Æ CHAPITRE I
nlinuelle dans mon cœur, en la vue de la perte de mes res, jusque-là que je désirais être anathème, être séré et excommunié de Jésus-Christ pour eux : Optabam o ipse anathema esse a Christo pro fratribus meis'; #st-à-dire, comme l'explique saint Chrysostome, je dérais être banni du ciel, et souffrir toute sortes de supices* : et selon Cassien, je désirais souffrir les peines ernelles de l'enfer : Optabam æternis addicipænis*, afin en préserver mes frères, c'est-à-dire, si cela était posble et si c'était la volonté de Dieu.
Il ne faut pas s'étonner si ce saint Apôtre avait un Si rand zèle pour le salut de ses frères, puisque plusieurs rands Docteurs assurent que Moïse était dans ce même ntiment, lorsque priant Dieu de pardonner à son peuple “crime abominable qu'ils avaient commis en adorant le sau d'or, il disait : Seigneur, ou pardonnèz-leur ce péché, weffacez-moi de votre Livre*.
Écoutez ce que ditsaint Chrysostome, parlant à son euple : « Je souhaite, dit-il, d’être mille fois anathème, Our votre salut : Optarim ipse vel millies exsecrabilis Se5.» Ne savez-vous pas que sainte Catherine de Sienne
LRom. 1X, 1-3.
2 In cap. IX Epist. ad Rom.
3 Collat..32, cap. 6. re
SErod. XXXII, 37. «-Optat Paulus heroïico quodam excessu quasi £cæ charitatis, quæ abstrahit, nec considerat an res sit possibilis, n secundum Dei ordinationem, necne: vel si non abstrahit, optat ub tacita conditione, si Deus vellet et si fieri posset ; optat, inquam, ternam separationem, non a caritate, sed a beatitudine et gloria utura cam Christo, ut Judæi salventur. Imo optal, ait Chrysosomus, in æternum perire ; et, ut Cassianus ait, Collat. 32, cap. 31, sternis addici pænis, idque tum pro gloria Dei, ne scilicet Deus a udæis blasphemetur, sed in æternum laudetur, tum pro salute psorum Judæorum. Optat ergo hic Paulus illud, idem quod in ämili casu optavit Moyses. Erod. XXXI, 31, dicens : « Aut dinitle eis hanc noxam, aut, si non facis, dele me de libro tuo quem cripsisti. » À Lapide, in Epist. ad Rom. IX, 3. Il est impossible de E. reconnaître, dans ce passage de Corneille la Pierre, la source ile P. Eudes a puisé.
| SHom.3 in Acta Apostolorum.
s'offrait à Dieu pour souffrir les supplices de l'enfer, que les âmes qui se perdaient fussent sauvées! ? Et le bienheureux Jacobon?, de l'Ordre de Saint-Franco désirait ardemment d'endurer tous les tourments de terreetde l'enfer,afin d'en affranchir les âmes quis'y pré pitent tous les jours ? Et que la bienheureuse Madelei de Pazzi, Carmélite, a souffert effectivement une espè d'enfer, l'espace de cinq ans, pour en délivrer plusiet misérables qui s'y plongeaient de son temps, ainsi est rapporté en sa vie * ?
N'avons-nous pas vu et connu, en nos jours, une sai
1 Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) joua un grand rôle di l'Église au milieu des révolutions du XIV: siècle. Dien choisit humble tertiaire dominicaine, pleine de zèle et de piété, pour ref dier aux nombreux désordres de cette époque: Il l'avait tirée del curilé pour en faire la lumière de son siècle; il lui donna une scie et une éloquence miraenleuses. Les théolôgiens les plus habiles“
naient la consulter, et les prélats les plus savants de lu Cour po tificale qui l'examinèrent élaient ravis d'admiration.…. Les fruits son apostolat furent immenses ; les populations ie. accouraie pour l'entendre, et trois religieux qui l'accompagnaiïent ne pouvat suffire à confesser ceux qu’elle convertissait, » Cf. Sa Vie écrites le B. Raymond de Capoue et traduite par E. Captier, 2 in-19, P sielgue. On a d’elle un traité dela Doctrine spirituelle sous le“tit de Dialogue, el quatre volumes de lettres, également traduits ra R. P. Captier.
? Jacopo de Bencdetli, plas connu sous le nom de Jacopone de était un poète italien, contemporain et ami du Dante. S'étant verti après la mort tragique de sa vertueuse épouse, il simalap dant quelque temps la folie, par esprit de pénitence et d'humil puis il entra dans l'Ordre des Frères-mineurs, où il voulut toujc rester frère convers. Il a composé des Cantiques sacrés, pleins feu et d'onction, qui sont encore admirés aujourd'hui en Italie.» a aussi de lui un traité de Contemptu mundi, et plusieurs poésies | tines, au nombre desquelles le Stabat Mater. Il mourut en odeur sainteté le jour de Noël 1306. Ë
3 Voir sa Vie, par Cepari.ch. 10. Sainte Marie Madeleine de Pa Carmélite de Florence, (1566-1607), fut l’une des âmes les plus tiques et les plus zélées tout à la fois de la fin du XVI° siècle. vie a été écrite par deux de ses confesseurs, les PP. Cepari et Buc@ Ce dernier fit en outre un recueil de ses Révélations, qui ont traduites en français par le chartreux Dom Anselme Bruniaux, el bliées en 2 vol., à la librairie Palmé, en 1873.
rsonne Lellement embrasée de ce divin zèle, que, pous- > d'une inspiration si forte qu'elle n'y pouvait résister, & a demandé à Dieu avec des prières très ardentes, et btenu de sa divine Majesté de souffrir pour un temps tourments de l'enfer, qui étaient préparés pour jamais lusieurs âmes criminelles qui les avaient mérités, afin les en garantir ? Combien de fois avons-nous entendu te même personne, laquelle, animée d'un mouvement traordinaire de l'esprit de Dieu qui la faisait parler, Otestait hautement et du plus profond de son cœur, elle souffrirait très volontiers tous les supplices de nfer jusqu'au jour du Jugement et par delà, s'il en it besoin, pour en préserver une seule âme, quand te âme ne serait coupable que d'un seul péché mortel! ! Certainement je puis dire avec vérité que j'en connais jé autre, qui est encore vivante, laquelle a tant de com- Ssion de voir périr tous les jours un très grand nombre mes, faute d'hommes apostoliques qui leur prêtent main pour les empêcher de tomber dans le gouffre de damnation, qu’elle s’est offerte plusieurs fois à Dieu, ur être mille fois brûlée toute vive et réduite en cendre, in d'obtenir de sa divine bonté qu'il lui plaise d'allumer ins tous les cœurs le feu céleste du zèle du salut des nes, désirant que tous les brins de celte cendre fussent iängés en autant d'ouvriers évangéliques, qui travail- Ssent de tout leur cœur à sauver leurs frères, et à les irder de tomber dans la fournaise ardente du feu éterel, selon ces paroles du Saint-Esprit : Salvate illos, de meraprentes?. Elle s'offresouvent à Dieu pour étre entièreent anéanlie, et pour jamais, afin que le péché qui perd