquement des douleurs et de toutes les douleurs de celui: puisqu'elle en souffre dans les mêmes intentions, pour les mê fins, avec les mêmes sentiments et le même cœur; enfin, pour dire en un mot, puisque les douleurs de la Mère font, dans le p de la réparation, partie intégrante de la Passion du Sau des hommes ? » Terrien: La Mère des hommes, \, p. 226, 227.